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Commentaire de ffi sur Éric Guéguen, de la religion - Agoravox TV

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Commentaire de ffi

sur Éric Guéguen, de la religion


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ffi 5 décembre 2015 00:51

@Éric Guéguen
Vous semblez ne pouvoir dépasser un point de vue utilitariste pour la religion — en tant que ciment social — Mais la religion a d’abord un attrait personnel.

Tout homme est confronté à des questionnements existentiels. L’âme, l’esprit, sont comme des organes a savoir employer. Une religion forme l’esprit. Cette formation de l’esprit donne un ensemble de penchants à son adepte. Une religion partagée politiquement produit donc un genre d’humanité, dans un certain état, une société particulière, une civilisation spécifique, avec ses habitus existentiels propres. Le ciment dont vous parlez n’est qu’une conséquence de la prééminence d’une religion sur une société. Mais une religion ne parle qu’aux personnes. Elle ne fait ciment que par l’intervention du politique : qu’est-ce qui peut faire d’un discours culturel un ciment, si ce n’est le politique ? Si ce lien n’est pas, il ne restera plus que le lien naturel. La famille, l’ethnie sont les ciments naturels.

Revenons aux questionnements existentiels. le premier est : comment faire avec ses émotions ? L’homme n’aimerait ressentir que de la joie, mais il ressent hélas de la peur, de la tristesse, de l’inquiétude,...etc. Comment faire avec ces sentiments désagréables et envahissants ? Le discours sur la raison de nos société est ici très inefficient : Des émotions trop vives font perdre la raison.

La raison est comme un petit crayon très fin et très précis, qui permet de décrire avec force détail toute situation. Mais l’émotion est comme un pot de peinture jeté en soi. Peut-on stopper un flot émotionnel par le fin fil de la raison ? C’est peine perdue : ce serait comme vouloir stopper un fleuve avec une brindille...

C’est pourquoi le discours religieux fait appel à des métaphores, à des discours hauts en couleur. Au flux intense des émotions, opposons un flux intense en émotion. Il faut manier des couleurs intenses et des lumières vives pour toucher aux zones profondes de nos âmes. À l’effroi de obscurité qui tétanise, opposons une mise en mouvement qui produit la lumière (remède à la peur). À la recherche excessive de lumière, opposons une tolérance à l’obscurité (remède à la colère). Au mal ressenti face au bien d’autrui, opposons que le bien est toujours un bien (remède à l’envie),...etc. Une bonne religion propose des remèdes moraux. Ces remèdes viennent par métaphore. L’hypnose Eriksonienne l’a redécouvert.

Pauvre France, qui a apostasié sa religion, devenue consommatrice record d’anti-dépresseurs... Si ça, ce n’est pas la preuve que le discours des « lumières » a manqué quelque chose d’essentiel... La raison ne peut pas tout. La raison n’est que ce cadeau qui vient lorsque le tumulte de l’émotion est apaisé.


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