@Qaspard Delanuit
Tout ce qui peut se manifester en vous ou en moi ne
mérite pas forcément d’être qualifié "d’humain". Je qualifie d’humain,
ce qui est vous et en moi est libre et social. Si quelque chose me
décevait, ce ne serait pas un excès d’humanité mais un défaut
d’humanité.
Certainement n’entendez-vous pas l’humanité comme je l’entends. Je l’entends au sens : « Ensemble des caractères spécifiques de la nature humaine. » (ici, définition I A 1). Cela comprend donc ses pires défauts comme ses meilleures qualité.
Quant à la liberté, je l’entend au sens : « Condition de celui, de ce qui n’est pas soumis à la puissance contraignante d’autrui » (ici, définition I A)
La liberté est une condition d’existence, non un caractère spécifique. C’est pourquoi je disais que la liberté est un prédicat de l’existence et non de l’essence, et c’est pourquoi je disais qu’un homme non libre demeure néanmoins humain : les conditions d’existence ne modifient jamais l’essence, qui reste stable.
Ces définitions rappelées, on peut percevoir clairement combien le préambule de la ddh est mensonger : Elle commence par affirmer que l’homme naît et demeure libre,... pour ensuite lui prescrire un ensemble de contraintes auquel il doit se soumettre...
C’est fatal : la vie en société implique d’accepter certaines contraintes, comme celle de se soumettre aux lois si c’est une société étatique, ou aux mœurs si c’est une société plus informelle. Si je refuse toutes les contraintes venant d’une société, j’en serais exclu, banni, et considéré, à raison, comme un asocial par ladite société.
Par conséquent, être parfaitement libre et être parfaitement social est impossible pour un homme. L’homme parfaitement sociable est parfaitement serviable, d’une servilité par laquelle il se fait l’esclave d’autrui. En gros, c’est la bonne poire, dont les méchants abusent. L’homme parfaitement libre, à contrario, est parfaitement associable, puisqu’il ne se soumet à aucune des contraintes sociales.
Ainsi, vous assignez aux êtres humains le respect de conditions contradictoires, ce qui est mission impossible, pour dénier à tous leur humanité au final. Moi je leur donne leur pleine et entière humanité, sans condition, qu’ils soient pleinement libres ou pleinement sociables, quelles que soient leurs conditions d’existence.