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Commentaire de micnet

sur Netanyahu sur LCI


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micnet micnet 3 juin 2024 16:15

@Gollum & Y2

Afin de dépassionner nos échanges et (peut-être) de trouver quelques points d’accords, je vous propose de lire cette interview du philosophe André Comte-Sponville. Comte-Sponville, bien qu’athée ne considère pas la science comme l’alpha et l’oméga et considère même que science et religion, pour peu que chacune de ces disciplines reste à sa place, peuvent dialoguer ensemble.

https://www.lepoint.fr/societe/ceux-qui-estiment-que-la-question-de-dieu-ne-se-pose-plus-en-science-n-ont-rien-compris-05-08-2010-1224401_23.php#11

Dieu est-il de retour en science ?
Disons qu’un basculement s’est opéré. Au XIXe siècle, les physiciens se passaient volontiers de Dieu : ils n’y voyaient, comme Laplace, qu’une hypothèse inutile. En biologie et dans les sciences de la pensée, au contraire, les scientifiques se sentaient incapables d’expliquer le miracle de la vie et de la conscience, qui semblaient relever de la religion. Aujourd’hui, c’est plutôt l’inverse. Dieu est persona non grata chez les biologistes. Le darwinisme s’est imposé. Et il faut chercher longtemps pour dénicher un neurobiologiste qui ne considère pas la pensée comme le produit d’un organe matériel, le cerveau, et non d’une âme immatérielle. Alors que Dieu peut sembler de retour, au moins comme question, en physique et en astrophysique. Avec d’un côté la théorie du big bang, qui porte en elle l’hypothèse d’un commencement de l’Univers, donc d’un avant (ce qui peut faire songer à une création). Et, de l’autre, la mécanique quantique, qui nous plonge dans de déroutantes interrogations.

Le big bang et la mécanique quantique ont donc remis Dieu en piste ?
Je n’irai pas jusque-là, mais il est vrai que cela a réinjecté du mystère là où l’on pouvait croire, à tort, qu’il avait disparu. Dès lors que je constate qu’il est impossible de répondre à la grande question de Leibniz : " Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ", je peux, en tant qu’athée, constater ce mystère sans croire en Dieu. Ceux qui considèrent que l’athéisme est incompatible avec le mystère sont des matérialistes bornés ou des croyants tout aussi bornés qui veulent s’approprier le mystère. Le mystère n’appartient à personne. Pas plus aux scientifiques qu’aux religieux. Nous sommes tous au coeur de l’être, et incapables d’expliquer son existence : nous sommes tous au coeur du mystère ! Mais ce mystère est métaphysique. Ne comptons pas sur les sciences pour le dissiper.

...

Pour vous, la spiritualité peut fortifier la science ?
Et si c’était l’inverse ? Les sciences ont compris leurs propres limites : l’absolu est scientifiquement hors d’atteinte. Les nouvelles connaissances ne réduisent pas l’infini de ce que l’on ignore, car toute nouvelle découverte débouche sur un nouveau problème. Le progrès des sciences a fait perdre aux scientifiques le confort de la certitude : ils savent désormais qu’ils sont condamnés à l’incertitude, voire à une forme de scepticisme. Du coup, les questions métaphysiques refont surface. C’est tant mieux. Après tout, la première expérience scientifique a été d’observer le ciel (l’espèce humaine est peut-être la seule qui se couche sur le dos, les yeux perdus dans les étoiles), ce qui nous permet d’appréhender ce mystère qui nous contient et qui nous habite : c’est le début de la spiritualité



 


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