@micnet "Je dirais : les deux mon capitaine, vous ne voulez et ne pouvez pas pour la simple et bonne raison que le dogme de l’infaillibilité papale vous interdit de réfléchir par vous même."
Le dogme de l’infaillibilité papale est ce qui interdit le relativisme.
S’il n’y a pas d’infaillibilité, alors c’est qu’il n’y a pas de vérité. Cela n’a aucun rapport avec l’absence de libre-arbitre auquel vous ne croyez pas, mais avec le fait que lorsque on analyse profondément le dogme, on ne peut que constater que la Foi est justifiée par la raison.
"Puisque la grâce ne détruit pas la nature, mais la perfectionne, il faut que la raison naturelle serve la foi, comme la volonté naturelle sert la charité."
Saint Thomas d’Aquin
"Ce que le contempteur du dogme veut dire en réalité, ce n’est pas que le dogme soit mauvais, mais plutôt qu’il est trop bon pour être vrai ; qu’il est trop libéral pour être vraisemblable.
Le dogme donne à l’homme trop de liberté, quand il lui permet de tomber. Il donne même à Dieu trop de liberté, quand il lui permet de mourir. Voilà ce que les sceptiques intelligents devraient dire ; et je n’ai nullement l’intention de nier que cette position soit jusqu’à un certain point défendable.
Ils entendent soutenir que le monde est une prison universelle, que l’existence elle-même est une limitation et une contrainte, et ce n’est pas pour rien qu’ils parlent de la "chaîne des causes". Ils veulent dire simplement qu’ils ne peuvent pas croire à la liberté ; mais pas le moins du monde qu’elle ne mérite pas qu’on y croie. Nous disons, non à la légère, mais dans un sens tout à fait littéral, que la vérité nous a rendus libres. Ils disent, eux, qu’elle nous rend tellement libres qu’elle ne peut pas être la vérité.
Pour eux, c’est croire aux contes de fées que de croire en une liberté comme la nôtre. C’est comme si l’on croyait aux hommes volants que d’admettre l’idée d’hommes voulants. C’est comme si l’on prenait au sérieux la fable d’un écureuil qui entre en conversation avec une montagne, que de croire en un homme qui ait la liberté de demander, ou en un Dieu qui ait la liberté de répondre.
C’est là une négation humaine et rationnelle, pour laquelle, en ce qui me concerne, j’aurai toujours une certaine déférence. Mais je refuse d’accorder le moindre respect à ceux qui d’emblée prennent l’oiseau par la gorge et l’écureuil en cage, cadenassent les chaînes, et refusent la liberté, ferment sur nous toutes les portes de la prison cosmique avec le bruit strident de leur armature indestructible, nous disent que notre émancipation est un rêve et notre cachot une nécessité, et ensuite, se retournent avec calme pour nous dire qu’ils ont une pensée plus libre que la nôtre, et une théologie plus libérale."
G.K. Chesterton - "L’homme qu’on appelle le Christ" - p155