"La thèse du présent article a pour objectif de démontrer que le christianisme dépasse cet vision binaire opposant le "monisme" au "dualisme" et que le concile qui fut probablement le plus fondamental de toute la chrétienté, à savoir le concile de Chalcédoine (451 ap JC), a battu en brèche cette binarité en se prononçant une fois pour toutes sur la nature du Christ."...
"J’affirme que cette définition du dualisme est totalement incompatible avec le dogme chrétien, et même catholique comme on va le voir."
Vous faites une grave confusion.
Le dualisme religieux gnostique qui est décrit dans votre article n’est pas le dualisme chrétien. C’est un faux dualisme.
C’est un monisme. Pour les gnostiques, il n’existe qu’une seule réalité fondamentale, identifiée à Dieu et à la nature. Ils ne forment qu’Un
(le fameux Un de Plotin), un monisme panthéiste.
Comme Dieu est parfait, la nature, de même essence que Dieu, devrait être aussi parfaite.
Or les gnostiques constatent que ce n’est pas le cas, la matière est corruptible, et dans la nature, on constate la présence du mal.
Comme Dieu n’est pas corruptible, la nature de même essence que Dieu ne peut pas être non plus corruptible, les gnostiques imaginent alors qu’il existe une espèce d’entité inférieure et rebelle à Dieu (un "démiurge"), qui a engendré la matière, et que cette dernière est mauvaise, donc opposé à l’esprit qui serait pur.
Le dualisme gnostique évoqué ici est la séparation du sensible (monde matériel mauvais) de l’esprit (pureté absolue, bon).
Ce "dualisme", est donc une conséquence du monisme gnostique. Ce n’est pas le dualisme chrétien.
Le dualisme chrétien sépare la Créateur de la Création et n’a rien à voir avec le dualisme que vous évoquez ici.
L’Église catholique a combattu cette secte hérétique. (sous toutes ses formes : marcionisme, manichéisme, ... lire au moins Saint Irénée de lyon, Père de l’Église au IIème siècle), car l’Église considère que la Création vient directement de Dieu à partir de rien, et que le mal ne résulte pas de la Création Divine, ni de la matière, mais de la chute de l’homme.
Je rappelle la distinction entre dualisme chrétien et monisme gnostique, publiée dans mon article, en citant le philosophe Oriol Ponsatí-Murlá :
"Le point de vue créationniste défend la préexistence éternelle d’une divinité qui créé quelque chose de différent d’elle-même. La divinité peut cependant s’ériger en modèle de sa création, comme, par exemple, dans le récit biblique où Dieu créé l’homme"à son image". Mais au-delà de cette modélisation, il y a une différence substantielle entre le créateur et la créature, entre celui qui créé et ce qui est créé. Ce sont des êtres radicalement différents. Si nous pouvons dire que le second vient du premier, c’est uniquement dans le sens où le premier est sa cause, le responsable de son existence, mais en ce qui concerne sa substance, cette créature ne vient pas du créateur : ils ne partagent aucune substance.
Au contraire, selon Plotin et sa théorie des émanations, la provenance de chacune des hypostases, autrement dit, leur procession, est de nature identique à celle qui la précède. Qu’il n’y ait rien dans chaque hypostase qui ne se trouve pas déjà dans la précédente n’implique pas qu’elles aient des caractéristiques identiques, puisque cela n’aurait pas de sens d’avoir une prolifération d’hypostases avec des attributs indifférenciés. Dans la mesure où chacune émanation s’éloigne un peu plus de son origine, son niveau de réalité s’affaiblit progressivement."