Oui, d’un point de vue physique, l’argent est analogue à l’énergie. C’est en effet un revenu du travail, et le travail en physique, c’est de l’énergie.
Mais l’argent est aussi, et surtout, une institution sociale. Dans les faits, l’argent est une une forme de droit quantifié : c’est un droit d’avoir, qui résulte, en théorie du moins, de l’effort (le travail) qu’a fourni quelqu’un pour autrui dans la société.
La théorie en vidéo déraille justement sur point : à tout vouloir prendre sous l’aspect physique, elle finit par s’aveugler sur les aspects spécifiquement humains de l’économie.
Pourtant c’est là que siège la capacité de distinguer entre valeur d’échange et la valeur d’usage.
Historiquement, l’étalon monétaire est l’or, non pas que l’or soit utile, ni facile à échanger (il est très lourd), mais parce qu’il est inoxydable, et qu’en conséquence, il permet donc de conserver dans le temps les droits acquis.
En effet, l’homme s’affaiblit avec l’âge, et perd sa puissance de travail. S’il veut survivre à l’extrémité de sa vie, il lui faut garder une preuve des droits acquis dans sa jeunesse. Ainsi, qu’y avait-il de mieux que l’or, ce métal inaltérable, pour cela ?
D’autre part, nombre de valeurs d’usage sont éminemment culturelles.
L’homme n’étant pas qu’un être charnel, l’économie ne peut pas se réduire à de la thermodynamique. L’homme a des aspirations, des buts, des finalités, des convoitises et des désirs. Toutes choses hors du champ de la thermodynamique...
Cela dit il n’est pas inutile de considérer l’aspect matériel de l’économie. En effet, une des constantes de l’humanité est cette tendance à chercher une expansion des droits d’avoir, mais souvent en déconnexion de l’abondance des Biens réels.
Cela se traduit en dépréciation monétaire et bulles spéculatives, qui ne sont que l’expression d’un déséquilibre entre les droits acquis et les biens matériels disponibles.
@pemile Parce que c’est pareil pour le pétrole et gaz de schistes : il ne s’agit que de micro-ressources. Il faut donc multiplier les forages. Les entreprises qui s’y sont lancée ont de gros besoins de financement. Elles font de la cavalerie financière. Ça marche parce qu’aux States, l’argent coule à flot. Mais au final, ces entreprises sont criblées de dettes et leur survie est précaire.
Une multitude de ressources infimes revient à multiplier les infrastructures à l’infini
Quant à l’argument que chaque foyer est déjà raccordé au réseau... Le réseau de transport est en haute tension (jusqu’à 400 000 V) pour minimiser les pertes. En 400V, il y a trop des pertes, c’est juste utilisé pour raccorder l’usager final.
Comme dans toute révolution industrielle, le boom du pétrole de schiste aux Etats-Unis
a pris son essor grâce à deux moteurs : la technologie et la finance.
Face à la nécessité d’investir, le problème majeur que rencontrent
aujourd’hui les sociétés spécialisées est l’équation économique propre à
ce type d’extraction. Dans ce secteur en effet, il faut sans cesse
renouveler les forages, ce qui nécessite des besoins de financement
permanents.
Pour
les trouver, les entreprises ont souvent recours à la mise en place de
couvertures sur les marchés à terme pétroliers. Mais lorsque les
financements se raréfient, les entreprises qui n’ont plus les moyens de
mettre de nouveaux puits en production cessent de se couvrir sur les
marchés à terme. S’enclenche alors le cercle vicieux identifié par
l’économiste de l’énergie Philippe Verleger : la réduction des
opérations de couverture se traduit par une réduction de la capacité
d’emprunt, qui se traduit à son tour par une réduction des activités de
forage.
Le
revers de cette nouvelle ruée vers l’or noir, c’est qu’entre 2010 et
2018 les « fracking companies » ont généré un free cash flow négatif de
181 milliards de dollars. « Et qu’entre juin 2015 et décembre 2018, pas
moins de 167 d’entre elles ont fait faillite, avec à la clef, 95
milliards de dollars de dette », soulignent le Sightline Institute et
l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis dans une étude parue en mars .
Au
premier trimestre 2019, la tendance s’est poursuivie avec huit
nouvelles faillites et une ardoise de 3 milliards de dollars. Or
constate Benjamin Louvet, qui parle d’un secteur « drogué à la dette »,
les financements se sont fortement réduits en 2018, leur total, tant en
actions qu’en obligations, a même touché un « plus bas » de 10 ans. « Il
est possible que non seulement la production de pétrole de schiste
croisse moins vite cette année mais même potentiellement qu’elle
recule ».
Autant d’éléments qui pourraient refroidir les investisseurs.