@yoananda2 (et @ezechiel)
"Aujourd’hui, plus aucun scientifique n’est théiste."
Cette affirmation n’est pas exacte, c’est bien plus compliqué que ça et c’est difficile à mesurer. Mais disons que les scientifiques théistes n’utilisent pas "Dieu" pour s’autoriser à être irrationnels, ou comme un joker leur permettant de combler les lacunes de leurs systèmes explicatifs (sinon, ils ne seraient plus dans la science, évidemment).
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/science-publique/comment-un-scientifique-peut-il-croire-en-dieu-8767851
Le propos de Jean Rostand (qui est lui-même athée), bien que plus ancien, est aussi intéressant à ce sujet (vers la minute 50). Il explique qu’on peut envisager une ultime cause première inaccessible à notre entendement (Dieu, l’Absolu, le Mystère, l’Indicible) en amont de toutes les causes secondaires, et rester dans la démarche scientifique, à condition de s’appliquer à traiter raisonnablement toutes ces causes secondaires. Et s’en occuper raisonnablement, cela veut dire ne jamais y réintégrer l’ultime cause première à propos de laquelle on ne peut pas raisonner. Une autre façon de dire les choses est la suivante : les sciences ne peuvent s’occuper que de connaissances relatives, aucune théorie scientifique ne prétend pouvoir traiter de "l’absolu". Par conséquent peu importe la relation que votre conscience entretient avec l’absolu et ceci n’a même pas à être critiqué. Il importe seulement que vous soyez honnête dans la recherche des vérités relatives, au sujet desquelles on peut en revanche faire des expériences et tenir des propos argumentés.
https://www.youtube.com/watch?v=AaChndYI2V8