"La peur comme capital
Il faut nommer ce phénomène pour ce qu’il est : le catastrophisme est devenu un actif financier dans l’industrie de l’IA. Plus un laboratoire parvient à convaincre le monde que ses systèmes sont proches de quelque chose d’irréversiblement dangereux, plus il capte l’attention, les capitaux et la bienveillance réglementaire. C’est une économie de la peur, et elle est parfaitement rationalisée.
Gary Marcus résume avec une lucidité désarmante la confusion que cela engendre chez les observateurs non techniques : il est devenu difficile de déterminer qui manipule davantage, la technologie elle-même ou ses créateurs. Le constat est sévère, mais il est juste. Et il souligne quelque chose d’essentiel : le problème n’est pas que les risques liés à l’IA soient inexistants. Certains sont réels, documentés, préoccupants. Le problème est que les mêmes acteurs qui commercialisent activement ces technologies se donnent le rôle de vigie, de lanceur d’alerte et d’arbitre ultime du risque acceptable. Cette triple posture est intenable intellectuellement, et elle devrait inspirer une méfiance systématique de la part des journalistes qui la couvrent." (source : lien précédemment donné)