"Il faudrait qu’il s’explique sur ce passage : "Ce géant de la pensée a compilé les dix-huit mesures, dispersées dans le Coran, adoptées par Allah pour punir la femme d’avoir mangé le fruit défendu."
Il est mort en 1111, le géant de la pensée. A moins que vous ne fassiez tourner les tables, vous ne pourrez l’interroger sur l’affirmation suivante : “Quand Ève a mangé le fruit qu’Il lui avait défendu
de l’arbre dans Paradis, le Seigneur, qu’Il soit loué, a puni les femmes par
dix-huit mesures..."
Cela dit, la motvation et l’énumération des dix-huit mesures, c’est le doigt, la lune, c’est « La privation du contrôle de sa propre personne ». On est d’accord, au moins sur ce point ?
« ... le silence
des femmes concernées par le port du Burkini et le fait qu’elles puissent
accepter que ce soit un homme qui prenne en charge ce sujet… »
Ont-elles le choix ?
Mohammed
al-Ghazali (1058-1111) est présenté par le Bureau international d’éducation de
l’UNESCO, comme un « géant de la pensée, au savoir encyclopédique, (qui) a influé sur la pensée islamique et défini sa
pratique pendant près de neuf siècles. Il représentait « l’islam pacifique ». »
Ce géant de
la pensée a compilé les dix-huit mesures, dispersées dans le Coran, adoptées
par Allah pour punir la femme d’avoir mangé le fruit défendu. Le point 5 est « La privation du contrôle de sa
propre personne ».
Le document
de l’UNESCO poursuit : « Depuis
une trentaine d’années, un nouveau courant, celui de « l’islam combattant », a
vu le jour, s’est développé rapidement et a entrepris de s’imposer dans le
monde islamique … »
Mais pour l’ « Islam combattant », le point 5
est les autres, reste la parole de Dieu, comme elle l’était, il y a une
trentaine d’années et plus pour l’ « Islam pacifique ». Et voilà Marwan Muhammad est habilité à parler « burkini », à la place de femmes « privées du contrôle de leur propre personne ».
L’Islam, ce n’est pas seulement l’interdiction de boire de l’alcool, de manger du pâté Hénaff et de jouer au tiercé. Ça devrait finir par se savoir... A la longue...
Il faudrait connaître la date exacte de la discussion, parce que trois ou quatre semaines après le début du prétendu printemps arabe, j’écrivais que tout cela ne déboucherait sur rien de durablement satisfaisant pour les "printaniers", et en tout cas par sur la Révolution, avec un "R" majuscule dont se gargarisent les joyeux lurons ci-dessus, qui s’y voient déjà.
Quel était le cadre général ? Nous avions deux pays - l’Egypte et la Tunisie - dirigés par de vieux dictateurs usés et qui n’avaient plus cet instinct de conservation qui fait tirer dans le tas, aux premiers mouvements de foule un peu menaçants.
Les foules en question voyant que la réaction n’avait pas la brutalité qu’elles redoutaient continuèrent à appuyer progressivement vers la chute qui se profilait. Nos intellos, comme nos gauchistes à entonnoir, interprétèrent ce processus incontrôlé, comme l’expression d’une irrésistible aspiration populaire à la liberté, à l’égalité et à la démocratie... Dont les gens de là-bas n’ont qu’une assez vague perception.
Qu’est-ce qu’ils voulaient, en réalité ? Du boulot, gagner leur vie au pays, le problème principal découlant de l’impossibilité d’absorber les jeunes arrivant chaque année sur le marché du travail - 1’000’000 en Egypte, 100’000 en Tunisie - faute d’une industrialisation suffisante.
Alors, entendre ces deux chimériques disserter à partir de leurs théories à la graisse de chevaux de bois, les entendre parler de peuples qui se prennent en main, de mouvement qui va contre la vision raciste du monde et le fatalisme, c’est à hurler de rire, et pathétique en même temps
On notera que, cinq ans et demi plus tard, du point de vue de la vraie réalité, rien n’est réglé ni en Egypte ni en Tunisie, où la pression salafiste n’en finit pas de s’exercer sur les institutions.