@nono le simplet Yalovleff était en effet plus ’’retenu’’ que certains autres experts, tel le général Trinquant, qui parlaient de victoire ukrainienne. C’était le ’’discours obligé’’ d’une chaine comme LCI. En automne 22, l’Ukraine a eu effectivement une certaine dynamique, mais croire qu’elle allait ainsi foncer jusque Sébastopol et Marioupol était une pure illusion. Le discours politico-militaire était du reste ’’prudent’’ aux USA, ça aurait du alerter car ils sont mieux renseignés, par exemple c’est eux qui avaient annoncer l’attaque russe quelques semaines avant qu’elle ne se produise, le scepticisme avait été général.
A propos de la Crimée, la population était culturellement russe avant même 2014, et après l’annexion, aux diverses élections elle a voté pour Poutine davantage que la moyenne en Russie : alors elle n’aurait pas accepté une rekièvisation (il y avait déjà eu des tensions autonomistes).
Concernant Trump, il se posait en médiateur, mais il est effectivement en réalité devenu anti-européen , la continuité de l’Etat américain est rompue pour la première fois depuis 1945, et l’Atlantisme est mort
Déjà en 2004, la Révolution orange avait bénéficié d’un coup de pouce occidental, et le président sortant avait le soutien russe.
En tout cas, tout cela se passe dans le cadre général de l’extension vers l’est de la zone occidentale, contrairement aux assurances verbales qui avait été donnée lors de l’éclatement de l’URSS. Les USA ont été les maîtres du jeu. L’actuel président ne peut pas gommer les actes en engagements de l’ETAT qu’il préside, même s’il change d’orientation cela nécessite une transition, or au delà d’une démarche justifiée de fin de conflit, il s’agit d’un lâchage et même rançonnage.
@nono le simplet La transition des valeurs s’effectue d’abord dans les principes avant d’être mis effectivement en application. Tel a été le cheminement du ’’droit des peuples à disposer d’eux-mêmes’’, qui a zigzagué entre tentatives d’attribuer les mêmes droits aux colonisés, et autodétermination.
Du reste il y a des problèmes et exceptions, par exemple Mayotte versus Comores, ou encore Nouvelle-Calédonie (autochtones versus descendants de colons).
@yoananda2 On est d’accord que l’acception de la légitimité a changé, mais pensez-vous que dans le futur le principe que certains humains ont un droit intrinsèquement supérieur aux autres redeviendra la norme ? C’est vrai que cela a été le cas lors du nazisme, et demeure dans certaines sociétés contemporaines.
On parlait du colonialisme du 19 et 20è siècle, il était idéalisé à l’époque par l’objectif d’’’apporter les bienfaits de notre civilisation’’ -il y a du reste eu des médecins, éducateurs, ordres caritatifs qui ont oeuvré en ce sens-, mais on sait que ce n’était pas le motif principal (accès aux ressources, puissance géopolitique, etc.).