@maQiavel Je n’arrive pas à comprendre le sens de votre longue phrase. J’ai l’impression que vous essayez de dire plusieurs choses à la fois. Je vois trois notions qui me semblent un peu emmêlées :
— La laïcité entendue comme neutralité religieuse de l’Etat (et non comme religion d’Etat).
— La vie culturelle (qui implique la liberté de conscience et d’expression).
— Les règles de civilité et les usages (qui constituent l’identité formelle d’un pays).
Ce que vous appelez "francité politique", ne serait-ce pas tout simplement la protection politique des règles de civilité et des usages ?
@maQiavel "Si l’objet de votre remarque est de dire que la population française peut décider de se soumettre collectivement à ce qu’elle veut, je ne peux qu’être d’accord avec vous, ça me semble évident, elle peut le faire pour le meilleur et pour le pire."
Non, vous ne m’avez pas compris. L’objet de ma remarque était d’indiquer que l’interdiction de voiler sa tête dans certains lieux ne se ferait pas forcément "au mépris des droits fondamentaux et individuels" à moins de penser que c’est déjà le cas pour l’interdiction de se promener nu où bon nous semble (ce que ne pensent pas les naturistes eux-mêmes pour la plupart).
Il existe de très nombreuses occurrences limitant juridiquement la liberté de se vêtir à sa guise en France, au travail ou dans l’espace public, pour des motifs parfois objectifs (techniques ou commerciaux), parfois collectivement subjectifs (décence commune, convention républicaine, etc.) Par exemple, la population française a fait le choix de se soumettre à l’interdiction de la nudité de certaines parties du corps en public.
Or, cette population française pourrait décider, démocratiquement et en vertu du même principe, de se soumettre collectivement à l’interdiction de la dissimulation de certaines parties du corps en public. Je ne dis pas que c’est souhaitable mais je dis que c’est possible. Il n’y a aucune raison que la restriction vestimentaire ne fonctionne que dans un sens, ou qu’elle doivent être considérée comme étant plus liberticide dans un sens que dans l’autre. De fait, l’interdiction d’avoir les fesses et les seins dénudés dans la rue est même une restriction à la liberté vestimentaire bien plus importante et bien plus irrationnelle (surtout en période de canicule) que ne le serait l’interdiction de se couvrir la tête dans un bâtiment républicain (où nulle tempête de sable n’est ordinairement à craindre). Les naturistes, qu’ils le soient par confort ou par choix philosophique, acceptent cependant pour la plupart cette restriction à leur liberté vestimentaire sans hurler à la discrimination ou à la dictature.