Zemmour c’est juste un mercenaire dépassé par l’aventure
dans laquelle il s’est fait embarqué comme la bande de bras cassés qui
sévissent à CNEWS et qui commencent déjà à zozoter, c’est dire.
Tout le monde connaît l’employeur qui n’a déjà plus de
temps à perdre ici et qui à la Ruppert Murdoch se lance maintenant dans l’édition,
déjà revenu des journalistes pseudo-écrivains, et qui connaît paraît-il le spleen
des grands milliardaires déçus de la reconnaissance de ceux qu’il fait cocus. Il
a désormais compris que tout cela se terminera par une série de seconde zone
sur Netfix.
Michel Onfray « et ses amis » ont lancé une
revue. Leur mot d’ordre ? Le souverainisme. Leur ennemi ? Maastricht.
En réalité, il pourrait s’agir d’une redéfinition idéologique profonde du
paysage néo-nationaliste.
Habileté, intelligence, maîtrise des techniques de
communication et persuasion, suggestion d’un entretien au fil de l’eau alors
que c’est une vidéo scénarisée et montée, mise en complicité par la révélation
d’informations ayant possiblement valeur d’initiation, modestie simulée du
simple informateur qui s’affiche en témoin de moralité porteur de l’autorisation morale implicite de
s’adonner à des hypothèses provocatrices, mobilisation de notre goût du mystère
par le dévoilement de vérités dangereuses destinées à des esprits nécessairement forts, suggestion
d’une communauté d’esprit qui se distingue de l’ignorance répandue afin d’embarquer
dans un jeu de faux-semblants vers ce qu’il
y a de pire dans les idéologies d’extrêmes droites, l’asservissement préalable de
l’esprit critique et de l’autonomie morale d’un certain type de supporters pour
en faire les hommes et les femmes des basses œuvres et des escalades dont on
pourrait avoir besoin. Il s’agit aussi d’alimenter le petit business qui tourne
autour de ce petit monde.
Et suprême duperie, protéger le secret le mieux caché pour ces
amateurs de prétendus secret, les extrêmes-droites ont toujours contribué à
maintenir ou installer le capitalisme le plus violent et intolérant.
C’est un peu paradoxal de dénoncer l’infantilisation en nous
parlant comme à des enfants. Qui plus est avec une "pédagogie"
laborieuse.
Balayer d’un revers de main les travaux de Piketty qui fait,
c’est sa marque de fabrique, un effort
significatif pour documenter ses travaux dans des formes accessibles à un
public large afin de donner les éléments du débat, et asséner un certains
nombre d’affirmations en se posant comme l’arbitre des vérités, c’est juste le
premier degré de la propagande ordinaire : « Voilà la vérité parce
que c’est moi qui détiens la vérité ».
Bien
souvent, l’on nous parle de sciences économiques ce qui en fait une affaire de
spécialistes pointus qui ont l’amabilité de se mettre à notre portée en nous
expliquant ce qu’ils pensent nous être accessibles.
Vous avouerez
que si on se revendique citoyens, c’est mal parti.
En fait, c’est
toujours d’économie politique dont il s’agit. C’est-à-dire l’étude de la
finalité des moyens utilisés en vue d’objectifs précis. Economie politique,
choix politiques.
Voici un
article court et synthétique qui ne cache pas son jeu, pour réfléchir et se
faire une idée et continuer de réfléchir :
Une idéologie affichée (ce n’est pas
un gros mot, nous sommes tous portés par une idéologie avec sa part implicite
et explicite, ouverte espérons-le sur les réalités en évolution) + des
informations+un raisonnement+ une proposition politique.
D’accord, pas d’accord et surtout à
discuter. Moi, cela me va.
Repères : Thomas Piketty-Capital et idéologie-Seuil
2019
« Toutes les sociétés humaines ont
besoin de justifier leurs inégalités : il faut leur trouver des raisons, faute
de quoi c’est l’ensemble de l’édifice politique et social qui menace de
s’effondrer. Les idéologies du passé, si on les étudie de près, ne sont à cet
égard pas toujours plus folles que celles du présent. C’est en montrant la
multiplicité des trajectoires et des bifurcations possibles que l’on peut
interroger les fondements de nos propres institutions et envisager les
conditions de leur transformation…
À l’encontre du récit hyperinégalitaire qui
s’est imposé depuis les années 1980-1990, il montre que c’est le combat pour
l’égalité et l’éducation, et non pas la sacralisation de la propriété, qui a
permis le développement économique et le progrès humain.
En s’appuyant sur les leçons de l’histoire globale, il est possible de rompre
avec le fatalisme qui nourrit les dérives identitaires actuelles et d’imaginer
un socialisme participatif pour le XXIe siècle : un nouvel horizon égalitaire à
visée universelle, une nouvelle idéologie de l’égalité, de la propriété
sociale, de l’éducation et du partage des savoirs et des pouvoirs ».