Je suis allé sur le site du mouvement "Zeitgeist". On y lit, entre autres perles :
« ...le
point de vue soutenu est qu’en utilisant des études sociologiques ciblées et
des connaissances vérifiées par la science et la technologie, nous sommes
désormais capables d’arriver logiquement à une organisation sociétale qui
serait nettement plus apte à répondre aux besoins de la population humaine. »
"logiquement", ils disent et, en l’occurrence, c’est l’antonyme de "démocratiquement"... Alors, non merci M’sieur Zeitgeist.
Et c’est à replacer dans le cadre du combat titanesque que se livrent, depuis des décennies, le lobby du sucre et celui de l’industrie chimique. L’un et l’autre disposent de moyens colossaux.
Enthoven ne disserte pas sur le politiquement correct, mais sur sa
perception du politiquement correct, en tant que politiquement
correct lui-même. Du coup, sa définition du phénomène se situe hors de toute réalité :
« - Le politiquement incorrect, c’est en
général, un compliment qu’on se fait à soi-même, sur le ton d’une
confession douloureuse : "Oui, c’est vrai, je suis politiquement
incorrect, que voulez-vous, c’est plus fort que moi, je ne peux pas
suivre la même route que les braves gens. Je préfère, quoi qu’il m’en
coûte, être lucide et solitaire plutôt qu’embrasser les causes
collectives et le despotisme sournois des bons sentiments. »
Le politiquement incorrect n’est pas un compliment, ce n’est pas quelque
chose qu’on doit confesser, ce n’est pas plus fort que soi, tandis que
le politiquement correct n’a rien à voir avec la
route que suivent les braves gens et n’appartient à aucune cause
collective, quelle qu’elle soit. Le seul élément qui tienne la route,
dans cette partie du discours, est le "despotisme
sournois des bons sentiments".
En fait, le politiquement incorrect, c’est la révolte des esprits libres
contre la tyrannie des minorités, raciales, ethniques, étrangères, sexuelles,
religieuses, etc., orchestrée par une très minoritaire clique
intellocrate dont, j’imagine, Enthoven est l’un des fleurons radioteux.
Voici donc la nouvelle base à partir de laquelle le philosophe devrait
revoir sa copie.
En réalité, le pire du pire, chez Mélenchon, c’est qu’il regarde le
monde actuel avec une paire de lunettes dont un verre a été poli dans le
seconde moitié du XVIIIe siècle, et l’autre dans la seconde moitié du
XIXe.
Mais, dans l’intervalle, on a passé du télégraphe Chappe au web, de la
marine à voile à la propulsion atomique et de la diligence au jumbo jet.
On a découvert aussi que l’homme n’a pas vocation à devenir un être
fraternel pour tous les autres et la croyance au progrès s’est soldée
par un fiasco.
Mélenchon apparaît donc comme une sorte de nostalgique halluciné, vivant
dans un univers fantasmé qui n’est pas sans rappeler les chromos
paradisiaques que les Témoins de Jéhovah oraient - et ornent peut-être
encore - la quatrième de couverture de "Réveillez-vous" et de "La Tour
de Garde".
Moins jobards que lui, ses fans et ses groupies s’abandonnent
épisodiquement à des euphories sans suite. Le 20 mars, à un exalté qui
publiait une ode "aux 120’001" de l’avant-veille, place de la Bastille, je répondais :
"La mobilisation ne résiste pas à
l’usure du temps et les superficiels représentent 85 à 90 % des engagés
initiaux. Vous serez peut-être, du fait de la dynamique propre à la
présidentielle, vingt ou trente mille mobilisables après le 22 avril,
mais douze mille mobilisables à tout casser après le 6 mai et à la
mi-juin, le soufflé sera retombé au fond du moule."
Comme je ne plaisantais, et comme j’étais absolument sûr de mon coup, je conclus en lui disant :
"Nous pouvons prendre date, si vous vous en ressentez. Ce sera très volontiers."
Je n’ai plus jamais entendu parler de lui...
P.S. - S’il passe par là, je me rappelle au bon souvenir d’Alain Bousquet.