43. Il est vrai aussi qu’en Dieu est non seulement la
source des existences, mais encore celles des essences, en
tant que réelles, ou de ce qu’il y a de réel dans la possibili-
té. C’est parce que l’entendement de Dieu est la région des
vérités éternelles, ou des idées dont elles dépendent, et
que sans lui il n’y aurait rien de réel dans les possibilités,
et non seulement rien d’existant, mais encore rien de pos-
sible (§ 20).
46. Cependant il ne faut point s’imaginer avec
quelques-uns, que les vérités éternelles, étant dépendantes
de Dieu, sont arbitraires et dépendent de sa volonté,
comme Descartes paraît l’avoir pris et puis M. Poiret. Cela
n’est véritable que des vérités contingentes, dont le prin-
cipe est la convenance ou le choix du meilleur ; au lieu que
les vérités nécessaires dépendent uniquement de son en-
tendement, et en sont l’objet interne (§ 180-184, 185, 335,
351, 380).
Leibniz, monadologie, 1714