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Le fou de T'chou

Le fou de T’chou

Ô phénix, ô phénix ! Ruine des idées fixes.
L'avenir n'attend plus, le passé est révolu.
Dans un monde en paix, le sage apparaît.
Dans un monde en guerre, le sage se terre.
Ô dans cette pourriture, rien que la torture !
Bonheur est comme plume, pour qui veut le ramasser.
Malheur est comme plomb, pour qui se fait du mouron.
Adieu ! Adieu ! sages prétentieux.
Danger ! danger ! Regarde où tu mets les pieds !
La route est épineuse, et ma marche est tortueuse.
Moi qui ne suis pas l'ornière, je ne finirai pas dans la fondrière !

Tableau de bord

  • Premier article le 08/06/2018
  • Modérateur depuis le 16/06/2018
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Derniers commentaires




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    Le fou de T'chou Po-houen Wou-jen ???? 19 septembre 2016 17:35

    Coucou Gaijin,
    *
    Si l’on s’en tient strictement à l’exégèse du texte, cette plaine existe réellement, comme la montagne d’ailleurs, et se situe dans la province actuelle du Henan. Il ne faudrait pas aller plus loin, ce serait de la "sur-interprétation". J’ai toutefois franchit un pas, en vous traduisant ce nom propre.
    *
    Oups ! Je n’aurai pas dû. Mais quel joli nom... Comme d’habitude ces noms à double sens que choisissent les taoïstes, qui ne payent pas de mine, jouent avec l’imaginaire inconscient du lecteur, qui n’est pas sensé y prendre garde plus que ça, puisqu’il ne s’agit que d’un nom propre. Je me retiendrai donc de fournir une interprétation "dynamique", tripale, opposée à celle "statique" universitaire : libre à vous d’entendre ce que vous voulez smiley
    *
    On remarquera juste que ce passage : " j’ai rencontré un vieillard qui m’a conseillé de monter dans le char du soleil et de m’ébattre dans la plaine de Hsiang-tch’eng..." fait référence pour Cheng Xuanying ??? (631-655) — l’un des principaux glossateur du Zhuangzi — à l’importance du repos nocturne, qui permettrait de pouvoir s’ébattre librement au coeur même de la "société", du monde... (? ???). Restons dans le discours officiel, mais il est tout de même un peu étonnant que cet enfant ait dû trouvé un maître pour apprendre à dormir...
    *
    Après tout, et pourquoi pas... smiley
    *
    D’ailleurs il se fait tard chez moi, good knight !



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    Le fou de T'chou Po-houen Wou-jen ???? 18 septembre 2016 15:09

    Petite nota bene. Le seul mot qui n’est pas traduit ici, hsiang-tch’eng ?? signifie littéralement "supprimer la ville", "faire disparaître la cité", "enlever les murailles", etc. Tous ces sens pouvant être combinés. Je vous laisse le soin d’intégrer tout ça dans le corps du texte.
    *
    Quant à la vidéo, qui est tout de même à la base de l’article, je rejoindrai pour être concis la vue de Medialter, en partie. À savoir qu’avant de se revendiquer patriote, français, il convient d’expliciter avant tout le regard que l’on porte sur l’histoire de ce pays : ce qu’on est prêt à mettre en avant, et ce qu’on s’engage à condamner.
    *
    Se dire français sans préciser quel sens nous donnons à ce mot, c’est cautionner l’histoire officielle transmise par l’Éducation nationale. Vaste sujet. Un tout petit exemple : on dit que la condition paysanne s’est améliorée suite à la révolution de 1989. Si l’on retourne aux archives, c’est une tout autre histoire qui nous est contée.
    *
    C’est un sujet glissant car les termes le sont, il faut donc commencer par les définir. Lorsqu’on parle de patrie, on sous-entend la nation, mais quelle signification donner à la nation ? Si on lui donne le sens courant qu’on apprend à l’école, à savoir corréler nation et État, alors certains — je m’inclue dans le lot — diront tout simplement non, nous ne nous considérons pas de cette France.
    *
    La France chrétienne, mais de quelle chrétienté ? La France des communautés paysannes en insurrection permanente au cours de l’histoire (où en parle-t-on ?) contre le pouvoir étatique et celui de l’Église, revendiquant l’établissement du royaume du Christ, ici et maintenant ; celle qui veut reformer l’Ecclesia, l’assemblée des hommes qui se retrouve en l’être de l’amour, et qui pose l’amour de l’Être, oui. Et non de la chrétienté comme institution ecclésiastique, vil appareil aliénatoire. 
    *
    On ne va pas s’appesantir, mais Éric Guéguen et son air condescendant, arborant en gros Platon et Aristote derrière lui, il peut aller se rhabiller. Il ferait mieux de commencer par relire Hegel par exemple, qu’on aperçoit dans sa bibliothèque ; et qu’il le médite patiemment, avant d’ouvrir la bouche. 



  • 2 votes
    Le fou de T'chou Po-houen Wou-jen ???? 18 septembre 2016 11:30

    @ Gaijin, Medialter, Yoananda, Philouie et tous les autres...
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    J’arrive après la bataille, mais quelle discussion ! Très riche et intéressante, c’est pour ça qu’on aime agoravox. Je me permettrais de conclure, si vous le voulez bien, par une petite histoire. Elle résume parfaitement la problématique générale de la discussion. Pour être précis, j’entrevois deux axes majeurs : d’un côté la question de l’engagement politique, en lien avec la notion de "meute" ou plutôt de troupeau qu’a introduit Gaijin. De l’autre côté, avec Medialter (dans son post du 13 sept à 22:40), la mention de la nécessité de créer des liens avec d’autres pans de la réalité, qui sont ordinairement non accessibles à l’individu.

    *

    Il s’agit d’une histoire chinoise, car c’est ce que je connais le mieux.
    *
    Je vous cite donc un passage du Zhuangzi ????, un texte qui n’est vraiment pas d’un abord facile, pour ceux qui seraient curieux. Il a été écrit il y a voilà 2300 ans, avant la création de l’Empire (sur plusieurs siècles, par plusieurs mains, dont des vraiment dégueulasses mais ce n’est pas le propos). Le texte étant déjà long, je zappe le fait que l’Empereur Jaune soit accompagné de sept compagnons, qui ont des noms allégoriques... La traduction de Huangdi ?? par Empereur Jaune est commune, mais ne rend pas compte du fait que di signifie déité et non empereur stricto sensu. Je veux dire par là qu’il ne faut pas s’arrêter sur cette dénomination un peu barbare... Bref. L’ambiguïté n’est pas gênante, cet "empereur jaune" n’étant pas vraiment un saint, même si depuis la création de l’empire, et même un peu avant, on a tenté de faire croire l’inverse. Trêve de bavardage, voici l’histoire : 
    *
    Jadis, l’Empereur Jaune décida de se mettre en quête de Grand Soliveau qui demeurait, disait-on, sur les monts de la Totale Complétude. Arrivé dans les landes de Hsiang-tch’eng l’Empereur s’égara ; la campagne était déserte ; personne pour lui indiquer le chemin. Soudain, il avisa un jeune enfant qui faisait paître ses chevaux. Il lui demanda sa route :
    — Sais-tu, lui dit-il, où se trouvent les monts de la Totale Complétude ?
    — Oui, dit le pâtre.
    — Et sais-tu où habite le Grand Soliveau ?
    — Oui, répondit encore l’enfant.
    L’empereur Jaune s’étonna :
    — Étrange, non seulement ce garnement sait où se trouvent les monts de la Totale Complétude, mais encore il connaît la résidence de Grand Soliveau !
     Alors il l’interrogea sur la manière de gouverner l’empire.  
    — Gouverner l’empire, rien de plus facile, s’esclaffa l’enfant. Il suffit de faire ceci (il eut un geste vague de la main). Il n’y a pas à s’en occuper. Petit, j’avais coutume de voyager à l’intérieur des six pôles. C’est ainsi que j’ai contracté une maladie aux yeux. Par bonheur, j’ai rencontré un vieillard qui m’a conseillé de monter dans le char du soleil et de m’ébattre dans la plaine de Hsiang-tch’eng. Je m’en trouvai mieux et maintenant je puis vagabonder en dehors des limites de l’espace. Pour gouverner l’empire, c’est pareil. On n’a pas à s’en soucier !
    Le souverain réitéra sa question. Au début, l’enfant se déroba, puis il finit par déclarer :
    — Gouverner ne diffère en rien de s’occuper des chevaux. Il suffit d’éloigner d’eux les causes de troubles.
    Satisfait de cette réponse, l’Empereur Jaune lui adressa un profond salut et l’appela son maître.

    *
    Le texte en chinois classique :
    *
     ?? ??????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????? ?? ??  ????????????????????????????????????????????????????????????????????????  ??????????????????????????????????????????????????????? ?? ??????????????????????????????? ?? ??????????????????????????????????? ?? ???????????
    *
    Bon dimanche !



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    Le fou de T'chou Po-houen Wou-jen ???? 17 avril 2016 08:46


    On retrouve ce même schéma à travers l’énigme du Sphinx (qui marche à quatre pattes, puis à deux puis à trois). On est fait des quatre éléments, on doit faire un travail sur notre aspect dipôle, pour retrouver l’accès direct à la trinité.

    *

    Cette distinction entre corps/âme/esprit, qui semble au premier abord radicale, indique en réalité un chemin à suivre...

    *
    Mais tout cet enseignement est voilé chez nous, ce n’est guère pratique ! Il y a vraiment de quoi s’arracher les cheveux pour comprendre l’interaction entre matière et esprit. Les Chinois sont beaucoup plus clair sur la question. Le vide (anagramme de Dieu) est plein d’énergie, c’est le qi. Ce concept de base dévoile, mine de rien, un secret de polichinelle : la quintessence. La cinquième essence est intimement liée aux autres éléments (c’est aussi les cinq éléments, ou agents en Chine). Qu’est-ce qu’on nous nous dit ? Et bien le ressort du principe vital, autrement dit l’âme il ne faut pas la chercher bien loin, elle est là. Elle est le monde : la combinaison, l’interaction des différents états de l’énergie (incluant la matière, l’âme à tiers).

    *

    Quand le qi est concentré (...), un travail sur "l’essence" jing peut être amorcé. Le jing n’a rien de métaphysique, à la base c’est la partie la plus dense du corps (qu’est-ce que c’est, où c’est ? Dans les os, le sacrum ? bonne question...) ; c’est la partie matérielle du principe vital. Comment est-il possible d’effectuer un travail sur ce qui est opaque, en apparence inaccessible ? En “labourant”, en travaillant avec le yin yang. Deuxième secret de polichinelle : c’est le solve et goagula  : le travail sur le souffle au demeurant (autrement dit sur l’âme). Ça équivaut aux pratiques alchimiques ou qigong (littéralement le travail sur le qi).  

    *

    Le travail sur le jing, lorsqu’il est bien mené, débouche sur la naissance du shen  ? l’esprit, l’intellect. La première graphie de shen est très belle et figure "de manière symbolique" l’union du Ciel et de la Terre, ou le tonnerre selon les interprétations. (On s’est empressé de rajouter la clef de l’ancêtre, mais ça c’est pour des raisons politiques assez peu reluisantes...) Le Shen c’est, pour reprendre Tchouang-tseu, ce qui fait que lorsque quelqu’un tombe d’un char lancé à pleine vitesse, mais en étant bien bourré, celui-ci a des chances de ne pas se blesser. Ou pour prendre une image plus simple, c’est la partie qui est mobilisée lorsque tu tombes sur la glace, et qui peut faire parfois des miracles (on va écourter ici sinon...)
    *

    La relation corps/esprit dans tout ça ? C’est strictement séparé comme la science moderne a voulu le faire croire (aux profanes) ? Les Chinois sont beaucoup plus nuancés. Le corps est intimement relié à l’esprit... selon le modèle grossièrement esquissé plus haut. On a un certain capital de départ, dans tous les domaines : on a un corps, une ruche (fabriqué par le qi et ses différentes manifestations), cristallisé par le mécanisme secret matériel, les abeilles ou le principe vital, qui est planqué au coeur de notre enveloppe charnelle, et un esprit, le miel (en plus ou moins grande quantité smiley ) . Mais l’objectif idéal est de faire fructifier tout ça, d’avoir un rendement de miel lucratif. Le tout tient à travers la manière dont on travaille avec l’aspect dipôle de l’Être, qui peut soit hâter la dégénérescence de l’individu, soit la ralentir... soit... faire des miracles !

    *

    Tout est interconnecté certes, l’essaim d’abeilles construit sa ruche, son miel...  mais l’âme et l’esprit ont une place maîtresse, car si le corps ou la ruche cherche un fonctionnement optimal, l’harmonie, c’est en sachant effectuer un savant mélange entre ces deux principes (âme et esprit), qui doivent être nommés et matérialisés pour pouvoir être manipulés. 

    *

    Si l’on suit strictement ce raisonnement, d’autre part, ce n’est pas le corps qui est premier, mais l’âme... (c’est le moment d’aller chercher son aspirine smiley )

    *

    Bien à vous, je vous souhaite d’être trois et quatre fois heureux !



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    Le fou de T'chou Po-houen Wou-jen ???? 17 avril 2016 08:46

     

    Bonjour !
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     Le corps, l’âme et l’esprit... Ce n’est pas une question facile !
    *

    Entendons-nous bien, je suis d’accord avec vous, tout est interconnecté. Tout peut-il se résumer au corps ? Hum, je dirai oui, mais... De là à dire que l’âme et l’esprit son inexistants, non.

    *
    Les innombrables expériences de mort imminente ont démontré qu’on est pas seulement qu’un morceau de viande. C’est la meilleure preuve empirique qu’on ait jusqu’à ce jour, à mon avis. Qu’en pensez-vous ? Après je ne dis pas non plus qu’on conserve son Soi pour l’emmener batifoler dans les prairies du paradis...
    *
    La science traditionnelle ne fonctionne qu’à travers ces notions... Ça doit mettre la puce à l’oreille. Si ces désignations existent, c’est qu’elles signifient quelque chose. En ce sens, l’esprit, du moins sous sa forme la plus subtile, n’est pas donnée comme ça (on dit de quelqu’un qu’il a de l’esprit...). C’est comme avec les ruches d’abeilles, le miel ça se gagne, et l’objectif c’est d’avoir un rendement positif pour parer aux aléas de la vie !
    *

    Décortiquons la tradition occidentale (je vous épargne la définition exacte du corpus, anima, animus, spiritus, mens... La manière dont toutes ces notions s’articulent entre elles n’est pas limpide. On peut d’ailleurs penser que c’est fait exprès).

    *
    Mens sana in corpore sano
    (un corps sain dans un esprit sain)
    *

    De trois choses l’une.

    *
    - Le corps est “neutre”, il est associé aux quatre éléments (on pourrait en dire plus ici, mais gardons nous pour la suite).

    - Note  : Notre anima (= esprit) qui “habite” le corps est double. Son problème, c’est qu’elle n’arrive pas à choisir. Elle peut se pencher soit vers le bien ou le mal ; elle est binaire, soumise à l’échec et à la corruption. On l’aura compris, c’est la part féminine de l’homme, sa bête. Elle est soumise à son corps, aux passions corporelles ; elle hésite aussi entre l’animus — l’âme, plutôt divine — et le spiritus, l’intelligence, plutôt humain (ou le raisonnement propre à soi).

    - Cependant, ce n’est que par la mise en équilibre de l’anima que l’on peut espérer retrouver la mens, l’intellect (ou esprit ici pris pris comme principe supérieur à l’intelligence humaine) qui est ternaire.

    *

    Une véritable thérapie conjuguale. 

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