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Jeudi 2 février 2017 :
« Je n’ai jamais été son assistante », déclarait Penelope Fillon en 2007.
« Je n’ai jamais été son assistante » et « je ne me suis pas occupée de sa communication non plus » .
Ce sont deux phrases, lourdes de conséquences, que Penelope Fillon a prononcées au sujet de son mari lors d’un entretien avec des journalistes britanniques en mai 2007, selon France Télévisions.
Un extrait vidéo de cette interview, dont France Télévisions a retrouvé la trace (mais que Le Monde n’a pas visionné), doit être diffusé sur France 2, lors de l’émission « Envoyé spécial » du jeudi 2 février présentée par Elise Lucet.
Ces déclarations jettent un nouveau doute sur la réalité de l’emploi pour lequel Penelope Fillon a été rémunérée une première fois entre 1988 et 1990, et une seconde fois entre 1998 et 2002, en tant qu’assistante parlementaire de son mari, comme l’a révélé Le Canard enchaîné.
Le Canard Enchaîné révèle trois informations explosives :
- Penelope Fillon a touché 831 440 euros comme « assistante parlementaire ».
- Penelope Fillon a touché 100 000 euros, payés par « La Revue des deux mondes ».
- Les enfants de François Fillon ont touché 83 735 euros comme « assistants parlementaires ».
Autrement dit : toute la famille de François Fillon a touché plus d’un million d’euros.
Ils ont touché 1 015 175 euros.
Mercredi 1er février 2017 :
Deux députés LR lâchent François Fillon.
Les députés sont-ils en train de lâcher François Fillon ? Alors que le candidat de la droite à la présidentielle appelle à se rassembler derrière lui, pour Georges Fenech, député Les Républicains « la situation est très compromise ». Il a estimé, ce mercredi, qu’après les révélations du Canard enchaîné sur les emplois présumés fictifs de l’épouse de François Fillon « le résultat de la primaire est caduc ».
« Je pense que le résultat des primaires est aujourd’hui caduc face à cet événement imprévisible qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais sur le registre éthique et moral », a déclaré le député du Rhône Georges Fenech au micro de France Info.
« Je crois que la situation est très, très compromise », a-t-il ajouté, disant « exprimer tout haut ce que beaucoup, beaucoup de parlementaires pensent tout bas » à propos de la candidature de François Fillon.
« Comme l’orchestre du Titanic, nous sommes en train de couler », a encore ajouté Georges Fenech proche de Sarkozy, un peu plus tard sur BFMTV.
« Nous ne pouvons pas continuer avec un candidat qui est en extrême difficulté ». « Il faut que notre famille politique se ressaisisse » demande-t-il.
Le député LR juppéiste Philippe Gosselin a de son côté lancé
« un appel à Alain Juppé pour qu’il réfléchisse à la possibilité
de prendre le relais de François Fillon ». « Je ne suis pas
téléguidé par Alain Juppé, mais plusieurs députés pensent comme
moi. Il faut réfléchir à toutes les hypothèses, gouverner c’est
prévoir », a-t-il déclaré aux journalistes dans les couloirs de
l’Assemblée nationale.
Vendredi 27 janvier 2017 :
67% des Français trouvent que François Fillon n’est pas honnête.
61% des Français ont une mauvaise opinion de François Fillon.
Selon un sondage Odoxa pour France Info rendu public vendredi, 61% des Français ont désormais une mauvaise opinion de François Fillon, après les révélations du Canard enchaîné selon lequel il a rémunéré son épouse.
François Fillon est désormais jugé négativement par une large majorité de Français (61%). Une cote de popularité en chute libre par rapport à début novembre, où il récoltait 54% de bonnes opinions, selon un sondage réalisé par l’Ifop.
Cependant, ces affaires ont plombé tous les autres atouts dont il disposait dans l’opinion. Ainsi les Français sont 61% à ne pas le trouver "convaincant", 67% à ne pas le juger "honnête", et 68% à penser qu’il n’est "pas proche des préoccupations des Français". Même auprès de son noyau dur, les dégâts sont visibles.
Mercredi 4 janvier 2017 :
François Fillon a un château avec 14 chambres, il a 3000 mètres carré de bâtiments annexes, il a une chapelle, il a un parc de 6 hectares, et il a aussi une ferme avec 7,2 hectares de terres !
Lisez cet article :
François Fillon vit dans un château qui comprend 14 chambres, au milieu d’un parc de 6 hectares.
Une maison ? Interrogé en avril 2013 sur son patrimoine immobilier, François Fillon avait affirmé sur France 2 qu’il était "propriétaire d’une maison dans la Sarthe, achetée 440 000 euros il y a une vingtaine d’années, et qui vaut aujourd’hui à peu près 650 000 euros".
Une maison ? Quelques mois plus tard, dans Paris Match, la "maison" se transforme en "manoir". La voici :
http://www.politique.net/2017010501-chateau-de-francois-fillon-14-chambres.htm
En réalité, il ne s’agit pas
d’une maison, ni d’un manoir, mais bien d’un... château, comme le
précise aujourd’hui Le Canard enchaîné.
C’est en 1993 que François Fillon a acquis le "château de Beaucé". Selon l’acte notarié, le château comprend au rez-de-chaussée : "hall d’entrée, grande salle à manger avec cheminée, cuisine, arrière-cuisine, office, bureau, lingerie, buanderie, grand salon, lampisterie, bibliothèque, petite bibliothèque en bout".
Et à l’étage ? 14 chambres et des salles de bain.
Derrière le château se trouve également 3000 m² de bâtiments annexes, une chapelle. Le tout dans un parc de 6 hectares.
Et dans la série « Bienvenue au Moyen âge », Le Canard enchaîné précise que Fillon a également acheté la ferme proche du château avec 7,2 hectares de terres. Ces champs sont exploités par un couple d’agriculteurs qui verse chaque année un "fermage" à la famille Fillon. Soit "21 quintaux de blé tendre de qualité saine, loyale et marchande et 218 kilos de viande de boeuf de première qualité". Une fois élu président, Fillon n’aura plus qu’à rétablir la gabelle...
Source :
Hervé Liffran, "Un château et quelques oubliettes", Le Canard enchaîné n°5019, mercredi 4 janvier 2017.
Début novembre 2011, le premier ministre François Fillon reçoit très discrètement une trentaine de personnes à l’hôtel Matignon : pendant toute la soirée, François Fillon et ses invités parlent de l’état de la France.
Ce dîner ne figurait pas à l’agenda officiel du premier ministre. Normal : ces trente personnes étaient les habitués du Groupe Bilderberg.
Deux ans plus tard, François Fillon sera un des rares Français invités à la réunion du Groupe Bilderberg de juin 2013.
Rappel : le Groupe Bilderberg est à l’origine de la construction européenne. Le traité de Rome a été négocié durant les réunions du Groupe Bilderberg en 1954, 1955 et 1956.
« Je pense que vous pourriez dire, déclara un jour le diplomate américain George McGhee, que le traité de Rome, qui a créé le Marché commun, a été mûri pendant ces réunions de Bilderberg et aidé par le flot de nos discussions »
Source : « L’Europe sociale n’aura pas lieu », de François Denord et Antoine Schwartz, édition Raisons d’agir, page 40.
Lisez cet article :
Le dîner ne figure pas à l’agenda officiel. L’hôte et ses invités tiennent à cette discrétion. Début novembre 2011, alors que la crise de l’euro est à son comble, François Fillon prend le temps de recevoir à Matignon un groupe obscur d’une trentaine de personnes dont les noms sont presque tous inconnus du grand public, mais pas des initiés.
Ce soir-là, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy planche sur l’état de la France devant les membres d’un petit club qui ne fait jamais la une des journaux, mais fascine les obsédés du complot : le Bilderberg. A croire les "conspirationnistes", ce cercle, fondé en 1954 par un prince hollandais et un milliardaire américain pour endiguer le communisme, serait le "vrai gouvernement du monde". On lui devrait la victoire de Bill Clinton, la guerre en Irak ou la nomination de Herman Van Rompuy, président du Conseil européen. Rien de moins !
Comparés au Bilderberg, d’autres forums internationaux bien plus célèbres, tels la Trilatérale ou Davos, auraient autant d’influence qu’une fête de patronage. Les convives de François Fillon sont tous d’éminents représentants du gotha politico-financier occidental. Sous les lambris de l’hôtel Matignon, il y a là, entre autres, le patron de la banque Goldman Sachs, Peter Sutherland, le big boss de la banque d’affaires Lazard, Ken Jacobs, l’inspirateur des néoconservateurs américains, Richard Perle, le grand manitou de Shell, Jorma Ollila, le futur chef du gouvernement italien, Mario Monti, ou la présidente du Musée d’Art moderne de New York, Marie- Josée Kravis, par ailleurs épouse du propriétaire d’un fonds d’investissement américain.
Le grand ordonnateur du dîner n’est autre qu’Henri de La Croix, comte de Castries, PDG du groupe d’assurances Axa et premier Français à présider le Bilderberg. Petit-fils d’un ministre de la IVe République et inspecteur des Finances, ce pilier de l’establishment français est aussi proche de Nicolas Sarkozy que de François Hollande, son camarade de la promotion Voltaire à l’Ena. On l’a compris : à un tel aréopage, même le chef du gouvernement de la cinquième puissance mondiale ne peut refuser l’hospitalité. Ce repas est-il pour autant le signe d’une vaste conspiration ? "Je ne comprends pas l’hystérie autour du Bilderberg, s’amuse aujourd’hui François Fillon. Je ne trouve pas qu’il s’y dise des choses si confidentielles..."
Pour la première fois depuis 1954, le Bilderberg vient de publier sur son site la liste des participants à sa conférence annuelle qui démarre le 6 juin 2013 dans le Herfordshire, au nord de Londres. Seront présents notamment Christine Lagarde, Valérie Pécresse et... François Fillon.
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