@maQiavel "Comment le dialogue pourrait nous permettre de le déterminer ?"
D’abord en comparant nos perceptions et la manière de les nommer. On peut donner des exemples de ce qu’est un bobo et voir si l’autre est d’accord. On ferait la même chose pour un "kumquat" ou un "ramboutan" dans un restaurant exotique. Concernant le bobo, pas mal de choses intéressantes ont été dites ici qui permettent de mieux définir ce que c’est. Certains éléments sont discutables, mais une silhouette se dessine, un contour se forme et un concept se précise. Mais comme je l’écris plus haut, c’est un terme appartenant au registre culturel auquel il ne faut pas donner une valeur sociologique technique et qui ne devrait pas être employé dans le débat politique (vous avez raison sur ce point).
@maQiavel "Moi , il me faut une méthode pour observer le monde"
La méthode vient plutôt secondairement pour organiser les données, non ? Parce que si la méthode précède l’observation, alors vous ne pourrez pas voir ce qui n’entre pas dans la grille de la méthode. Dans cette situation, on tourne vite en vase clos, c’est un biais de confirmation perpétuel.
Concernant les mots d’usage courant, leur compréhension est toujours d’abord intuitive. Enfant, vous avez compris le sens principal du mot "fraise" avant de faire de la botanique, et vous avez distingué les "filles" des "garçons" avant de faire des études de biologie humaine.
On ne peut définir ni sociologiquement ni dans une autre discipline universitaire ce qu’est exactement un snob. Pourtant, diriez-vous que le mot "snob" n’a absolument aucun sens, et que vous ne voyez pas du tout ce qu’il peut vouloir dire ?
N’en est-il pas de même pour "bobo", même si ce terme est un peu plus récent et donc en train de se positionner en ce moment même dans le langage courant ? Vous ne voyez sincèrement pas ce qu’est un bobo ?
"Sur le politiquement correct , je n’ai pas cherché d’étude là-dessus non plus , donc je ne sais pas si ça existe. Cela dit , je ne donne pas la même importance que vous à l’influence du politiquement correct sur les interactions sociales.
Bien sûr , il faudrait définir la notion pour savoir de quoi on parle, mais de la façon dont ce terme est usuellement utilisé , je pense que c’est aussi une notion politico-médiatique mobilisée dans le contexte de la lutte entre conservateur et progressiste et qui sert à anathématiser l’adversaire."
Le fait qu’un mot soit utilisé pour discréditer l’interlocuteur dans le cadre d’une lutte entre conservateurs et progressistes ne réduit pas sa capacité intrinsèque à nommer un concept clair et un objet précis. On peut toujours traiter un adversaire de menteur, de terroriste, de pédophile. Ce n’est pas la preuve qu’il n’existe pas de menteurs, de terroristes, de pédophiles ! L’usage éristique, abusif ou erroné que l’on peut faire des mots ne signifie pas que les mots ne valent rien dire et qu’ils ne renvoient à aucune réalité.
@maQiavel "en ce qui me concerne , j’aurais plus tendance à me fier à une bonne étude sociologique plutôt qu’à un bon romancier ou un bon humoriste pour comprendre un aspect de la société à une époque donnée."
Tout dépend de ce que vous appelez "comprendre". Et peut-être que les deux approches doivent être vues comme étant complémentaires plutôt que concurrentes. L’oeuvre de Balzac, par exemple, est à juste titre souvent considérée comme une contribution essentielle à la compréhension de la société de son temps, qu’aucune étude sociologique chiffrée ne pourrait remplacer.