Ceci dit, Colin Giraud
a raison de dénoncer l’usage fait par les politiciens d’un terme ne correspondant à aucune catégorie sociale précise, mais plutôt à une catégorie culturelle. Il est toujours malvenu que des politiciens se mettent à désigner des catégories culturelles, parce que c’est souvent entendu à tort par le public comme s’ils désignaient des catégories sociales. Un politicien doit nommer un délinquant un délinquant (qui est objectif et vérifiable sur un casier judiciaire) et pas une "racaille" (qui peut correspondre à un style, des fréquentations, des intentions supposées, etc.)
@maQiavel "j’ai bien plus confiance en la sociologie"
Mais pourtant, si j’ai bien compris, vous admettez que la sociologie ne nous permet pas de comprendre ce que désigne le terme "bobo" puisque ce n’est pas une catégorie sociologique. De même qu’elle ne vous a jamais permis de comprendre ce que signifie le "politiquement correct".
Il me semble que l’on devine aisément qu’un mot comme "bobo" par sa composition et même par sa sonorité amusante ne prétend nullement correspondre à une catégorie de la sociologie universitaire comme par exemple "femme retraitée" ou "travailleur à temps complet du BTP". Et pourtant il existe bien des bobos. Certes, comme c’est une définition imprécise on peut lancer ça comme une insulte. Mais cela ne signifie pas pour autant que le terme ne renvoie à aucune réalité. La qualification de bobo est tout simplement discutable au cas par cas (par exemple je ne trouve pas que Onfray soit bobo mais ça peut se discuter). Le "cas par cas" est, par définition, le domaine d’incompétence absolue des sociologues qui s’intéressent uniquement aux données quantifiables générales.