Il y a sans doute beaucoup de choses que l’on peut définir rationnellement concernant une société. Par exemple, on peut savoir si telle ou telle catégorie professionnelle produit des retraités qui vivent vieux ou pas, si les jeunes de la campagne éloignée des grandes villes ont accès ou non à la culture mondialisée par Internet, etc. Bref, tout ce qu’on peut "quantifier".
Là où la sociologie touche à ses limites et produit du flan gélatineux, en particulier dans ses prétentions à l’objectivité, c’est quand on aborde les questions de la "qualité", du "sens" et de "l’humain". Dire que la femme française moyenne a 1,8 ou 2,3 enfant(s), ça peut être une "vérité" sociologique, mais cela n’a aucun sens d’un point de vue humain.
Qu’est-ce que les catégories et les statistiques de la sociologie en tant que prétendue science des interactions sociales nous apprend au sujet du "politiquement correct", par exemple ? C’est une question sérieuse, je ne connais pas la réponse, bien que j’ai étudié la sociologie à l’université.
Comprendre de quoi on parle quand on parle de "bobos" me semble important, même si le terme renvoie davantage à une mentalité à la mode qu’à une catégorie circonscrite sur la base de données objectivement quantifiables (niveau de salaire, type d’activité, localisation géographique, etc). Les catégories objectives utilisées en sociologie sont de toute façon trop pauvres et rigides pour apporter une compréhension du monde, en particulier du monde présent, puisqu’elles sont toujours établies après coup. Aucune sociologie ne pouvait prévoir la vague d’apparitions de geeks avant que le terme n’entre dans le langage populaire, par exemple. Et à mon avis, la sociologie universitaire ne peut toujours pas faire correspondre le geek à ses catégories, alors que c’est une tendance très significative et importante de nos sociétés au niveau mondial. https://fr.wikipedia.org/wiki/Geek