"votre pote Blanrue" . ? . "En temps de surinformation, la censure c’est juste de ne pas parler de quelque chose qui existe pourtant." . Et en temps de surmarchandisation, qu’est-ce que qu’un produit qui n’est pas distribué ?
Pour qu’il y ait censure, il faudrait que ces ouvrages paraissent sur des listes de censures. Ce qui les rend ou les a rendu indisponibles sur le marché, Monsieur Robin, c’est votre sacro-sainte loi de l’offre et la demande. Si bien que si je suis votre raisonnement et que je pratique votre type de réflexion par amalgame et raccourcis, c’est pas moins que "la main invisible des marchés" qui censure vos ouvrages chéris. . (D’ailleurs, les livres d’Ayn Rand, puisque je parlais d’elle, sont
tellement creux que n’importe quel unilingue chauvin est capable de les
comprendre en anglais depuis 1953 (p’t’être même en russe ?). . Et je ne comprend toujours pas votre démarche. Car force est de constater que même sans avoir été traduites en français depuis sa parution au USA, les "théories" foireuses de Rand, notamment, ont gagné nos imaginaires et, sur le plan conceptuel, règnent partout dans le monde marchandisé.
Ces best sellers américain apologues de l’individualisme radical sont des succès là-bas notamment parce que les peuples étatsuniens sont prédisposés par leur anthropologie et leur tradition universitaire à recevoir ce genre de discour. . En Europe, qu’ont quittée les Ayn Rand anc co, ces discours ont été critiqués non pas parce que nous sommes des marxistes essentialistes (bien que nous le soyons assurément, Monsieur Robin., par transmission héréditaire) mais parce que les ouvrages qui les développent sont théoriquement trop pauvres. Nous avons en Europe une tradition de la scientificité des discours censés augmenter la connaissance qui disqualifie ces "best sellers". Le "qualitatisme" a gouverné, si ça vous parle mieux. Les grands philosophes sont symptomatiques de cela. . Les "théories" de Ayn Rand - qui glorifient l’homme-élite et prônent la totale "libération" de leur puissance par le détour de la dépossession des moyens de s’organiser en société des plus faibles, résument les évolutions anthropologiques et technologiques comme des événements individuels - sont fondées sur des erreurs conceptuelles telles que "l’homme-monade", hors-sol, autonome. . L’humain a une consicence et un corps qui lui rendent nécessaire de se penser "individu", ce qu’il est. Mais incomplètement. Sa complétude ne se retrouve, complètement, que dans sa relation symbiotique au reste dont il ne peut pas ne pas faire partie. L’homme seul n’est rien. . Nier l’individu à la manière des totalitarismes qu’ont pu devenir les communismes historiques et que sont fondamentalement les fascismes nationaux-socialistes, c’est abyssalement con, de l’ordre du déni des conditions qui déterminent nos vies. De l’autre côté, symétriquement, les "théories" des Hayeck et des Rand.
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Mais rassurez-vous : l’important c’est que nos élites se mettent à y croire, à défaut de pouvoir étayer. Car au delà du vide conceptuel, il y a le dogme. Et le dogme ne demande aucun effort, que de la répétition tantrique.
Tous ensemble mes frères et sœurs :
"L’homme est dieu. L’homme peut tout. Pour peu qu’on le laisse-faire.
Laissez-faire. Et l’homme puissant s’occupera de vous.
Dans le monde très imparfait de la seconde moitié du XXe siècles, jusqu’aux années 80, des institutions encadraient les marchés et les flux de capitaux, s’occupaient de freiner les confusions entre banques d’affaires et commerciales, luttaient contre les cartels de multinationales et les dérives anticonstitutionnelles qui ôtent leur souveraineté aux états-nations.
. Ces institutions ont été enterrées mais elles n’ont pas disparues. Plutôt que de réinventer l’eau chaude, déterrons-les, adaptons-les aux nouvelles donnes économiques. Dépoussiérons les outils et ressortons les manuels.