Si ce n’est pas le pétrole ou le gaz qui vient à manquer rapidement, ça sera autre chose : l’eau par exemple car on ne peut par irriguer durablement avec plus d’eau qu’il n’en tombe.
Il faut se faire à l’idée que la planète terre n’est pas infinie et donc que le principe même d’une croissance infinie est complètement absurde.
Ceci dit, la théorie du pétrole abiotique n’est qu’une théorie qui ne repose sur aucune donnée et de fait le pic de production pétrole est passé : l’AIE l’a reconnu cette année. Et même si cette théorie est vraie, on ne pourrait pas augmenter indéfiniment la production de pétrole ou de gaz car il y a nécessairement une limite.
Il faut toujours mesurer les conséquences de ses actes, un progrès n’a de valeur que s’il tient sur le long terme, une solution ne doit pas avoir des conséquences pires que le mal qu’elle prétend traiter.
Oui, je prétend que les progrès de la médecine n’ont plus aucun sens dès lors que le résultat ce sont des personnes dépendantes qui ne savent même plus qui elles sont ou une surpopulation qu’on n’est pas capable de nourrir.
Une amélioration technique ne peut être qualifiée de progrès que si sa mise en œuvre est responsable et qu’elle n’entraîne pas d’effets collatéraux délétères.
L’exemple de l’Inde est particulièrement pertinent car c’est un pays qui a mis en place la "révolution verte" pour résoudre ses problèmes de famine et le résultat c’est : - la population a triplé et donc du point vue alimentaire bien que les famines ont été éradiquées, le progrès au niveau individuel est proche de zéro - la généralisation de l’irrigation et de l’usage d’engrais et autres produits va les conduire à une catastrophe dont les premiers effets commencent à se faire sentir : épuisement des nappes phréatiques (-50 mètres depuis 50 ans), salinisation puis désertification des terres, pollution des nappes d’eau (concentration de l’arsenic, nitrification,...) De plus, le dérèglement climatique en cours fait peser un risque sérieux d’affaiblissement de la mousson indienne, et si ça se produit effectivement le sous continent devra s’adapter en divisant sa population par 10.
En Chine c’est exactement la même chose, aux USA et en Australie c’est pareil dans tous les Etats où l’irrigation consomme plus d’eau qu’il n’en tombe.
Le problème est mal posé, ce n’est pas le nombre de personnes à nourrir qui est dimensionnant, mais : - ce qu’elles mangent : une alimentation carnée de type occidental moderne mobilise 4 fois plus de terres agricoles qu’une alimentation de type africaine ou asiatique traditionnelle, l’étendre à toute la planète n’est possible qu’en mobilisant la totalité des terres arables potentielles avec les méthodes de production agricole intensives - le mode de vie qu’elles ont : par exemple le taux d’équipement et d’utilisation des transports occidental étendu à toutes la planète nécessiterait une production d’hydrocarbures de 500 millions de barils/jours (contre 85 actuellement) ce qui est impossible car à ce rythme là la totalité des ressources carbonées fossiles connues (pétrole, gaz et charbon) serait consommée en 25 ans.
Affirmer qu’il suffit d’exporter les méthodes de production agricole
moderne et l’infrastructure de transport correspondante revient à dire
implicitement que c’est tout le mode de vie occidental qui est exporté
or nous savons que c’est impossible car la consommation de ressources due à ce mode de vie dépasse déjà de 30% les capacités de la planète. Le mode de vie occidental se maintient artificiellement pour le moment tout simplement parce que nous tapons dans des stocks mais ceux-ci finiront inéluctablement pas s’épuiser.
Ramener la problématique de la taille de la population à un simple problème de nourriture sans préciser les conditions d’existence de cette population est donc une imposture.