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Éric Guéguen - Agoravox TV

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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
--------------------------------
 
« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : chl91@hotmail.fr
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

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  • Premier article le 05/12/2012
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Derniers commentaires




  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 19 décembre 2012 14:49

    @ Machiavel1983 :
    -----------------------
    Ce contre quoi je me démène est votre tendance à dire en dernière analyse que tout se vaut. Non, tout ne se vaut pas, même en histoire. D’autant plus que vous êtes historiciste et ramenez tout à de l’histoire et du socio-économique (la justice en particulier, nous en avons déjà parlé ailleurs). Et ce n’est pas parce qu’en histoire la vérité est impossible à atteindre pour un individu :
    1. que la vérité factuelle n’existe pas ;
    2. que certains ne peuvent être plus proches de la vérité que d’autres.
    Vous faites fi des nuances en prenant, tantôt le point de vue de Dieu, tantôt celui de ses pauvres créatures ignares. Vous naviguez entre deux extrêmes : le solipsisme et le scepticisme absolu.
    ---------
    Quant aux définitions du mot objectif, en voici une autre issue du CNRTL :
    Qui manifeste un souci d’exactitude, faisant abstraction de toutes préférences, idées ou sentiments personnels. Synon. impartial.



  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 19 décembre 2012 14:09

    @ Machiavel1983 :
    ------------------------
    Je me permettrais de modifier votre exemple. Disons que les trois automobilistes savant très bien qu’ils sont eux-mêmes en mouvement et qu’à la vitesse du plus rapide s’ajoute la leur.
    Seulement admettons qu’ils n’ont pas de tachymètre. Et là je serais d’accord avec vous.
    L’historien, dans ce cas concret, serait celui qui tente de calculer la vitesse du véhicule le plus rapide, ou du moins de s’en rapprocher, ce qui implique de considérer et de tenter de déterminer sa vitesse propre.
    J’ai l’air d’ergoter mais ça a son importance : dans votre cas, le sujet n’est même pas conscient d’être pris lui-même dans l’histoire, or nous sommes tous les trois la preuve vivante du contraire. Il me semble donc plus logique de ne pas trop prendre les conducteurs pour des naïfs. En revanche, les différences de vitesse, elles, restent à déterminer, d’où le boulot de l’historien.
    ----------
    Au finale, Machiavel1983, vous semblez croire que je ne prends absolument pas en compte la contingence des éléments, ce n’est pas le cas. Par contre, je remarque que vous avez laissé tomber toute idée de vérité inexistante ou relative aux individus. smiley
    "Point de vue" n’est pas "vérité". Et certains points de vue sont plus proches de la vérité asymptotique que d’autres, donc plus "objectifs". Encore une fois, l’objectivité ne coïncide pas pour moi avec le fait d’être l’objet. C’est seulement tendre vers la connaissance de cet objet en laissant le sujet le plus loin possible derrière soi.



  • 1 vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 19 décembre 2012 12:48

    @ Near :
    ----------
    Pour moi être objectif, c’est tendre vers l’objet. Il y a donc bel et bien des degrés d’objectivité.
    J’ai l’impression que pour vous, être objectif, c’est être l’objet ! Et si c’est le cas, forcément, c’est tout ou rien et votre 0,00000001% empêche de se dire objectif. Le sujet ne peut jamais devenir l’objet, c’est une évidence.
    Nous n’avons pas la même appréhension du mot, tout simplement. Étymologiquement, pourtant, les formes en "if" évoque un état de relation, ici entre le sujet et son objet.
    -----
    Votre exemple : si vous partez d’une mauvaise situation du lieu d’étude, vos prémisses sont fausses en tant qu’historien et vous aurez en effet du mal à tendre au mieux vers l’objet. Mais vous vous appuyez tout de même sur une masse de faits, de relations qui restent, eux, pour une part et pour une part seulement, transposables en un autre lieu et qui vous éloignent du sujet à mesure qu’ils vous rapprochent de l’objet. Une erreur, pour peu qu’elle soit totalement involontaire, ne vous rapproche pas de l’objet, mais ne vous rapproche pas non plus du sujet. L’erreur volontaire, elle, vous rapproche du sujet.
    On pourrait faire valoir l’image des vases communicants : sur l’un on indiquerait "subjectif", sur l’autre "objectif". On ne peut en remplir aucun : ni le "subjectif" car ce serait demander au sujet de négliger tous les objets qui l’entourent, le couper du réel ; ni l’"objectif" car ce serait demander au sujet de devenir l’objet, ce qui est bien évidemment impossible. Ce n’ai pas la meilleure image que j’aie pu utiliser jusqu’à présent, j’en conviens, mais j’écris un peu dans l’urgence et c’est un point très abstrait. Désolé.
    -----
    Mon exemple : non, ce n’était pas de l’histoire, c’était simplement pour mettre en valeur une vérité indiscutable et la capacité d’un individu de s’extraire du sujet (de lui-même) pour se porter, objectivement, vers l’objet (cette vérité et la justice qui en découle).



  • 2 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 19 décembre 2012 11:11

    @ Near :
    -----------
    Oui, car j’ai dit qu’objectif n’est pas un état mais un mouvement. La désinence "-tif", en français, évoque de l’inchoatif, une action en cours, en devenir, quelque chose vers quoi l’on tend, l’objet en l’occurrence.
    Exemple :
    Je suis en voiture et je brûle la priorité à quelqu’un. Je lui rentre dedans, nous faisons un constat et je lui dit : "Je suis en tort, je vous ai brûlé la priorité". Je suis objectif, j’émets là un jugement sans prendre davantage en considération ma petite personne. Et pourtant, ce jugement émane de moi, en tant que sujet, que personne...



  • 5 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 19 décembre 2012 11:04

    @ Cincinnatus :
    -------------------
    Bonjour à vous. Je vais faire tout de suite le pari que vous êtes Philippe Landeux (dites-moi si je me trompe...) : Cincinnatus avait, lui aussi, la réputation d’avoir été un homme incorruptible.
    ------
    Je partage l’avis de gerfaut sur la facilité qu’il y a à incarner tout une catégorie d’"affreux" sous le vocable de "bourgeois". Je ne nie pas que la bourgeoisie puisse être assimilée à une "classe", je dis que les contours en sont pour le moins très poreux. Nous sommes tous les bourgeois d’un autre : chacun aspire à toujours plus, chacun envie les mieux lotis et les parvenus ont souvent tendance à oublier d’où ils viennent. Voilà le principal reproche que je ferai, pour ma part, aux méchants "bourgeois".
    La bourgeoisie est, pour moi, un processus davantage qu’une catégorie figée dans le temps et l’espace.
    ------
    Pour en revenir à la Constituante, je trouve assez maladroit d’opérer une dichotomie entre plusieurs "Révolutions" : 1789-1792, 1792-1794, 1794-1799, grosso modo. Car la réaction thermidorienne devait nécessairement émerger de la Terreur, et la Terreur de la Constituante. Chaque outrance a une responsabilité dans l’apparition de l’outrance opposée. Vous dites - et c’est la mode en ce moment - que les bourgeois de 1789 ont accaparé la Révolution à leur profit. Mais sans la bourgeoisie, il n’y aurait jamais eu de Révolution !!! Quelques jacqueries tout au plus, rien d’autre. Les masses ont besoin de têtes pensantes, que celles-ci se nomment Saint-Just, Barnave, Carnot, Robespierre, Hébert, Danton, Mirabeau, Brissot, ou Marat.
    Robespierre, effectivement, a davantage tablé sur la faculté du peuple à s’autogouverner, mais ça ne fait pas pour autant de ses opposants des salauds ! J’ai essayé, sur Agoravox, d’initier un débat sur la figure de Condorcet (avec un titre provocateur, pour attirer le chaland). Celui-ci ne peut être accusé d’avoir voulu spolier le peuple, or il se trouve qu’il était pour le gouvernement représentatif, assorti de la mise en place d’une instruction publique. Et en effet, mettre de côté l’immense problème d’un peuple à la fois souverain ET analphabète était purement démagogique de la part de Saint-Just et de son entourage.
    À ce sujet, avez-vous lu Le nombre et la raison, de Gueniffey ? Il est très éclairant sur les tenants et aboutissants du suffrage durant la période révolutionnaire.
    ----------
    Au sujet de Robespierre :
    Je trouve proprement stupide d’aller comparer Robespierre aux grands dictateurs du XXe siècles. C’est, ou bien méconnaître l’histoire, ou bien être fourbe et spécieux. Robespierre, comme l’a dit plus haut Machiavel1983, a certainement été entraîné dans une spirale qui l’a dépassé et a sombré dans une sorte de folie meurtrière.
    C’est donc un personnage passionnant, mais de là à en faire un héros, je trouve ça surprenant.
    Et d’un autre côté, en me penchant sur la question, je me dis ceci : de nos jours, les gens en ont marre du système actuel, de la corruption, des crapules, de l’esprit de parti et des bonimenteurs, de l’incompétence de nos dirigeants comme de l’impuissance de nos institutions. Le pognon gangrène tout. Alors, les plus éclairés parmi le peuple se disent : "ils nous faut une figure propre dans notre histoire nationale, un homme sans taches"... et cet homme, c’est l’"Incorruptible". Peu importe qu’il ait fait tomber quelques têtes, celles-ci étaient des têtes possédantes ou en passe de le devenir, sur le dos du bon peuple.
    D’où ce nouvel engouement pour Maximilien, d’où la profusion de vidéos de Chouard ou de Guillemin, etc.
    D’où, également selon moi, une nouvelle outrance qui menace, dans le ras-le-bol général de notre époque corrompue.
    Suis-je à côté de la plaque ?

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