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Éric Guéguen - Agoravox TV

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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
--------------------------------
 
« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : chl91@hotmail.fr
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

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  • Premier article le 05/12/2012
  • Modérateur depuis le 28/02/2013
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Derniers commentaires




  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 26 décembre 2012 11:54

    @ Piloun :

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    Je comprends tout à fait que l’on puisse trouver intéressant, voire passionnant le personnage de Robespierre. Je peux même envisager qu’on le trouve sympathique ! Mais ce qu’en dit précisément Guillemin, c’est affligeant (je l’ai écouté il y a une dizaine de jours). Il en fait quasiment un martyr !

    ------

    Question subsidiaire :

    Prenez Napoléon : a-t-il gagné dans l’histoire ? A-t-il des rues à son nom ? Non, contrairement à Robespierre. N’a-t-il pas pourtant compté dans la construction de la France contemporaine ? Comment expliqueriez-vous cela ? Guillemin, lui, trouverait ça tout à fait logique, car s’il ne fait pas dans la demi-mesure au sujet de Robespierre, il agit de même vis-à-vis de Bonaparte. Sa vision des choses est clairement partisane.

    ------

    De manière générale, pourriez-vous me trouver un exemple parmi nos contemporains de quelqu’un remettant Robespierre à l’honneur sans une idée derrière la tête ? Piloun, je suis désolé mais je demeure convaincu que l’amour qui sourd aujourd’hui pour Robespierre doit s’évaluer à l’aune de la haine que suscitent nos hommes et femmes politiques. Et ça, à mes yeux, ce n’est pas gage de sérieux, même si je veux bien reconnaître que l’on a tôt fait de diaboliser l’Incorruptible.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 25 décembre 2012 15:16

    @ Piloun :
    -------------
    J’essaie d’être dans la mesure, et je n’ai pas dit que les Girondins n’avaient pas des intérêts personnels à défendre dans l’histoire.
    Mais il souffle un vent populiste dans toutes ces interprétations récentes de la Terreur, sûrement venue d’un dégoût contemporain du système représentatif, d’un ras-le-bol général de la finance, etc. Il faut arrêter d’idéaliser les personnages les plus emblématiques de notre histoire en portant aux nues ce qui les distinguent de nos clowns actuels et en minimisants leurs méfaits.
    Celui qui parle de Robespierre comme d’un saint homme est aussi grotesque que celui qui en parle comme d’un Hitler en puissance. L’histoire est passionnante, mais lorsqu’on lui demande de juger nos mœurs contemporaines, on ne lui rend pas service. Et je demeure persuadé que cette "réhabilitation" (qui n’en est pas une, les rues Robespierre ont toujours fleuri en France) a avant tout pour but de disqualifier la politique actuelle (qui, en outre, n’a pas besoin de ça pour être détestée)
    En outre, cette haine de la bourgeoisie (légitime) demeure aveugle au fait que la modernité a fait de nous TOUS des bourgeois en puissance.
    Chacun pour sa gueule ! Sus à l’ennemi déclaré (qui l’étranger, qui le possédant).
    Modernes contre modernes, en somme...



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 23 décembre 2012 23:55

    @ Cincinnatus :
    -------------------
    Bonsoir.
    Ce que je disais de la bourgeoisie n’avait d’autre dessein que de relativiser l’"humanisme" révolutionnaire. En notant que nous sommes toutes et tous le bourgeois d’un autre, on se rend compte à quel point, dans une perspective utilitariste et matérialiste, seront toujours vaines toutes les révolutions de l’histoire, fût-ce avec des incorruptibles à leur tête.
    --------
    Je sais que Sécher était assez dogmatique dans son intervention, plus que vous ne l’avez été, c’est indéniable et ça m’a un peu déçu de sa part.
    En revanche, quant à la guerre aux frontières, je ne suis pas du tout d’accord. Personne ne pourra jamais prétendre que les monarchies ne se seraient pas liguées tôt ou tard contre la France.
    L’Angleterre, notamment, soucieuse du concert des nations sur le continent, fomentait très tôt ses coups bas à l’encontre des Cromwell bouffeurs de grenouilles, en stipendiant toutes les monarchies autour de nous. Comment se convaincre que notre commerce extérieur eût été le même sans que ces monarques ne se soucient bientôt de voir de nouvelles mœurs percoler à travers les frontières et pousser leurs propres administrés à une prochaine révolte ?... La révolution portait en elle des germes contagieux.



  • 2 votes
    Éric Guéguen Éric Guéguen 20 décembre 2012 11:52

    @ Cincinnatus :
    --------------------
    Bonjour à vous.
    Je voulais ajouter en quoi certains arguments de Reynald Sécher sont recevables vis-à-vis de sa critique radicale de la Révolution française. Même si je conviens qu’il a été très maladroit en invoquant constamment un lien de parenté entre Robespierre et le couple infernal du XXe siècle (le fol aryen et le mafieux écarlate, pour ne pas les nommer).
    --------
    Les événements qui surgissent dans l’histoire, en France, à la fin du XIXe siècle, marquent l’apparition du peuple sur le devant de la scène. Je sais que, personnellement, n’étant pas de sang noble, je suis redevable à cette période, peut-être l’êtes-vous également. Mais ceci ne m’empêche pas de constater qu’à cela s’est inévitablement ajouté une massification générale de toutes les actions humaines : plus rien ne se pouvait plus concevoir sans que le nombre en soit acteur.
    De ce point de vue, les guerres de la révolution et de l’Empire ont un caractère tout à fait spécial en ce sens qu’elles ont mobilisé comme jamais les populations des pays pris dans le maelström révolutionnaire. La guerre, ainsi perçue, ne devenait plus le seul fait des militaires, mais celui de peuples dans leur entier, hommes, femmes, enfants, vieillards. c’est le début des guerres globales, fruit de la Révolution française. Ceci est indéniable.
    Alors, vous pourrez me dire que Robespierre était contre la guerre, certes, mais je commencerai par vous répondre que le pacifisme était intenable. Comment se convaincre qu’à cette époque un trublion, fût-ce un grand pays comme la France, ait pu couper la tête de son Roi et être allé à l’encontre des principes monarchistes partagés par l’Europe entière, sans que les rois voisins n’aient songé à intervenir tôt ou tard dans un souci d’"hygiène", d’endiguement face aux risques de contamination, puis de destruction de l’élément pathogène ?
    D’autre part,je vous répondrai ensuite que la Révolution française marque un autre tournant qui va précisément "révolutionner" l’ancienne dichotomie ami/ennemi. Dorénavant, toute entité qui ne reconnaît pas les Droits de l’Homme est déclarée ENNEMIE DE L’HUMANITÉ, ce dont Robespierre et Saint-Just ont été l’un et l’autre artisans.La qualité d’ennemi du genre humain est quelque chose d’inédit, que l’on doit aux visées fraternalistes du mouvement révolutionnaire, en particulier à partir de 1793 et du durcissement idéologique. La guerre totale, ou globale aurait ensuite de beaux jours devant elle.
    ------------------------
    Quant à mon laïus sur la bourgeoisie, il s’inscrivait lui aussi dans ce mouvement de massification dont je parlais plus haut. J’entends par là que la bourgeoisie possédante et son égoïsme ne sont que les symptômes d’un bouleversement anthropologique pluriséculaire en germe, qui a peu à peu consisté à rendre odieuses les anciennes hiérarchies fondées sur des valeurs guerrières (avec tout ce que cela comportait de bon et de mauvais) pour les remplacer par des "valeurs" économiques - donc du bourgeois en puissance - qui ont certes élargi le champ des possibles (d’où l’effraction populaire en 1789), mais aussi fomenté de nouvelles hiérarchies, fondées cette fois sur les seules richesses matérielles.



  • vote
    Éric Guéguen Éric Guéguen 19 décembre 2012 15:39

    @ Machiavel1983 :
    -----------------------
    Et mon opinion demeure différente : à compétence et honnêteté égales, deux historiens diffèrent encore du point de vue l’impartialité (plus ou moins consciente), de leur réception du réel, de leur conformation avec la vérité (ce sont les a priori).
    Tout ceci est complexe, mais une chose est sûre : seule la notion de Bien commun peut amener deux historiens à s’amender réciproquement et à faire route, par des chemins différents, vers la vérité.

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