Je trouve votre vision très caricaturale. Quand je pense que nos Roys et l’église ont fait la France, et promus la science et les arts pour inspirer le peuple. Toutes ces nouvelles possibilités qu’ils ont ainsi offert par leur volonté de progrès ont ouvert à notre génération des tas de libertés nouvelles, insoupçonnables alors. . S’il y a eu des frictions entre la science et l’Eglise, c’est bien que l’église s’en occupait et qu’elle poussait constamment à la recherche de vérité. Les chiffres arabes ont été introduits par un pape. L’observatoire du Vatican date du XVIème siècle. L’Eglise promouvait l’équivalence des hypothèses géocentriques et héliocentriques. Tout pouvoir peut être injuste sur un millénaire, il n’y a pas de système parfait. Mais compiler les injustices sur 1 millénaire et les présenter comme consubstantiel du pouvoir en question, c’est aussi injuste. On peut en trouver largement plus depuis 200 ans si l’on veut. . Saviez-vous que le premier homme à avoir voler dans les airs est un français ? Mongolfier. . Il est vrai que le respect était dû à l’autorité. Mais que m’importe d’être irrespectueux envers l’autorité, si celle-ci m’écoute, me considère dignement, et organise la société de manière à accroître mes possibilités futures ? . Y-a-t-il donc encore une liberté quand la vie devient impossible ? . N’est-ce pas la révolution qui a installé le capitalisme, ouvrant ainsi la porte à la concentration sans fin du capital, et à la mise sous tutelle des ouvriers ? . Les gens étaient plus libres sous l’ancien régime. Il leur suffisait de s’abstenir d’attaquer l’institution, ce qui est faisable pour tout homme maître de ses nerfs. En ceci, d’ailleurs, rien n’a changé, même si c’est plus vicieux aujourd’hui. Ils avaient le droit de remontrance, certes avec respect, envers l’autorité. Chacun pouvait s’en remettre en dernière instance au Roy. Ce qui avait été accordé une fois ne pouvait être remis en cause. . Le tiers-état avait le privilège du commerce et se chargeait bien de le faire savoir à la noblesse ! Position qu’il a pu défendre ... jusqu’à la révolution...
Il est évident que celui porté au pouvoir n’a pas toujours matériellement le temps de demander l’avis de la population pour savoir ce qu’elle exige et donc, il agit souvent de son propre chef. . De plus, la population, du fait de son grand nombre (bien plus grande qu’une cité grecque) est traversée par de multiples opinions contradictoires, dont une synthèse exhaustive prendrait un temps infini et serait donc sujette aux désidératas de celui qui la réalise. C’est donc une excellente raison pour le chef d’invoquer l’urgence et ne demander l’avis de personne (comme pour le renflouement bancaire...) . Dans le système actuel, je le répète, il n’y a pas de volonté générale, mais il n’y a que des volontés particulières, vouées à une éternelle confrontation. La notion de volonté générale est une notion abstraite, sans existence réelle, contrairement à l’accord qui est concordance réelle de volontés particulières. Du fait de son abstraction, cette notion de volonté générale est donc manipulable à merci, ce qui permet à bon compte d’agir en dehors de tout accord concret : la publicité d’un sondage d’opinion favorable suffit à justifier l’action. . La démocratie n’est possible qu’à un petit niveau, dans les groupes dont la taille permet aux gens d’avoir matériellement le temps de s’accorder. . Au niveau de l’Etat, celle-ci est totalement infaisable concrètement, et les pseudo-instruments inventés pour compenser cette impossibilité (sondage d’opinion, presse, suffrage, partis) sont tellement manipulables que l’état se trouve chaque fois emparé par les oligarchies, qui peuvent alors l’utiliser en faveur de leurs intérêts particuliers, certes en prenant garde de ménager les apparences. . Le fait de devoir inventer tout un tas de règlements pour en compenser les failles, comme le firent les grecs, n’est que la démonstration de la non-fonctionnalité en pratique du concept, révélant que le fonctionnement réel de la démocratie n’est jamais conforme à sa désignation. . Cette profusion et sophistification croissante des règlements de la démocratie pour s’auto-encadrer en fait un processus totalitaire. . C’est un phénomène similaire au libéralisme pour lequel certains déduisent de ses résultats catastrophiques la nécessité de l’appliquer d’avantage. L’UE abonde en règles sur tous les aspects pour "libéraliser" et mettre en concurrence. . Ainsi est le lot des fausses théories. Elles finissent en jus de boudin. Non fonctionnelles, rejetées par le réel, elles s’essayent à le forcer, mais la réalité s’en défend alors avec une vigueur insoupçonnée. Ainsi voilà l’homme orgueilleux ramené à sa modestie !
Comme quoi, du plus loin que l’on regarde tant à droite, tant à gauche, ils n’ont que ce mot à la bouche : "démocratie, démocratie". Pensée unique par excellence. . La démocratie s’est la permission de se taper sur la gueule... Une fois cette petite graine semée, le combat devient logiquement obligatoire : tout le monde est candidat. . Et ça continue encore et encore. Bientôt ce corps désuni sera mort. . La subversion ultimes pour désamorcer ces sophismes ? Vive Dieu, Vive la France, Vive le ROY !
Démocratie, démocratie, mais est-ce au moins possible ? . La France va-t-elle mieux quand elle élit pour Roy un intérimaire en cdd de 5 ans ? . Il n’y a pas de démocratie, personne ne la veut. Ils se battent tous pour qu’elle n’existe pas. Ce combat institutionnalisé coûte bien plus cher en pratique que s’il n’y en avait pas. . La démocratie ne fait pas émerger l’idée de bien commun ; la démocratie fait émerger une lutte sans fin entre pouvoirs particuliers. . Plutôt que d’institutionnaliser la lutte pour le pouvoir, qui donne le pouvoir de lutter, telle la tumeur combat son corps et le mène à sa mort, il faudra institutionnaliser l’amour au pouvoir, ce qui donnera le pouvoir d’aimer, tel l’organe aime son corps en participant à sa vie. . 200 ans de sophismes. Les dégâts sur la rationalités sont grands !