Cette évidence n’est pas imposée par l’état mais par une décision de justice d’un tribunal international. Rien n’interdit d’effectuer des recherches sur les crimes qui ont été condamnés par ce tribunal.
Tout ce que cette loi interdit c’est de contester la réalité de ces crimes : « Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article
24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23,
l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont
définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international
annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit
par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de
l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de
tels crimes par une juridiction française ou internationale. »
La liberté d’expression, comme toutes les libertés, a ses limites. Y aurait-il atteinte à la liberté d’expression si on condamnait un médecin pour avoir des pratiques fantaisistes basées sur une théorie fumeuse dont il est l’inventeur et le propagandiste ?
Faut-il vous rappeler que le code pénal allemand interdit de nier ou de minimiser l’importance du génocide pratiqué par les nazis ? Et que le 6 septembre 1995, la cour européenne des droits de l’homme a jugé irrecevable la plainte de l’ancien officier nazi Otto Ernst Remer, qui avait été condamné en octobre 1992 à une peine de prison pour incitation à la haine raciale et négation de l’Holocauste ?
Votre phrase :
’’Quant aux falsificateurs, s’il en existe, ils seront ridiculisés dans la
pleine lumière du libre dialogue au lieu d’être vénérés dans la
clandestinité où personne ne peut légalement leur répondre.’’
est un sophisme, d’autant plus que rien n’interdit de répondre à un négationniste, fusse dans la clandestinité ; la loi Fabius-Gayssot n’interdit pas d’être négationniste dans son for intérieur mais d’en développer publiquement des arguments.
J’ajoute que mes parents n’étaient pas juifs, que je suis antisioniste, que j’étais lecteur de Charlie Hebdo depuis qu’il s’appelait Hara-Kiri Hebdo, et que je ne le lisais plus depuis l’arrivée de Val. Si Dieudonné se retrouve en taule parce qu’il a fraudé le fisc, c’est son problème de citoyen, pas celui de la liberté d’expression.
Il est fort curieux que des accusés qui ont eu toute liberté de paroles et qui furent défendus par des avocats, que ce fut à Nuremberg, lors du procès d’Adolf Eichmann, ou lors des nombreux autres procès de tortionnaires nazis, n’aient jamais remis en cause l’existence des crimes de masse, de la Shoah par balles, et des chambres à gaz ; mais que vous, comme d’autres, prétendiez avoir le droit de remettre en cause cette réalité et celle des témoignages des milliers de victimes qui ont attesté de la réalité de ces crimes et de la façon dont ils ont été perpétrés.
On peut toujours débattre des mécanismes, des responsabilités, des dates, etc, ... mais pas de la réalité de ces crimes et des méthodes employées, et de la réalité des preuves qui ont été apportées par l’accusation et qui n’ont pas été remises en cause par les accusés. Ils ont simplement prétendu qu’il n’étaient pas impliqués dans ces meurtres, ou qu’ils avaient agi sur ordre et sans être d’accord, comme le prétendait Eichmann.
De quoi parle Adolf Eichmann dans cet extrait de son procès :
La liberté de parole s’arrête là où commence celle des autres et où commence la vérité historique quand elle a été jugée par un tribunal international.