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iakin

Se construire à l’opposé des gens que l’on méprise ne vaut pas mieux qu’imiter les personnes qui nous dominent. L’anti-conformiste est un conformiste qui s’ignore.

Tableau de bord

  • Premier article le 24/02/2011
  • Modérateur depuis le 18/04/2011
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Derniers commentaires




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    iakin 11 mars 2011 03:20

    Merci Erca.
    Je vais lire ça pour voir.
     
    Par contre je ne connais pas du tout Enquête&Débat... qu’est-ce que c’est comme site d’information ?



  • 2 votes
    iakin 11 mars 2011 02:33

    Non pas que je trouve que ce qu’il dit est faux ou inintéressant, bien au contraire, mais à mon avis cela ne l’exempte pas pour autant des critiques.
     
    Tout d’abord "pourquoi l’Europe est-elle ce qu’elle est... " est une phrase qu’Asselineau utilise souvent et qui est étonnamment vague pour quelqu’un qui se propose d’être à l’avant-garde de la critique de la construction européenne.
    Pourquoi utiliser une expression récurrente comme celle-ci qui empêche de savoir si nous sommes tout d’abord d’accord sur le constat en lui-même avant de savoir comment ou pourquoi on en est arrivé là ? Si j’ai bien compris ses propos, c’est parce que l’UE nous empêche d’appliquer la politique française que nous voudrions, que les Etats-Unis ont collaboré activement à sa construction, que le "non" de 2005 à été bafoué, et qu’il nous propose de s’allier en dépassant le clivage droite-gauche afin d’en sortir en utilisant l’article 49a du traité de Lisbonne.
     
    Bien, voilà pourtant ce qui me gène :
     

    •  Pourquoi se contente-t-il de considérer tous les partis qui proposent de changer ou de sortir de l’UE comme de simples "idiots utiles", complices du système politico-médiatique, même ceux qui avaient déjà vôté "non" au traité de Maastricht en 1992 ? Pourquoi ne s’est-il apparemment pas intéressé à leur programme pour démonter leurs arguments et pour décortiquer leurs raisonnements ?
     
    •  Je trouve tout de même ça curieux qu’il ne dise rien sur les clauses dites "d’opting-out" qui permettent d’émettre des réserves voir de déroger à certains articles du traité de l’UE, comme l’ont fait par exemple les britanniques et les danois à propos de l’euro.
     
    • Mais surtout, pourquoi Asselineau parle-t-il à plusieurs reprises de "Constitution européenne", alors que ne sont que des traités qui nous lient à l’Union, que le "traité établissant une Constitution pour l’ Europe" n’était pas juridiquement parlant une constitution, et n’a de toute manière pas été ratifié par tous les états membres ?
     
    • Pourquoi ne dit-il pas non plus que les directives européennes, lorsqu’elles deviennent effectives, priment sur les législations de chaque pays membres à condition qu’elles ne soient pas en contradiction avec les constitutions nationales ?
    Il ne nous informe pas que, pour cette raison là justement, la plupart des états membres ont du amender leurs constitutions pour permettre le transfert d’une parti de leur souveraineté aux institutions européennes.
     
    Ce qui en clair veut dire que notre parlement national pourrait voter de nouvelles lois constitutionnelles pour récupérer sa souveraineté s’il le désirait. Comme a essayé de le faire par exemple le Parti de Gauche pour contre-attaquer sur la question de la souveraineté budgétaire :
    http://www.dailymotion.com/video/xfzrcl_martine-billard-02-12-10-rapport-ppl-svnte-fiscale_news
    http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r2983.asp
     
    • De la même manière, pourquoi Asselineau ne parle-t-il pas de l’arrêt de Karlsruhe de 2009, qui dénonce de manière relativement diplomatique que le traité de Lisbonne viole la constitution allemande ? Ceci appuierait pourtant assez fortement sa démonstration...
    http://www.fondation-res-publica.org/L-arret-du-30-juin-2009-de-la-cour-constitutionnelle-et-l-Europe-une-revolution-juridique_a431.html
     
    • Enfin, lui qui se dit républicain, et nous dit vouloir libérer le peuple de France, pourquoi ne propose-t-il pas, non seulement de sortir de l’UE, mais plus simplement encore la relance du processus républicain ?
    C’est à dire l’élection d’une Assemblée Constituante qui nous proposerait par référendum une constitution pour une VIème république, garantissant tous les points sur lesquels nous ne voulons pas d’ingérence de la part de l’UE, et où nous désirons la garantie de notre souveraineté.
    Asselineau, qui condamne pourtant sévèrement la construction anti-démocratique de l’UE, pourquoi ne condamne-t-il pas aussi de la même manière la Vème république française dont la constitution a été rédigé en catimini par une commission inter-ministérielle non élue, sélectionnée par De Gaulle, à la suite de la crise politique due au putsch des généraux d’Alger ?

    • Et pour rajouter encore une dernière chose, je voudrais remarquer que bizarrement il ne cite aucun travail de chercheur, de juriste ou d’historien, alors qu’il y en a et qu’il aurait très bien pu les utiliser, les citer, pour appuyer ses discours ou pour nous donner d’autres pistes de réflexion.
    C’est que contrairement à ce qu’il cherche un peu à nous faire croire, Il n’est pas le premier à dénoncer la construction européenne...
    Pour preuve, une conférence d’Annie Lacroix-riz qui fait part de ces travaux d’historienne, publiés en 2007 sous le titre "L’intégration européenne de la France : la tutelle de l’Allemagne et des Etats-Unis" :
    http://www.dailymotion.com/video/x6s90y_europe-mythe-et-realites_news
     
     
     
    N’étant personnellement pas prêt à voter pour un parti qui n’a pas de ligne politique, je me doute que si je cherchais à poser ces questions à Asselineau j’ai bien peu de chance de recevoir des réponses, et puis j’ai tout de même quelques idées sur la question.
    Mais vu que tout cela m’intéresse quand même, s’il y a des militants ou des sympathisants qui peuvent un peu m’éclaircir sur ces points là, ce serait avec plaisir.


  • 2 votes
    iakin 10 mars 2011 23:44

    Le pire c’est qu’il a vraiment l’air de croire ce qu’il dit... il est fortiche quand même, l’enfoiré.
     
    Bon ben il va vous falloir vous bagarrez avec lui si vous voulez gagner les électeurs UMP, et c’est pas gagné parce que sa stratégie de com est tout de même plus fine et perverse que celle des autres gros lourdeaux de droite. Perso j’avais déjà trouvé ça rigolo quand il avait mouché Le Pen sur l’émission de BFM après lui avoir proposé d’écouter ce qu’elle avait à dire sur le retour au franc.
     
    Bon courage, hein !



  • 5 votes
    iakin 10 mars 2011 12:58

    Je n’ai pas vu cette émission de Taddeï, et si je me fie à l’extrait que vous avez posté, je trouve effectivement les questionnements de Tillinac plus posés que les propos limites aberrants de Gaccio qui imagine l’avenir comme une gigantesque partouze mondiale... et pourtant on ne peut pas dire que j’ai en moi la fibre nationaliste.
      
    Mais en ce qui me concerne je ne peux pas m’empêcher de voir là un peu les deux faces de la même médaille, je ne comprend comment ils peuvent ressentir l’un comme l’autre si profondément la dissolution de la culture ou de l’identité française, que ça soit pour le déplorer ou pour s’en réjouir... bien que c’est vrai qu’en ce moment nous souffrons de beaucoup de conformisme et que nous produisons surtout un gros paquet de merde sans intérêt, il n’est pas nécessaire non plus de retourner des millénaires en arrière pour percevoir le rayonnement de la France. Il faut croire que le monde est apparu en 1980 pour s’effrayer de la disparition de notre pays...
     
    Quand à la disparition du clivage droite/gauche au profit de la question identitaire... la ficelle est un peu grosse tout de même. Il me semble qu’au contraire on perçoit rapidement les limites de l’analyse nationaliste lorsqu’il s’agit d’expliquer la crise actuelle, et même si mettre tous les problèmes sur le dos de la construction européenne peut avoir un certain succès de prime abord, on s’aperçoit que lorsqu’il s’agit d’aborder la questions des conflits mondiaux par exemple la droite se retrouve rapidement coincée entre une approche légèrement marxisante (qu’elle n’ose apparemment pas approfondir) et la traditionnelle guerre de civilisation/religion auxquelles je pense relativement peu de français ont envie d’adhérer.
    D’où les contradictions auxquels le FN commence déjà à faire face, comme par exemple le fait de parler des immigrés comme des victimes de l’exploitation patronale d’un côté, et de l’autre comme des sauvages qui veulent nous envahir.
    NDA, lui, va devoir s’affronter au fait qu’on ne peut pas non plus mobiliser les classes populaires tout en continuant à traiter les chômeurs de fainéants ou de délinquants.
    Et Asselineau va s’apercevoir un de ces quatre qu’on ne peut pas en même temps dénoncer l’Union Européenne, défendre la Vème république gaulienne, et refuser le nationalisme.
     
    Donc malgré tout le carnaval qu’on nous en fait sur internet, et maintenant même un peu dans les médias, tout ça est un peu déjà voué à s’effondrer.
     
    Enfin vous n’échappez pas non plus aux contradictions quand vous mettez dos-à-dos les altermondialistes et les nationalistes... parce qu’entre les deux, qui est-ce qui défend l’idée de "consommer localement", qui est-ce qui se remet à planter des légumes dans son jardin et en revient aux recettes de grands-mères ?
    Se passer de voiture, arrêter de se taper des gros films américains, accepter de manger moins de viande et d’arrêter d’exploiter les autres, est-ce que ça convient vraiment à la virilité d’une société nationaliste ?



  • 11 votes
    iakin 10 mars 2011 01:46

    C’est que vous n’avez pas tout à fait compris pourquoi il fait allusion Louis à IX...
     
    Comme vous le dites, saint Louis est un personnage qui jouit effectivement d’une certaine aura dans l’histoire de notre pays, et même si on peut penser qu’elle n’a rien à y faire, ce n’est tout de même pas pour rien non plus qu’une statue le représente au Sénat.
    Aussi Sarkozy peut citer son nom lors d’un discours concernant l’Eglise sans se prendre pour autant une volée de bois vert de la part de républicains, puisqu’il y aura des gens comme vous de toute manière qui connaissent un peu l’histoire et viendront défendre la cause.
     
    Mais ce n’est pas le fait de citer saint Louis que dénonce Mélenchon. D’ailleurs Sarkozy ne dit rien de particulier à son sujet, et ne fait que le placer parmi d’autres dans une liste de noms illustres.
    Ce que dénonce exactement Mélenchon, c’est la stratégie de Sarkozy qui consiste à :
    D’un côté se faire le défenseur d’une laïcité positive qui garantirait à tout citoyen le droit de vivre librement sa foi religieuse, y compris dans l’espace public.
    Et de l’autre se faire, auprès de la diplomatie et des relations internationales, le rapporteur de la théorie d’Huntington qui oppose la civilisation judéo-chrétienne à la civilisation musulmane.
     
    C’est en associant les deux que l’on s’aperçoit de la perversité du truc, car en modifiant la notion de laïcité sous des prétextes de tolérance tout en menant la guerre aux musulmans sous des prétextes civilisationnels, ça consistera finalement à ouvrir purement et simplement l’espace public aux cléricalismes judéo-chrétiens... ce que les français auraient d’ailleurs bien du mal à digérer si on ne travestissait pas tout ça sous des allures de tolérance et de conflits identitaires.
     
    Aussi lorsque Mélenchon fait allusion à Louis IX ce n’est pas pour en faire le bilan de sa politique, si vous n’y voyez que ça c’est que vous avez loupé le plus gros... ou alors que cela vous arrange bien de voir la chose ainsi.
    Mais c’est tout simplement une pique, plutôt bien placée il me semble, pour mettre en évidence qu’il n’y a même pas de cohérence entre les prêtres et les rabbins, puisqu’alors même qu’ils se battent ensemble contre un soit-disant ennemi commun, les uns ont encore dans leurs références historiques des personnages qui ont durement persécutés les autres.
     
    Evidemment, c’est un autre style que les petites vannes toutes faites que l’on s’envoie à la figure...
     
    Cette "anecdote", ce "détail" de l’histoire, ne manquera pas en tout cas de parler aux juifs, si ce n’est aux autres, et pourrait au mieux amener ceux qui ne sont pas encore convaincus de l’intérêt de la laïcité de se repencher sur la question, au pire de s’apercevoir qu’ils n’ont pas non plus que des amis chez les chrétiens...

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