@Hijack ... "c’est comme si tu tirais une flèche d’un côté du désert de Gobi ... pour viser une cible dans le Groenland et que tu fasses mouche ... malgré les vents, les différences de températures et aléas du climat ... "
Ce type d’argumentne pourra jamais donner le sentiment du divin à celui qui n’a aucune intuition de la transcendance. Certains êtres humains penseront toujours que le hasard combiné à une durée infinie rend tout possible ; bref, que celui qui gagne au loto ne gagne que parce qu’il y a des millions de perdants. Selon leur raisonnement, si tu peux tirer une infinité de flèches pendant une infinité de temps, toutes les cibles possibles et imaginables finiront bien par être atteintes en leur centre à un moment ou à un autre, et cela de manière purement mécanique. C’est dans cette disposition d’esprit qu’une âme sèche peut demeurer insensible à la beauté de l’univers : en restant dans le quantitatif (ce qui se mesure), sans jamais percevoir la qualité (qui ouvre sur l’incommensurable). Mais celui qui perçoit la grâce de l’univers, cette qualité qui ne se mesure pas, n’a pas non plus besoin d’argument théologique pour être convaincu de quoi que ce soit. Car il peut — ne serait-ce qu’en certaines circonstances singulières — vibrer à l’unisson de la vie universelle (que tu peux appeler Dieu si tu le sens comme ça) et cela est suffisant.
Tepa était un "homme de coeur" dans tous les sens de l’expression, ce qui implique la bienveillance, la franchise et le courage. Je voudrais justement insister sur cette dernière qualité de Tepa, qui n’a peut-être pas été encore assez mentionnée : son courage.
Car du courage, il en fallait, pour lancer et poursuivre avec ténacité, malgré les embûches et les menaces, un travail d’information à contre-courant de la pensée unique. Faisant fi des consensus tièdes, Tepa a ouvert son émission à une quantité de personnalités "controversées", et même "interdites". Quand on lui en faisait le reproche, d’un côté ou de l’autre, il répondait avec aplomb que son émission était justement conçue pour donner la parole à ceux qui ne pourraient pas la trouver sur des plateaux plus convenues.
"Ici, un ouvrage, bien oublié, peut être rappelé. En 1938, René Daumal, essayiste et spécialiste du sanscrit faisait paraître La Grande Beuverie, tableau sidérant, satirique et apocalyptique du monde social et culturel de l’époque. Rabelais et Père Ubu. Où se reconnaissent les « Explicateurs de discours » partagés entre d’une part les « Explicateurs d’explications » comprenant les « scients » divers et variés et d’autre part les « Moijes » parmi lesquels abondent « Borborygmomanciens », « Esthéchiens » et autres « Philophasistes ». Tous ces « Politologues », « Psychographes » et « anthropographes » « flattent les Scients en arborant la règle et la balance et les Sophes en affichant le mépris de l’immédiat et du proche » " https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-2010-3-page-115.htm
@maQiavel Je viens de lire le communiqué où Tepa décrit sa situation et annonce sa maladie. Je l’ignorais. Lire cela après avoir pris connaissance de son décès est assez émouvant. https://www.youtube.com/watch?v=1bAueEtyppM