"Mais alors pourquoi limiter l’interdiction aux espaces couvert assurant un service public et ne pas l’étendre à tous les lieux couverts comme les restaurants ou les magasins ? Votre parapluie ouvert n’ y ont pas plus de fonction pratique."
C’est envisageable aussi, c’est une question de placement du curseur. Disons que le voile chariatique entre plus nettement en conflit avec une république de neutralité religieuse dans un espace officiellement républicain... que dans une boulangerie. Mais pourquoi pas aussi, ça peut se discuter, en effet.
"Sinon, que pensez vous de la pénalisation du signe de la quenelle ?"
C’est une imbécillité car la quenelle d’une part n’est pas un signe nazi et d’autre part s’inscrit parfaitement dans la tradition populaire de l’humour gaulois grossier. Rien à voir avec le voile chariatique qui est présenté par celles-là mêmes qui le portent comme une expression religieuse à laquelle elles estiment devoir donner la préférence lorsqu’elle entre en conflit avec le principe de neutralité religieuse qui s’impose, ne serait-ce que par bienséance, dans l’espace républicain. La quenelle a été pénalisée par indigne soumission de l’Etat français à une minorité chialeuse et chiante à qui il déplaît par malentendu ; le voile chariatique, c’est exactement l’inverse : il est visuellement imposé à une immense majorité de gens qui le détestent pour de bonnes raisons, mais toujours pour ne pas froisser une minorité chialeuse et chiante. Dans les deux cas, c’est du marxisme culturel qui produit ses inversions absurdes où les Français doivent nier ce qu’ils sont et céder leur espace à des minorités communautaires agissantes. Il faut réintégrer la quenelle dans l’espace légal car elle participe du bon "rire-ensemble" républicain et bannir tous les comportements communautaires exotiques outranciers et fanatiques qui polluent l’espace public. Et plus, la quenelle est un appel à la liberté tandis que le voile chariatique un appel à la soumission.
@maQiavel "Je ne pense pas avoir à aucun moment tracé une ligne de démarcation stricte entre un caractère objectif qui relèverait de la science et un caractère subjectif "
Il m’avait semblé comprendre de votre propos que vous estimiez que ce qui est objectif peut plus facilement se légaliser : par exemple un tas d’ordure donc la toxicité est bien objective. De mon côté, je vous dis qu’il existe aussi une grande partie de nos lois qui se réfère à la subjectivité — non pas personnelle, bien entendu ! — mais collective. Par exemple, concernant le fait de cacher son visage dans la rue, le problème posé n’est pas seulement celui de la mise en péril de la sécurité sur un plan objectif, mais aussi celui de l’impossibilité de faire société avec des voisins sans visage.
@Hijack ... On peut être d’accord ou pas avec ses analyses mais pourquoi diable chercher à imaginer des intentions cachées chez Zemmour ? Pourquoi ne serait-il pas tout simplement sincèrement convaincu de ce qu’il dit ?
@maQiavel "Je rajouterai qu’une majorité peut aussi se croire tout permit en restreignant des droits à des minorités (...)"
Oui, ça peut aussi arriver. Mais vous n’avez pas l’impression que ça fait des dizaines d’années que ce sont les minorités qui font chier tout le monde en France, en voulant imposer leurs problématiques minoritaires à l’ensemble de la population (qui a aussi ses problèmes, mais que la classe médiatico-politique traite par le mépris et la répression sanglante) ?
@maQiavel "Il n’y a pas besoin de croire en une ligne de démarcation claire et nette en toute circonstance entre subjectivité ou objectivité pour considérer que l’évaluation d’un risque par des agences de sécurité intérieure ne vaut pas celle de Bébert du bar du coin."
Bien sûr, mais je ne parlais pas de cela. Vous n’avez pas compris du tout ce que j’ai écrit. Je ne peux pas le redire mieux que la première fois, vous devriez relire.
"Chez moi, une personne qui décide de couvrir sa propre tête ne se croit pas tout permit."
Chez vous, il n’y a donc aucune circonstance et aucun lieu où il convient de se découvrir la tête et où l’on jugerait impoli de ne pas le faire ?
"Si la majorité de la population a l’impression que couvrir sa tête d’un tissu est faire la promotion de quelque chose de détestable ou de faire bande organisée et qu’on estime qu’une interdiction de se couvrir la tête est légitime pour cette raison ( ce qui n’est évidemment pas mon cas ), alors pourquoi limiter cette interdiction aux bâtiments publics ? Cette interdiction devrait concerner tous les lieux publics. Je ne comprend pas la logique. "
Ce choix peut être fait pour des raisons que j’ai déjà données : un voile a une fonction pratique en extérieur (se protéger du vent, du soleil ou de la pluie, etc.) C’est comme un parapluie. Supposons qu’une "Secte des Parapluies" utilise cet objet déployé comme symbole de ralliement et de provocation : ce serait dans les lieux où les parapluies ouverts n’ont aucune fonction pratique que ces objets manifesteraient de manière évidente leur fonction symbolique. Car qui d’autre qu’un membre de la Secte des Parapluies maintiendrait ouvert un parapluie à l’intérieur des bâtiments (dont le toit ne fuit pas), surtout après qu’on lui ait demandé de le fermer !?
"Concernant l’effritement du capital social, si on pense qu’une restriction des droits individuels peut l’éviter, c’est qu’on rêve les yeux grands ouverts."
Vous énoncez là une formule générale plus ou moins vraie mais qui est déconnectée du problème dont il est question (et le développement que vous en donnez après ne l’améliore pas). Ce que vous dites est acceptable en "général" mais pas moins que l’inverse : "Si on pense qu’un laxisme devant les provocations islamistes va éviter l’effritement du capital social, c’est qu’on rêve les yeux grands ouverts." C’est vrai aussi, non ? Ces phrases réversibles ne servent à rien. Si l’on ne veut pas parler comme un rêveur, il s’agit justement de trouver la moins mauvaise des solutions possible dans la réalité. (Sinon, dans un monde idéal, je préférerais une anarchie paisible, donc une communauté sans aucune loi.)