"penseur des nazis", "dérangé mentalement", on est justement là dans le jugement moral sans apporter de critiques de fond...
Je n’ai pas parlé des nazis. "Dérangé mentalement" n’est pas du tout un "jugement moral" (je ne vois même pas le rapport (?) Quand on s’interroge sur les troubles oculaires de Monet ou de Degas, on ne fait pas de "jugement moral" : cela permet simplement de mieux comprendre leurs oeuvres à certaines périodes de leur vie. De même, la cohérence mentale est une donnée incontournable quand on s’interroge sur la qualité intellectuelle d’un penseur.
De plus, je répondais à la première phrase de votre introduction dithyrambique ne constituant pas non plus une critiquede fond mais un jugement de valeur a priori qu’il me semblait utile de nuancer comme je l’ai fait.
"Si on analyse l’évolution de notre société à travers le prisme nietzschéen, on comprend alors que cet égalitarisme, dont le moteur est le ressentiment et non une quelconque marque d’authentique générosité, explique en tout point ce à quoi nous assistons : gauchisme, antiracisme, néoféminisme avec la théorie du genre, lois mémorielles et son cortège de concurrences victimaires, etc... Et on comprend que des lois contre la "haine" telle que la loi Avia constitue en quelque sorte l’aboutissement du formidable moteur que génère le ressentiment. Et du plus dangereux aussi."
C’est vrai, mais je me demande si le ressentiment est la seule clé de compréhension de ce phénomène (même si psychologiquement cela prend effectivement cette forme, même dans des cultures très éloignées du christianisme, comme l’a bien montré le maoïsme asiatique). Car on peut aussi voir ce phénomène de pourrissement de nos sociétés occidentales comme un simple excès d’instinct de socialisation, producteur d’ordre et de stabilité (le féminin). Cette tendance ne serait pas pernicieuse si elle restait équilibrée et en dialogue avec son pôle opposé : l’individuation créatrice (masculine). Concrètement, je veux dire qu’on ne peut pas reprocher au féminin d’être féminin. Les mamans et les grand-mamans veulent généralement que leurs petits évitent les conflits, qu’ils soient bien "polis" et que leur chambre soit bien rangée. Les mères sentent que toute singularité mènent au conflit et que le conflit abîme le nid. On ne peut pas le leur reprocher : c’est le rôle du féminin. On peut en revanche reprocher aux hommes de ne pas s’opposer au féminin et de vouloir toujours rester des enfants : car ramollir devant le féminin n’est pas masculin.
"Friedrich Nietzsche est probablement le penseur moderne le plus brillant."
C’est vite dit, à moins d’envisager une "ténébreuse brillance". Certes, cet homme était intelligent mais il était aussi dérangé mentalement et probablement possédé, instrumentalisé par quelque chose de non-humain qui a finalement détruit son cerveau.