@basile Je ne prononcerai pas sur l’avenir de la Palestine, qui en a vu d’autres depuis 80 ans, mais de mon point de vue c’est l’avenir existentiel d’Israël qui devrait susciter l’inquiétude. Et pas que l’avenir, d’ailleurs, son présent me semble tout aussi inquiétant. Les élections de mi-mandat aux US nous diront bientôt si Israël pourra continuer sa fuite en avant, quelque soit le prochain résultat à la Knesset. L’électeur américain, qui paye le gallon de gasoil deux fois plus cher qu’il y a 1 an, commence à en avoir marre du soutien inconditionnel de la Maison Blanche à Israël, de la distribution d’armes et de dollars à Netaniahu et de la participation à des guerres qui lui coûtes des milliards sans qu’il en sache très bien le pourquoi sauf qu’il faut absolument et inconditionnellement obéir à Israël et à la bande de fachos qui la dirige. Même Finkelkraut, que j’ai écouté récemment, a honte de ce qu’est devenu Israël, c’est dire. Et donc, je pense que Guedj, de ce point de vue, a raison de paniquer, mais s’il lui-même se révèle incapable de comprendre le pourquoi et le comment du fait qu’on puisse lui reprocher aujourd’hui d’être passé du côté sombre de la force. Quand la religion se mêle de politique, la morale disparaît au profit du fanatisme, et les deux ne font pas bon ménage, on le voit bien : Ainsi pour lui ("de tout son être") l’opposant devient le mal, le séculaire raciste universel, le manichéisme apparaît, le jugement disparait, et ainsi s’installe le mal contre le bien. C’est la raison pour laquelle je parle de racisme et non d’antisémitisme. Israël et ceux qui la défendent n’ont plus, pour rempart politique, que l’accusation d’antisémitisme à brandir. Eh bien, personnellement, j’y vois un suicide. On peut baser une légitimité sur un idéal, fut-il victimaire et justifiable, mais baser un roman national sur la supériorité d’un peuple sur un autre, je n’y crois pas. Et c’est ça la réalité. Je n’y crois pas plus qu’une "solution à deux états", cette éternelle rengaine qui est un leurre pour les lâches ou pour les idiots. Deux états, c’est aujourd’hui et on voit ce que ça donne. Si l’on accepte les différences, un état intelligent suffit. Et intelligence et fanatisme, ça non-plus, ça ne va pas ensemble.
"Didier Eribon ne m’a pas dit « sale juif », mais tout mon être l’a entendu"
Extraordinaire,
et tout l’art des défenseurs d’Israël est là : transformer l’opposant politique en raciste. C’est pour moi sidérant que le type le déclare sans complexe et sans se rendre compte de l’énormité de l’amalgame. C’est pour moi une forme d’escroquerie intellectuelle, de fondamentalisme de la pensée ; ce qui est un oxymore, d’ailleurs, car le fondamentalisme, c’est la non-pensée.
Je constate en effet une pression russe à l’ouest d’Orikhiv, sans comparaison avec la débacle à Kostiantynivska, qui à mon avis va tomber sous peu. Mais une question s’il vous plaît : depuis quand y-a-t’il un "front" à Dnipro ?