Nous
assistons au joli spectacle de gens qui se plaignent des conséquences des
systèmes politiques et économiques avec lesquels ils ont toujours composé en y participant
.Qui espèrent que nous avons oublié leur passé sans comprendre non plus le
présent et qui nous proposent en changeant les mots et les apparences de nous remettre sous leur
direction dans les mêmes engrenages.
Un
type bien dans ses pantoufles de droite post-gaulliste à la française même si
comme bien des comédiens il s’en recommande à l’occasion, comme dans un
remords.
Qui
a dit dans sa vie une fois que trop c’est trop tout en se gardant bien ensuite d’en énumérer les conséquences (seconde
guerre d’Irak) jusqu’aux attentats de Daesh en plein Paris entre autres. Son
rival à l’époque, Sarkozy, adepte régulier du pèlerinage à Colombey en période électorale,
avait dit lui qu’au contraire il fallait en rajouter...
Qui
se plaint maintenant que le ciel lui tombe sur la tête en espérant qui sait de
notre part un peu d’admiration émerveillée
→ Faire tomber le mur de la dette (Vaut le détour, très
clair et synthétique , ne vous contentez pas du résumé ci-dessous, vous
gagnerez en compréhension sur un point essentiel et donc vous gagnerez de
l’autonomie de réflexion et du temps).
« La
manière dont les États se financent les met à la merci d’un chantage du
capitalisme financier. Le problème, plutôt que la dette publique elle-même,
c’est bien ce chantage organisé autour d’elle. L’État refinance sa dette auprès
des marchés financiers...
Dans
les mois qui viennent, plusieurs de ces titres de dette arrivent à échéance. Et
la BCE ayant mis fin à sa politique de rachat nets de dettes publiques, nous
allons devoir refinancer au moins une partie de cette dette auprès des marchés.
Jusqu’à présent, cela ne posait pas de problème particulier étant donné le
niveau des taux d’intétrêt. Mais l’inflation nous entraine dans une spirale de
hausse des taux. La BCE, contre tout bon sens, a annoncé pour cet été un hausse
de son taux directeur. Donc l’endettement va dévenir plus cher pour les États
au moment même où la banque centrale arrête son programme pour garantir leur
financement...
Quand
cette exception tant historique que géographique, sortie de l’esprit de néo-
libéraux fanatiques, est devenue intenable pour les tenants même du statu quo
dans l’Union européenne, la banque centrale a inventé un moyen de le
contourner. Entre 2015 et 2022, elle a racheté sur les marchés, de la dette
publique des États, pour la mettre dans ses coffres. Elle a ainsi acquis plus
de 3 000 milliards d’euros de dettes des États européens. 30 % de la dette
publique française est ainsi détenue par la banque centrale, et plus sur les
marchés financiers. C’est ainsi, en contournant largement les traités, qu’elle
a pu éviter à court terme une crise financière généralisée, la banqueroute dans
plusieurs des plus grands États européens et surtout plusieurs des plus grandes
banques européennes notamment allemandes...
Il
faut donc profiter de l’occasion historique qui résulte des sauvetages pratiqués
par la BCE dans la décennie qui vient de s’écouler. Cela nous donne une
occasion historique. Notre banquier central peut acter du fait que la dette
détenue dans ses caisses ne sera jamais payée, que les États n’auront plus
besoin d’aller sur les marchés financiers pour la refinancer. Il peut utiliser
sa capacité à créer de la monnaie pour financer les États. Bien sûr, cette
opération resterait dans le cadre actuel des traités. Elle ne changerait pas
d’ailleurs la nécessité de sortir de ces traités pour établir d’autres règles.
Mais elle constituerait un tournant historique. Pour la première fois depuis 40
ans, la banque centrale serait en Europe du côté des peuples et de leurs États
et non des puissances financières. »
→Une réflexion qui
éclaire assez magistralement l’actualité. Quand vivrons-nous dans une société
où ce genre de réflexion sera naturellement diffusé dans les circuits
médiatiques dans le but d’enrichir et stimuler notre intelligence
collective et nourrir un débat démocratique ?
Merci, très bon niveau de réflexion et d’information d’Olivier
Berruyer comme d’habitude. Il signale que la gauche qui prend les problèmes de la démocratie comme
ceux de l’économie à la racine, dite radicale donc comme si c’était un défaut, évite de signaler les difficultés notamment
liées au poids des marchés financiers dans la possession de la dette et du rôle
de l’euro et des règles de la BCE. Ce serait plus simple si la plus grosse part
de la dette était dans nos mains de français, c’est une évidence, mais n’oublions
pas que nous devons cela à la droite et toutes ses chapelles y compris l’extrême qui ensemble ont participé
aux déséquilibres de nos budgets en faisant de la démagogie avec la fiscalité en
refusant de taxer équitablement les plus riches. Cette difficulté bien réelle n’est
pas escamotée et a déjà fait l’objet d’explications sur les sites de LFI. La France
n’est pas la Grèce et est le deuxième contributeur net du budget européen
donnant plus d’argent au budget qu’elle n’en reçoit en fait. Il serait
difficile et délicat après la sortie du Royaume-Uni de jouer aux apprentis
sorciers en déséquilibrant en fait toute la zone euros quand il vaut mieux pour
les détenteurs de dettes, comme ils le font toujours à une certaine échelle, de
s’arranger pour se faire payer quand même, dans la logique du roulement de la
dette. D’éviter aussi pour ces forces et leurs représentants politiques des
explosions sociales dont ils savent qu’il ne faut plus grand-chose pour qu’elles
se manifestent en devenant contagieuses et difficilement contrôlables au niveau
de l’UE. Et qui va croire que la supercherie qu’est l’extrême-droite est une
solution tenable et durable ? Sur le fond, toute une partie de cette dette
ne sera jamais remboursée.Ce n’est pas la 1ère fois (l’Allemagne entre autres,
a eu une remise de dette en 1953 https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_Londres_sur_les_dettes) car comme le montre
O Berruyer, elle a déjà en réalité été payée et que faire basculer une économie vers une
large satisfaction des besoins essentiels ainsi que les investissements nécessaires pour traverser
au mieux le réchauffement climatique et la raréfaction des ressources est une
manière durable de sortir du piège néo-libéral de cette dette.