100% d’accord avec Machiavel. La monnaie n’est qu’une marchandise dont plusieurs caractéristiques la rendent propice à servir de valeur d’échange. Revenir au troc ne résoudrait rien, une nouvelle forme de monnaie réémergerait nécessairement, tout simplement parce que c’est infiniment pratique pour fluidifier les échanges. Donc effectivement se passer de monnaie signifierait sortir totalement du système marchand. La révolution mentale nécessaire à cela ne me parait pas envisageable à l’horizon de plusieurs siècles. En revanche il y a des choses qui sont de l’ordre du possible, mais qui sont déjà des combats gigantesques. Idéalement il faudrait reprendre au système bancaire son monopole de la création monétaire et redonner celle-ci aux pouvoirs publics dans le cadre de nouvelles institutions. Une telle transformation serait de l’ampleur d’une révolution. En attendant on pourrait également interdire la spéculation ou déjà simplement diviser les banques d’affaires ou de dépôt, ce qui est déjà tout à fait considérable.
@ ffi Il est certain que la possession et l’avoir ne mènent pas au bonheur. Le problème, c’est que la société marchande a besoin de tout ramener à la possession et à l’avoir et qu’elle utilise pour cela des techniques d’une finesse redoutable. Effectivement, la nécessité de la spiritualité revient en force, mais prenons garde qu’elle ne soit pas accaparée par les faux dévots ou bien que la société marchande ne trouve les moyens de la ramener dans son giron. . @Yoann La conclusion est un peu ironique. Mais c’est amusant de voir la crise comme une aubaine pour une fois et non comme une catastrophe. Parce que d’une certaine façon, si le capitalisme se casse la gueule avant d’atteindre un stade dans lequel il aurait réussi à contrôler les esprits et les coeurs, on l’aura échappé belle. On aura évité la défait totale qui est celle Winston Smith à la fin de 1984 : « et maintenant il aimait Big Brother ».
Quelque part la volonté de posséder des marchandises n’est que la forme apparente de désirs plus profonds tels que dominer, susciter l’admiration, voir ses qualités reconnues, éventuellement séduire une femme puis se reproduire etc. Sachant cela, les penseurs du marketing (formule au gout étrange) qui ont une longueur d’avance, viennent se positionner au bon endroit pour détourner l’énergie de ces désirs vers l’acte d’achat. Ce procédé est d’ailleurs devenu indispensable à la survie du consumérisme et du système de production associé, le capitalisme. C’est ce qu’analyse Stiegler en utilisant plutôt les concepts de la psychanalyse, il parle par exemple d’énergie libidinale et non de conatus mais les théories sont parfaitement compatibles dans leurs aboutissements. . Maintenant, Lordon va encore plus loin en décrivant une tentation totalitaire du capitalisme qui cherche à accorder les désirs des employés sur ceux des dirigeants. Le désir ne doit plus seulement servir à écouler la marchandise, il doit également se mettre tout entier au service de la production. Avec la carotte (en mode "entreprise cool") et le bâton (menace de licenciement constamment présente) on pourrait arriver à faire marcher tout ce petit monde ravi et main dans la main vers... le meilleur des mondes (il ne manque que le Soma). . En voyant cet entretien on se dit que, vu sous cet angle, un crash économique peut être salutaire sil nous permet d’échapper à ça !
gaz (comme Erwanet) a un tout petit angle alpha, son désir et le désir de sa hiérarchie professionnelle se confondent, ou alors il est lui même à la tête de son affaire. Tant mieux pour lui. Soit son boulot lui procure des joies intenses, soit il est suffisamment lobotomisé pour faire comme si. Il ne comprend pas que son enthousiasme pour le néolibéralisme économique ne soit pas partagé et il perçoit comme une ingratitude le fait que ceux à qui l’entreprise permet de subsister n’admirent pas leurs généreux dirigeants. Il est sans doute convaincu que sa position, qui lui permet de recevoir une certaine reconnaissance (j’espère parce que sinon ce serait du pur larbinisme), est due à son seul mérite. Cette vidéo, sil prenait le temps de la regarder et à condition qu’il comprenne, pourrait lui apporter un éclairage tout à fait intéressant, susceptible de remettre en doute des certitudes.
Bon effectivement après (re)vérification, c’est un amendement assez négligeable. J’avais visiblement un peu trop envie d’y croire... Sinon je ne sous entendais pas que tu devais assumer les positions de FN en tant que militant, je disais que si MLP avait voté pour le traité transatlantique, tu devais en tirer les conséquences et ne pas faire comme si tu n’avais rien vu rien entendu. En gros avaler ton chapeau, un peu comme je suis en train de faire quoi.