Enfin quand même c’était l’économie numéro un au moment de la création de la zone euro, ça ne s’est pas fait sans eux. D’ailleurs ils ne sont pas idiots et l’euro leur a plutôt profité. Maintenant l’idée c’est quoi ? Que les anglo-saxons savaient que l’euro ne pourrait pas fonctionner, qu’ils ont poussé à sa création pour bloquer les européens et que maintenant ils lancent leurs fonds spéculatifs à l’assaut tout en œuvrant pour maintenir l’euro coûte que coûte ? J’y comprends rien là, c’est encore plus cosmique que d’organiser un vote pour savoir si on doit voter ce truc là.
Sérieusement tu n’as pas l’impression autour de toi que les gens cherchent à comprendre et sont plus à l’écoute qu’il y a quelques années sur sujets économiques, politiques, etc ? Moi j’ai l’impression que le constat de l’impasse et de la nécessité d’une transformation profonde s’est répandu et continue de se répandre. Je ne doute pas de ta bonne foi (contrairement au sujet Rabhi/San Giorgio ), c’est étonnant cette différence de perception.
Les allemands jouent avec leurs cartes, les anglo-saxons jouent avec les leurs. La règle du jeu c’est que le plus fort gagne. Il y a d’un côté la finance anglo-saxonne, puissante c’est peu de le dire, qui livre une guerre sans merci pour la captation des richesses planétaires et tend à gonfler des bulles redoutables. De l’autre côté l’Allemagne qui reste inflexible pour maintenir un euro fort qui pénalise ses "partenaires" de la zone euro mais convient à son économie, à sa population vieillissante et à ses retraites par capitalisation. Qui baisse le coût du travail chez elle pour gagner des parts de marché chez ses voisins dans la zone euro, sape leur industrie puisqu’ils ne peuvent pas réagir sur le plan monétaire, creuse les déséquilibres des balances commerciales et exige des plans de rigueur quand, du fait de ces déficits, des écarts sur les taux d’emprunt apparaissent. On est tenté de penser qu’avec des amis comme ça on a pas besoin d’ennemi... Peut-être que la finance anglo-saxonne est plus dangereuse et plus amorale, peut-être. Mais en terme d’impact sur l’économie française, je me garderais des jugements hâtifs. . Sur l’UE, que les EU aient poussé dans le sens de ce qu’ils considéraient comme étant leur intérêt et que cela ait compté je veux bien le croire, mais de là à dire que l’UE et l’euro se sont fait pour ainsi
dire sans la France et l’Allemagne, c’est quand même pas loin d’être ridicule.
UMPS mais oui je sais... Ce qu’il faudrait comprendre c’est que dans les années 90 le marché a triomphé, point barre. Quiconque disait le contraire ne pouvait s’appuyer sur rien ou presque et se faisait déboiter. Donc effectivement tous les partis de gouvernement ont reconnu le marché comme le maître absolu. Mais c’est en train de changer, pas besoin d’être une lumière pour voir que la croyance dans la toute puissance du marché a du plomb dans l’aile. Les lignes de force vont bouger, c’est évident, tout le monde le sent. D’ailleurs dans ton extrait de Michel Drac il dit que le PS et l’UMP jouent le même rôle mais il commence par dire que des fissures apparaissent au sein du PS. C’est bien de ça qu’il s’agit. De la même manière que l’UMP explose, le PS pourrait exploser et sa gauche pourrait être majoritaire avec le FDG. . Toi tu as décidé que l’Histoire était écrite. Moi je crois que les politiques pèsent s’ils décident de peser et à condition que les peuples décident de compter. Et ils le feront malgré la puissance de l’ingénierie sociale qui travaille à les engluer. Si la France arrive dans une situation à la grecque, l’Europe sera méchamment secouée. Et il faut aussi arrêter avec les maîtres du monde. Certains en profitent encore un peu comme des braqueurs qui essayent in extremis de remplir un dernier sac de billets mais globalement la situation échappe à tout le monde. Tu penses que Todd n’a pas compris, je pense au contraire que c’est un des rares aujourd’hui à avoir un sens aigu de l’Histoire. Il fait un pari osé et l’assume, encore une fois on verra.