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Comme Sentero, je ne vois pas ce qui aurait pu faire que les états européens ne conquièrent pas des territoires outre mer à partir du 16ème siècle.
Leur avance technologique et notamment militaire rendaient ces conquêtes faciles, la concurrence acharnée qu’ils se livraient sur le continent européen et la quête de ressources de la société bourgeoise en construction les rendaient inévitables.
Depuis la nuit des temps, les populations s’étendent dans la mesure de leurs moyens. Un peuple est assimilable à un organisme biologique en ce sens, les populations cherchent à se multiplier tout comme les pissenlits.
Aujourd’hui nous devons surpasser cette condition et maitriser nos velléités de domination parce qu’il en va de l’avenir de notre espèce. En ce sens il y a un palier d’évolution à franchir.
L’Homme est le seul être de la nature capable de dominer ses instincts par sa raison (et qui sait, de comprendre la toute puissance de l’amour).
Ceci est possible aujourd’hui mais ne l’était pas il y quelques décennies encore. Parce qu’il faut préalablement considérer l’humanité comme un tout et penser son intérêt en ce sens.
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Les ensembles ont toujours eu leurs barbares, mais là, en plus, l’écart
technologique confirmait les colonisateurs dans leur sentiment de
supériorité naturelle. Ils percevaient les peuples colonisés comme totalement extérieurs et même "autres", alors qu’à l’heure actuelle, les théories raciales ont fait long feu et nous commençons à réaliser que nous sommes tous passagers du même vaisseau spatial Terre.
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La manière dont s’est réalisée la colonisation est évidemment condamnable. Je reproduis un extrait du "dérèglement du monde" d’Amin Maalouf qui me semble intéressant à ce sujet :
"En notre époque guettée par une dérive communautariste d’ampleur planétaire, "enchaîner" les femmes et les hommes à leur communauté religieuse aggrave les problèmes au lieu de les résoudre. C’est pourtant ce que font de nombreux pays d’Europe lorsqu’ils encouragent les immigrés à s’organiser sur une base religieuse, et qu’ils favorisent l’émergence d’interlocuteurs communautaires.
Souvent l’Occident a commis cette faute dans ses rapports à travers le reste du monde. Pendant des siècles il s’est montré incapable d’appliquer aux autres peuples, notamment à ceux dont il tenait le destin entre ses mains, les principes qu’il appliquait aux siens, et qui ont fait sa grandeur. C’est ainsi, par exemple, que la France coloniale, pour éviter d’accorder aux habitants de ses départements d’Algérie une citoyenneté à part entière, les avait confinés dans le statut de "Français musulmans" - une appellation passablement aberrante de la part d’une république laïque.
S’il est important de rappeler les fautes du passé, c’est pour éviter de les reproduire. L’ère coloniale ne pouvait établir que des relations malsaines entre les dominants et les dominés, vu que le désir candide de "civiliser" l’Autre était constamment en conflit avec la volonté cynique de l’assujettir. Il faut bien constater, comme l’a fait Hannah Arendt dans "les origines du totalitarisme", que les états nations font de piètres bâtisseurs d’empires, une telle entreprise devant s’accompagner d’une certaine estime pour ceux que l’on voudrait rassembler ; Alexandre rêvait de mariages en masse entre Hellènes et Perses, Rome chérissait Athènes et Alexandrie, et elle avait fini par accorder la citoyenneté à tous les sujets de l’Empire, des druides celtes jusqu’aux bédouins d’Arabie. Plus près de chez nous, les Empires austro-hongrois ou ottoman s’étaient effectivement voulus rassembleurs avec des succès inégaux. A l’inverse, les empires coloniaux bâtis par les nations européennes au XIXème et au XXème siècle n’ont jamais été que des extensions de soi même, des écoles de racisme appliqué et de transgression morale qui ont préparé la voie aux guerres, aux génocides et aux totalitarismes qui allaient ensanglanter l’Europe.
Notre époque offre à l’Occident la chance de restaurer sa crédibilité morale ; non en battant sa coulpe, non en s’ouvrant à "toute la misère du monde", ni en transigeant avec des valeurs importées d’ailleurs, mais au contraire en se montrant enfin fidèle à ses propres valeurs- respectueux de la démocratie, respectueux des droits de l’homme, soucieux d’équité, de liberté individuelle et de laïcité. Dans ses rapports avec le reste de la planète ; et avant tout dans ses rapports avec les femmes et les hommes qui ont choisi de vivre sous son toit."
C’est vrai que cette question récurrente sur la virilité est troublante. "A l’époque on avait des couilles et des muscles"... j’ai du mal à saisir, vous n’en avez plus aujourd’hui ?
C’est vrai que nos femmes travaillent et ne dépendent plus de nous matériellement, c’est vrai aussi qu’on a plus trop l’occasion d’aller fendre des crânes mais bon, est-ce si grave ?
Ça ne nous empêche pas de marcher la tête haute, de nous défendre en cas de besoin, d’aimer nos femmes et qu’elles nous aiment... et ça ne nous oblige pas à aller chez l’esthéticienne (même si le marketing exerce une pression en ce sens parce que c’est un marché potentiel).
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Quand vous discutez de la défense de vos bads, la scène que j’imagine ressemble plus à ça ( http://www.youtube.com/watch?v=nF54GJMhyNc ) qu’au film 300. 
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Au fait petite question technique, comment fait-on pour cacher un lien derrière un mot ? J’ai l’impression d’être old scholl à ce niveau.
Toujours intéressant de voir comment les institutions et l’organisation de l’économie façonnent une société. Ce matérialisme est incontestable, les consciences sont guidées et contrôlées la structure et son carcan de règles.
Aujourd’hui l’immense majorité des gens en occident n’imaginent pas qu’il puisse y avoir d’institutions meilleures que notre système représentatif couramment appelé "démocratie". La seule alternative à ce système serait la "dictature". En réalité il y a de nombreuses alternatives et autant de variantes que nous sommes capables d’en imaginer.
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Sur Spartes spécifiquement, je ne trouve aucune inspiration dans ces institutions susceptibles de répondre aux problèmes de notre temps. Elles sont fascinantes mais effroyables. Leur efficacité est indiscutable : elles étaient censées assurer la stabilité et la défense, elles ont assurées ce rôle de manière remarquable. Mais qu’est en définitive ?
Un système subtil mais fondamentalement aristocratique, qui repose sur l’eugénisme et sur une violence inouïe (pas exempte de sadisme) qu’il s’agisse de la compétition entre membres de la classe supérieure ou de la manière d’assurer la domination sans partage de cette classe. Au regard des critères actuels, une telle brutalité ne serait plus tolérée et heureusement.
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Pour ce que j’en sais l’esprit du système athénien me semble supérieur (je sais machiavel que ton article ne vise pas à dire que le système spartiate était meilleur qu’un autre mais juste à le présenter).
Objectivement que reste-t-il de Sparte ? Qu’a accompli cette cité-état qui ait traversé les âges ? Pas grand chose si ce n’est une fascination pour ce système guerrier totalitaire et les hommes presque contre nature qu’il fabriquait. D’ailleurs de quelle liberté parle-t-on à propos des membres des classes supérieures ? Leur vie était si encadrée, si codifiée, que leur "liberté" semble n’être qu’un chemin tracé en ligne droite dont tout écart est sévèrement puni.
En revanche Athènes semblait plus humaine, plus créative, moins contraignante, acceptant les plaisirs de la chaire, moins pure aussi mais par conséquent moins totalitaire. Elle a laissé des chefs d’œuvres artistiques, architecturaux, littéraires, scientifiques et philosophiques. La filiation Socrate-Platon-Aristote-Alexandre est sans équivalent dans l’Histoire !
Bien sûr tout ça est complexe, Athènes et Sparte ont changé à travers les âges et avaient de par leurs positions des contraintes et des objectifs différents. Mais on doit pouvoir dire qu’il y avait deux "esprits" incarnés par ces cités : démocratie (la vraie), créativité, excès, plaisirs contre aristocratie, discipline, rigueur, sobriété.
Il faut parfois rendre à Soral ce qui lui appartient : le salafistfucking est un beau concept et là, avec ces investissement qataris en banlieue, on est en plein dedans.
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Évidemment après ça Bonnet est sur la liste noire.
Certes Mélenchon et Chavez n’ont pas le même logiciel mais ce qui les rapproche l’emporte sur ce qui les divise.
Leur rencontre a perturbé ceux qui se revendiquent à la fois de Chavez et du FN.
Soral, par exemple a été confronté à un véritable bug parce qu’il ne peut simplement pas imaginer qu’on pense différemment de lui sans être soit un imbécile, idiot utile du système, soit un imposteur et un traître en puissance. A force de se le répéter il s’en est convaincu complètement.
Du coup quand Chavez reçoit Mélenchon il perd les pédales. Ça donne du "Chavez est manipulé", "je rappelle que Chavez est un militaire ce qui n’est pas du tout le cas de Mélenchon" etc. Et c’est ridicule.
En fait la gauche que représente Mélenchon en France et en Europe est l’alliée logique des mouvements socialistes d’Amérique latine.
Mélenchon défend Chavez depuis longtemps en France et il s’est systématiquement refusé dans les médias à servir le couplet habituel contre la dictature cubaine. D’ailleurs Mélenchon est en bisbille avec Le Monde à cause d’un différent avec le "journaliste" qui couvre le Venezuela.
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Il a effectivement fait allusion au fait que l’Iran menaçait d’attaquer Israël avec l’arme atomique. Nous en avions longuement parlé, cette vidéo avait suscité beaucoup de commentaires ici.
http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/melenchon-l-iran-veut-detruire-33830
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Voici ce que j’en pense en résumé :
- je crois qu’il se trompe et que les iraniens n’attaqueraient jamais Israël parce qu’ils ne sont pas suicidaires,
- beaucoup d’israéliens le croient pourtant (pour ce qui est des dirigeants ils font surement semblant de le croire),
- des arabes le croient aussi, l’humiliation de la guerre des 6 jours est un spectre omniprésent pour les peuples de la région. Certains seraient prêts à payer très cher pour laver l’affront.
- personne ici n’est en position de dire si les iraniens souhaitent posséder la bombe. J’aurais tendance à croire que non mais si c’était le cas, je les comprendrais, la menace qui pèse sur eux est réelle,
- le gouvernement iranien résiste à d’énormes pressions depuis le renversement du shah et nous devrions en tenir compte lorsque nous émettons des jugements de valeur à son égard,
- Mélenchon est allergique aux théocraties ce qui biaise certainement son appréciation du régime iranien,
- il n’a jamais appelé à une action militaire contre l’Iran et il qualifie les déclarations d’Israël sur une possible attaque préventive d’inacceptables,
- il s’est clairement prononcé pour que la France sorte de l’Otan,
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Sur Kadhafi, je pourrais recopier les commentaires de ce fil :
http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/jean-luc-melenchon-la-defense-et-34572
Personne ne m’avait répondu. Par contre il se trouve toujours quelqu’un pour écrire à tout bout de champ que "Mélenchon était pour la guerre de l’Otan en Libye".
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Sur la Syrie il n’a jamais été favorable à une action militaire.
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En fait il faut comprendre qu’on peut être partisan de la paix sans pour autant prendre le parti de dire que Bachar el Assad, Kadhafi ou Ahmadinejad (c’est différent pour lui car il est élu) sont des résistants héroïques.
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Comme Chavez a compris ça il n’en tient pas rigueur à Mélenchon. Contrairement aux soutiens du FN, qui, en partie de mauvaise foi, tiennent leur prétexte pour discréditer le FdG.
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Dernière chose. Quand Chavez parle de Jésus, c’est une inspiration sincère, ce n’est pas un instrument politicien.
En France en revanche la religion est instrumentalisée et quand Mélenchon répète "pas de religion en politique", j’adhère à 100%. Parce qu’on sort de 5 ans de Sarkozy, Hortefeux, Guénot, que Valls ne semble pas prendre une autre direction et que le FN tient là son meilleur fond de commerce.
La question de l’identité religieuse n’est pas sensible au Venezuela. En France elle l’est outre mesure. Les guerres entre protestants et catholiques ont été des traumatismes profonds (de là nait la laïcité), tout comme la question des musulmans d’Algérie, ou plus récemment, les problèmes des banlieues exacerbés par la propagande post-11 septembre. Donc "pas de religion en politique" en France. Surtout ne prenons pas l’habitude de nous regarder les uns les autres à travers ce prisme, c’est le meilleur moyen de désamorcer ces conflits potentiellement monstrueux.
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Madoff, pourquoi le capitalisme a-t-il besoin de la citoyenneté universelle et de la fin des frontières pour gagner la partie ? Le repli nationaliste et la guerre offrent une porte de sortie commode en cas de crise, l’histoire l’a prouvé.
On peut tout à fait soutenir au contraire que la citoyenneté universelle et la fin des frontières est une condition nécessaire au dépassement du capitalisme. Mais de toute façon, c’est tirer des plans sur la comète parce que ça n’est envisageable qu’à long terme.
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