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Je suis d’accord avec Machiavel sur ce fil. La modélisation du monde que vous employez est trop grossière Chupa-Chups, elle ne permet pas d’avancer.
Si quelqu’un (Keynes par exemple) la complexifie pour la rapprocher de la réalité, pour vous, il introduit des impuretés insupportables.
Lorsqu’on vous démontre que l’émergence d’une oligarchie est inévitable dans un environnement d’économie libérale avec de véritables êtres humains, vous sortez de votre chapeau un assez ridicule "juge suprême".
Lorsque le libéralisme économique est pris en défaut vous balayez la question d’un revers de la main en le qualifiant de libéralisme d’Etat.
Vos arguments pour expliquer comment le marché est capable de gérer une épreuve comme la transition énergétique ne sont pas à la hauteur. Aujourd’hui le marché spécule à la microseconde. Il se fout éperdument de réaliser des investissements qui ne seront pas rentables avant 30 ans au moins. Je l’ai constaté avec des grands industriels français (EDF, GDF-Suez, Vinci, Renault). Leurs entreprises font de la com sur l’environnement et la durabilité mais ils se sentent impuissants pour infléchir réellement la tendance car totalement dominés par le court terme.
Seul la puissance publique est en capacité de réorienter le système. Mais il n’est pas question de renforcer le pouvoir de l’Etat sous sa forme actuelle (accaparé par l’oligarchie), c’est pourquoi il est nécessaire de réaliser de profondes réformes institutionnelles.
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Je suis d’accord avec Igsa plus haut lorsqu’il dit que le capitalisme sous sa forme libérale a permit un progrès matériel sans précédent. Il parle du 19ème et du 20ème siècle mais on pourrait faire remonter au 18ème ou au 17ème.
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Seulement aujourd’hui la situation est différente. Voyons pour l’occident.
Les besoins matériels vitaux, et en premier lieu l’alimentation, sont assurés et il suffit pour cela du travail d’une petite partie de la population.
Les gens sont globalement déprimés en raison du délitement du lien social. Certaines valeurs ont été oubliées (provisoirement ?) pour s’adonner à la quête égoïste qu’exigeait le processus d’enrichissement suivant le principe que "la cupidité individuelle fait l’intérêt collectif". Objectivement ça a marché. On passait l’éponge sur la laideur des comportements de certains car on espérait profiter de l’accroissement de biens matériels.
Mais ça ne marche plus. Les besoins sont globalement assurés, la consommation fictive malgré le marketing et quelques innovations intéressantes ne peut les remplacer. La cupidité individuelle ne rapporte plus suffisamment pour compenser le malaise qu’elle propage. Nous n’avons aucunement besoin de "croître" indéfiniment. Et d’ailleurs nous n’en avons pas la capacité. Les ressources planétaires étant finies, la consommation ne peut que ralentir (à moins que nous arrivions à tout retraiter et renouveler mais nous en sommes loin).
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Ceci nous amène à un autre point de désaccord avec Chupa-Chups : l’aspect environnemental.
Personnellement je pense que le risque climatique est réel pour
plusieurs raisons. Tout d’abord la logique est incontestable : les émissions de gaz à effet
de serre ont explosé avec l’âge des énergies fossiles, un accroissement de
l’effet de serre entraine par définition un réchauffement climatique (se pose la question des quantités). De
plus, sans être totalement unanime, la communauté scientifique est très majoritairement favorable à cette théorie bien qu’elle soit discutée et combattue.
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Mais admettons que nous ne pouvons pas trancher le débat sur le réchauffement climatique. (C’est mon cas, je suis loin d’avoir la masse de connaissance nécessaire et je me fais une idée comme je peux).
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Je voudrais reprendre alors une démonstration d’Amin Maalouf (dans "le dérèglement du monde").
C’est une sorte de pari de Pascal.
Comme point de départ, nous admettons que nous ne pouvons pas savoir si le réchauffement climatique est réel. Se présentent alors deux options. La première consiste à faire comme s’il l’était . Dans ce cas que fait-on ?
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On met tout en œuvre pour développer des énergies propres et renouvelables (ce faisant on diminue les tensions autour des réserves d’hydrocarbures qui ne sont ni plus ni moins que des risques de guerre globale), on cherche à limiter les émissions de gaz à effet de serre en tous genres (ce qui revient à limiter la pollution), on s’efforce de produire localement, etc.
Si on a eu raison et qu’on a évité une catastrophe, on ne le saura sans doute pas et les sceptiques pourront dire que le risque était fictif. Mais on s’en fiche. Parce que qu’aura-t-on perdu ? Absolument rien, bien au contraire. On aura amélioré nos conditions de vie en préservant notre environnement, on aura développé des systèmes énergétiques durables et sains, et on aura rien perdu du tout.
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Si par contre on décide aujourd’hui d’agir comme si le risque était inexistant, que fait-on ?
On continue comme si de rien n’était. Si on ne s’est pas trompé tant
mieux, on aura continué (il faudra quand même gérer le pic-oil mais
disons que ça passe). Si on s’est trompé en revanche et que le risque se
révèle bien réel, alors on fait face à toutes les conséquences
dramatiques en terme de dérèglement agricole, de mouvements de
population, de risques d’emballement, etc.
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Donc dans un cas il n’y a aucun risque et tout à gagner. Dans l’autre il n’y a rien à gagner et le risque est immense. En conséquence ce n’est pas, aux tenants de la théorie du réchauffement de démontrer qu’ils disent vrai, mais c’est aux sceptiques de prouver que eux ont raison et qu’il n’y a aucun risque de réchauffement climatique lié à l’activité humaine. Il y a inversion de la charge de la preuve ! Si les opposants à cette théorie sont capables de démontrer qu’il n’y a pas de danger, ok on les suit. Dans le cas contraire, il n’y a aucune raison de prendre le risque de les croire !
Au sujet du point n°3.
Les pétromonarchies du golfe ainsi que leurs alliés et protecteurs occidentaux se sont effectivement immiscées dans le printemps arabe en Syrie, j’y vois deux raisons.
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La première, géostratégique est l’affaiblissement de l’alliance chiite Iran Syrie Hezbollah.
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Le deuxième c’est leur propre survie face au risque de contagion du printemps arabe chez eux. Plutôt que de s’opposer frontalement au mouvement le jour où il se présentera à leur porte, ils essayent de le détourner et de rediriger sa force comme des judokas. Pour cela ils n’hésitent pas à le renforcer, en le finançant, en l’armant et en lui insufflant un fort caractère religieux et ils ne craignent pas que cela se voit.
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Ça me fait penser à une scène du magnifique film "le guépard". Dans la Sicile du 19ème siècle, une famille de la grande aristocratie est confrontée aux mouvement révolutionnaires partisans de la république et de l’unité italienne. Un des fils fait le choix de combattre aux côtés des républicains et, lorsque son père s’en étonne, il répond ceci : "il faut que tout change, pour que rien ne change et que nous restions les maîtres".
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Il me semble que c’est un peu la stratégie de certains cercles au pouvoir au moyen-orient. Quand on ne peut pas éviter une révolution, autant y prendre part pour l’influencer au maximum et assurer sa position pour la suite.
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Soit dit en passant, si on veut faire en sorte que ce calcul échoue, il faudrait que les populations occidentales refusent d’entrer dans la logique de l’affrontement religieux ou "civilisationnel" qui leur est vendu depuis plusieurs années. Car seule les populations arabes pourront faire tomber la monarchie saoudienne ou qatarie, mais si elle se sentent en guerre contre le monde occidental, leurs dirigeants, qui jouent à fond la carte de l’appartenance religieuse, sauront les ressouder autour d’eux et accuser leurs adversaires de traitres.
Sauf en cas de bulle, cf. Espagne et subprimes
Donc économie de marché ok mais sans la spéculation.
Je me permets d’ajouter un truc. Dans le cas de Gilles Jacquier il est probable que ce parti pris (que tu décris bien machiavel) l’ait conduit à la mort. Il s’est aventuré à Homs dans une zone de combat alors que le couvre feu venait de s’achever, en n’étant manifestement pas conscient des risques. Il est possible qu’il ait été convaincu que la violence n’émanait que du régime jusqu’à l’instant où il a reçu une roquette en provenance du quartier rebelle de Baba Amr.
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