J’ai lu vos explications et entendu celles d’Hélène Romano. Cette thèse de la mémoire traumatique est tout-à-fait respectable et, d’après ce que j’ai compris de l’interview, elle sera exposée à l’audience. J’espère simplement que d’autres experts seront invités à donner leur avis sur la question, y compris ceux qui défendent les thèses enseignées "dans les facultés de médecine", il n’y a pas de raison. On sait en effet depuis le premier procès que nul expert ne détient la vérité dans ce domaine qui n’a rien d’une science exacte.
J’ai toutefois du mal à accepter l’explication comme quoi la violence du traumatisme subi affecterait immédiatement la mémoire de l’enfant abusé car il me semble que les fils Delay ont fourni, lors de l’instruction, des détails nombreux et très précis des horreurs qu’ils ont subies de la part des adultes condamnés au procès d’Outreau, sans pour autant évoquer Daniel Legrand...
"sirocco est au taquet dès qu’un article touche au dossier Outreau"
Ravi d’être le grain de sable dans votre entreprise !
Car pour moi la propagande est de votre côté. Et je reste persuadé, devant le mal que vous vous donnez pour tenter d’inverser le cours de l’histoire, que ce sont bien des visées financières qui vous motivent.
Le rôle de "faire émerger la vérité" n’appartient pas aux avocats mais aux juges, lesquels s’appuient notamment sur les arguments apportés par l’accusation.
Les avocats (de la défense) sont plutôt là pour souligner les faiblesses, les incohérences, les contradictions de l’accusation.
Dans le cas de ce pauvre Jonathan Delay, instrumentalisé par un groupuscule d’illuminés (détenant bien sûr LA VERITE contre le reste du monde), qui se contente de dire : "Daniel Legrand m’a fait du mal mais je ne m’en souviens plus" et qui a contre lui ses propres déclarations faites à l’époque où sa mémoire était infiniment plus vaillante, les avocats n’auront guère de difficultés à défendre leur client.
Jonathan Delay est une malheureuse victime. C’est sûr, ça a été reconnu par la justice et ses bourreaux ont été condamnés. Mais cette fois, instrumentalisé par l’association "Innocence en danger", il s’en prend à quelqu’un qu’il n’avait pas précisément mis en cause jusqu’à présent et qui a été acquitté.
Vous avez beau jeu de dire : "Dix ans ayant passé, Jonathan Delay ne peut plus avoir de souvenirs précis de ses déboires, il faut donc le croire, point barre." Et pourquoi faudrait-il le croire plutôt que de ne pas le croire ?
J’espère que des psychiatres et psychologues (pas parmi ceux qui avaient des intérêts personnels au premier procès d’Outreau, évidemment) viendront expliquer à cette audience si, de leur point de vue, des événements aussi traumatisants que ceux dont J. Delay accuse D. Legrand peuvent avoir ainsi disparu complètement de la mémoire du jeune homme, laquelle, comme on s’en doute, n’a pas cessé d’être entretenue depuis les événements en question. Le traitement aux neuroleptiques auquel ce jeune homme est sans doute astreint pourrait être en cause.
Dans ce cas, la solution qui s’impose est de se reporter aux déclarations que Jonathan Delay a faites lorsque sa mémoire était toute fraîche et qu’il n’était pas abruti par les médicaments, c’est-à-dire au moment de l’instruction. D’après le dossier, il semble que Daniel Legrand soit demeuré pour lui pendant longtemps un parfait inconnu... Ce point va bien sûr être abordé au procès.
Par contre, Jonathan a évoqué (à l’époque) une ferme en Belgique et des sodomies subies par des animaux... Ce point aussi sera débattu à l’audience.
Combien de temps le fils Delay pourra maintenir sa stratégie consistant à dire : "J’accuse Daniel Legrand mais je ne me souviens de rien de ce qu’il m’a fait" ? La suite du procès nous l’apprendra.