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@Zatara
et comme je n’aurai certainement pas de réponse cohérente à mes questions, il va s’en dire que l’assise de ton analyse est tout bonnement incohérente
Ben écoute puisque tu fais toi-même les réponses et que tu sais ce que je pourrais (ou pas) dire (et que ce sera incohérent gnagnagna bhl tout ça) je suppose qu’il n’est pas utile que je réponde ? Voilà, on gagne du temps et tout le monde est content.
Je n’ai rien à ajouter de toute façon à mon premier post, je n’ai pas dit que les GJ et les mineurs anglais c’était la même chose, seules des personnes de mauvaise foi ont pu l’interpréter de cette manière.
@Ozi
Sociologiquement, la petite classe moyenne dite "laborieuse" (le choix des mots du gouvernement n’est pas innocent) a toujours eu tendance à être hostile aux pauvres et aux déclassés. Cette distinction insidieuse entre les pauvres méritants et les pauvres non méritants que l’on entend dans le discours des GJ renvoie d’ailleurs à la distinction que faisait la société médiévale entre les "bons" pauvres (dignes de la charité) et les "mauvais" pauvres accusés de spolier la communauté
La bourgeoisie libérale sait très bien comment s’appuyer sur les griefs (légitimes ou non) de cette petite classe moyenne désintégrée par la mondialisation pour dévier sa colère du haut vers le bas de la société. On voit d’ailleurs très bien comment on est passé en quelques jours de revendications "utopiques" (hausse du smic, etc.) à des thématiques antifiscales voire antisociales validées par les journaux et les chroniqueurs télé qui reprennent cette partie du discours des GJ : reportage sur les impôts en France avec commentaire de l’inénarrable François Langlet (invité du bilderberg 2017 et soutien des GJ, ça ne s’invente pas), rappel aux 35h qui ont fait "diminuer le pouvoir d’achat", et évidemment, rien sur l’évasion fiscale des riches. Le tamis médiatique ne va retenir que les éléments du discours des GJ compatibles avec la politique néolibérale du gouvernement, et d’ici quelques semaines on verra sans doute revenir le "travailler plus pour gagner plus" de Sarko ou une variante.
NDA et MLP sont désormais à fond sur ce créneau, mais bon, ça devient encombré, ils y sont tous, l’extrême-gauche, l’extrême-droite, même Eric Brunet a revêtu son gilet jaune.
@Pyrathome
Oui je sais : gauchiste, diarrhée verbale, salon parisien, sioniste, etc.
Putain essayez de vous renouveler un peu au moins 
Je crains que le mouvement des gilets jaunes ne connaisse le même sort que celui des mineurs britanniques face au gouvernement conservateur de Thatcher au début des années 80. Les points communs sont nombreux, tant dans les revendications que le mode de confrontation choisi avec le pouvoir qui avait malheureusement conduit à la rupture entre les grévistes et l’opinion publique effrayée par les violences (et leur mise en scène médiatique).
Isolés politiquement, les mineurs s’étaient enfermés dans une révolte catégorielle et crépusculaire que Thatcher a pu ensuite facilement réprimer, avec le consentement implicite de la population.
Après cet épisode, il n’y a plus eu aucun mouvement social d’ampleur en Angleterre, et les néolibéraux conservateurs ou travaillistes ont pu dérouler leur programme sans entraves jusqu’au Brexit (qui comme la guerre de Troie, n’a en fait pas eu lieu).
Il n’est donc pas impossible que le pouvoir macronien, conscient de sa faible représentativité politique, soit à la recherche de son "moment Thatcher" à travers cette mise en scène BFMisée d’une opposition frontale et verticale avec une partie soigneusement ciblée de l’électorat, poussée à une révolte du ventre de plus en plus violente. Malheureusement, les gilets jaunes ont largement prêté le flanc à cette récupération politico-médiatique en rejetant certaines catégories assimilées à des "pauvres non méritants" ("les gilets ne sont pas la France des assistés mais celle qui veut vivre de son travail") et en s’attaquant par ailleurs bêtement à des sous-fifres du système médiatique venus à leur rencontre dans la rue.
Je ne serais d’ailleurs pas surpris de voir Macron dépasser tactiquement le mouvement sur sa droite en promettant de réformer les mécanismes de redistribution de l’aide sociale. Si j’étais un de ses conseillers, c’est ce que je lui dirais de faire : s’appuyer sur les revendications les plus dures et catégorielles du mouvement pour imposer une réforme d’ampleur dés mécanismes de redistribution, habilement présentée sous l’angle de la "justice sociale". Qui pourrait alors s’y opposer ?
Comme l’a rappelé Michéa, un des conseilleurs économiques de l’ombre de Macron — Mathieu Laine, habitué des plateaux de Taddeï — est un thatchérien pur et dur qui a préfacé plusieurs ouvrages consacrés à la première ministre britannique. Ce dernier a sans aucun doute théorisé l’affrontement nécessaire avec la plèbe. Mais pas n’importe quelle population. Ce n’est pas le peuple qui doit descendre dans la rue, mais une populace ciblée dont on doit donner l’impression au reste du pays qu’elle est incontrôlée de l’intérieur et pourrait donc devenir incontrôlable, justifiant ainsi une sévère reprise en main du pouvoir au nom du maintien de l’ordre social. Vieille tactique bourgeoise consistant à laisser le peuple se diviser puis à cogner sur la partie la plus agitée pour servir d’exemple.
L’autre grosse limitation de ce mouvement, c’est son caractère apolitique dont attestent les nombreuses tentative de lecture et d’appropriation par des courants divers et parfois contradictoires. Chacun semble projeter son idéologie sur les gilets jaunes et réinterpréter le "message" à l’aune de son propre prisme politique : les identitaires style Qirroreur y voient l’embryon du réveil ethnique de la France des petits blancs, tandis qu’ER décèle dans cette mouvance un "antisionisme" non formalisé, en publiant une photo d’un gilet jaune ressemblant vaguement à Soral. Michéa et les marxistes y voient bien entendu un mouvement pré-révolutionnaire en mettant de côté les nombreuses contradictions internes du mouvement (ils exigent une meilleure répartition spatiale de la redistribution, et non la "justice sociale"). Les militants UPR quant à eux sont déjà en train d’expliquer aux gilets jaunes que tout leur malheur sont causés par l’UE et qu’ils devraient se "politiser" (comprendre, s’inscrire à l’UPR). Certains libéraux conservateurs saluent même une révolte salutaire de la base contre l’impôt et la spoliation par l’Etat.
Enfin, il y a l’agoragogo de base enfermé dans sa bulle, le dissident glandu du web un peu identitaire, un peu marxiste, un peu antisioniste, un peu nationaliste, un peu tout ça et surtout rien, qui tel un poisson rouge gobe tout ce qui passe à sa portée en adhérant superficiellement à toute idéologie "antisystaaaayymeeeuuuh" pour peu que celle-ci n’exige de sa part aucun effort matériel, éducatif ou militant.
Bref, c’est un kaléidoscope idéologique dans lequel, pour ma part, je ne décèle aucun ferment d’une révolution positive ni même d’une issue au système actuel. Je peux me tromper, mais pour moi ce mouvement catégoriel connaîtra le même sort que les bonnets rouges et petits pulls rose de la manif pour tous dont on nous disait déjà à l’époque (ici, tout particulièrement) qu’ils marquaient le début de la révolte.... les premiers ont fini par être récupérés par les socialistes bretons, les seconds sont allés pleurnicher devant la CEDH après avoir beaucoup dénoncé les violences policières dont ils ont ou auraient été victimes. Et n’oublions pas les neuneus du jour de colère et leur tentative parodique de "coup d’Etat" du 14 juillet, qui s’est soldée par une errance parisienne et quelques insultes bien senties aux "corps constitués" et aux militaires.
La meilleure preuve de tout ça, c’est que tous ceux qui ont glorifié cette mouvance (à commencer par les agoragogo locaux) sont bien entendu abstenus de pousser la solidarité jusqu’à aller les soutenir sur le terrain. Non, évidemment, c’est mieux de suivre tout ça derrière sa télé (un nous a même détaillé son après-midi de zappage fiévreux sur les chaînes infos) et de contribuer à la cause en en gerbant à longueur de posts contre BFM et ses journalistes de terrain.
Ubu Roi peut dormir sur ses deux oneilles, la populace est sous contrôle...
@Hieronymus
Abstiens-toi dès lors de râler contre le système, le matérialisme, le consumérisme, la transformation des villes en terrain vague commercial, la destruction des campagnes, etc., car tous ces sujets sont liés et seul un imbécile peut penser que les classes moyennes seraient purement victimes de ce système alors qu’elles en sont le coeur et donc parties prenantes.
Donc merci bien l’ode victimaire au "français moyen" caricaturé et méprisé et au délire sur le grand remplacement mais ce n’est vraiment pas le sujet.
@Hieronymus
Aucun argument dans tout ça donc je laisse de côté. A+
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