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@Hieronymus
L’erreur de De Gaulle a été de sous-estimer trop longtemps l’importance de la question sociale et de la laisser en gestion aux communistes. De Gaulle était un homme du XIXème siècle, il pensait qu’un pays ordonné et une gestion équilibrée des dépenses de l’Etat suffisaient à répondre aux besoins essentiels de la population : pour le reste, il fallait la "grandeur". Or, en 69, il était déjà trop tard, surtout en y répondant à travers un référendum sur la régionalisation.
Le fait de lier son mandat à l’approbation par référendum, dans la mesure où sa légitimité avait été fortement réduite par mai 68, était justifiée, et somme toute logique compte tenu de la nature de la cinquième : il estimait à raison qu’en cas d’échec il n’aurait pas eu l’assise suffisante pour continuer à gouverner. On a trop soupçonné De Gaulle de vouloir devenir un "dictateur" pour ne pas en tenir compte. De Gaulle a quitté le pouvoir parce qu’à ses yeux diriger un pays sans légitimité populaire n’avait aucun sens, ni aucune justification.
Bref, il a réagi en bon démocrate dans le sens des institutions de la Vème, qui confèrent au président de grands pouvoirs en contrepartie de sa légitimité. Cette légitimité dans la Vème est liée à l’élection et à des critères politiques objectifs, mais elle inclue aussi une part de mystique et une dimension charismatique qui renvoient à la monarchie. Macron l’a bien compris, c’est pourquoi aussitôt élu il a entrepris d’assumer tout l’aspect symbolique de la fonction que Sarkozy et Hollande avaient rejeté, chacun à leur manière. Evidemment, il l’ a surtout fait sur le plan de la com’, mais ça montre bien que la légitimité du président dans la Vème ne dépend pas seulement du processus politique.
Dans ce contexte, un référendum peut avoir valeur de plébiscite, et c’était le sens de celui voulu par De Gaulle en 69.
Le but de la régionalisation proposée par De Gaulle était "d’associer la représentation des activités productrices et des forces vives de notre peuple à toutes les mesures locales et législatives concernant son existence et son développement", autrement dit de créer de la participation au niveau local en favorisant l’intégration capital/travail.
Absolument rien à voir avec la pseudo-décentralisation administrative réalisée sous Mitterrand qui a créé le fameux "mille-feuilles" administratif en multipliant les niveaux de décision, une sorte de délocalisation jacobine.
Onfray est un sophiste qui maîtrise à la perfection l’art de s’imprégner de l’air du temps tout en faisant semblant de le remettre en question, de l’interroger.
@Qirotatif
La focalisation sur l’Islam (modéré, conservateur, radical ou autre) est totalement contreproductive. Outre le fait que la critique "culturaliste" de l’Islam nous met rapidement en porte-à-faux avec les "valeurs républicaines" et "valeurs libérales" professées depuis 40 ans par les élites et les politiques - on pourra toujours t’opposer que 5, 10, 15 ou 20 millions de musulmans en France restent des citoyens français jouissant des mêmes droits que les autres et dont la liberté est bornée par les mêmes limites que les autres, l’argument est juridiquement imparable comme les Islamistes du CCIF l’ont bien compris - elle passe à côté de la question fondamentale dont toutes les autres ne sont en réalité que des aspects ou des déclinaisons dans les sphères économiques, sociales ou culturelles, qui est évidemment celle de la transformation (ou l’évolution selon le point de vue) démographique de la société française.
Or, si tu regardes bien, c’est la seule question qui est totalement taboue en France, le seul fait de la poser est synonyme d’exclusion médiatique (alors que la critique de l’Islam est parfois encouragée) et de marginalisation dans la vie intellectuelle. Même le FN a renoncé à la poser pour prôner une assimilation devenue indéfendable dans le contexte de la mondialisation et qui a surtout été un échec retentissant depuis au moins 30 ans.
Les données soit n’existent pas, soit sont verrouillées par une poignée d’experts du CNRS. Hervé le Bras armé de son petit sourire en coin peut ainsi raconter d’émission en émission que le nombre d’étrangers est "stable" en France depuis les années 20 (!) et que l’extrême-droite raconte "n’importe quoi" tout en concédant avec malice aux anti-immigrationnistes que la population française s’est "transformée", pour le mieux évidemment.
L’outil de base de la manipulation de la réalité est le contrôle des mots. En contrôlant le sens des mots, on censure et on manipule ceux qui doivent les utiliser en leur imposant une médiation qui dénature leurs propos ou les rendent inopérants par rapport à la réalité. Pour le dire de manière un peu simpliste, plus ou parle d’Islam, et moins on parle paradoxalement d’immigration. On n’aurait à vrai dire même pas à poser la question de la présence d’imams intégristes et de terroristes étrangers sur notre territoire si les procédures techniques d’immigration, d’acquisition de la nationalité ou de maintien sur le territoire étaient révisées sur la base de critères concrets et rationnels, comme c’est par exemple le cas en Suisse.
La culturalisation de la question migratoire à travers la critique exclusive de l’Islam, d’ailleurs exacerbée par une certaine droite avide de sensationnalisme (halal, voile, etc.), est un piège sémantique qu’il faut à tout prix éviter ou dont il faut se sortir.
Mesnard a malheureusement un côté "tête à claques" qui fait qu’il est parfois difficile de se sentir en solidarité avec le personnage. Il a par ailleurs tendance à mettre en scène l’ostracisme généralisé dont il est ou prétend être la cible, ce qui n’arrange pas les choses quand il est réellement victime de ce genre d’agression.
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