Ce n’est pas parce qu’on tient des propos d’un ton péremptoire, et paré d’une réputation d’intellectuel (?), qu’ils gagnent forcément en pertinence
L’"analyse" de Zemmour ne mériterait même pas qu’on s’y arrête, si ce n’était l’étrange écho d’approbation qu’elle semble susciter chez certains ici.
Son angle est toujours le même :
*affirmations péremptoires non étayées, voire démenties par les faits
*généralisations abusives
*interprétations subjectives
*choix sélectif des éléments pris en compte
Oublions donc l’individu pour nous intéresser à son analyse, si j’ose dire :
L’objectif du capitalisme a toujours été l’ouverture des marchés économiques (locaux et étrangers) dans le cadre d’un modèle marchand, où l’intérêt (compris sous le sens de "profit financier) de l’individu est supérieur à celui de la collectivité.
On retrouve ce modèle dans toutes les phases de développement et de mutation du capitalisme, depuis les conquêtes coloniales (une autre façon, certes moins subtile, d’abolir les frontières et de mondialiser) en passant par la Conquête de l’Ouest jusqu’à la liquidation des barrières tarifaires et le nivellement par le bas ("imposé" par la nécessaire "compétitivité")des acquis sociaux.
Le capitalisme financier (responsable de la fameuse "mondialisation") que nous connaissons aujourd’hui n’est que l’ultime avatar d’un processus qui reste fondamentalement le même (puisque ses objectifs, eux, ne varient pas)mais dont la stratégie, ainsi que les priorités et les modalités, évoluent.
Après avoir réussi à imposer comme modèle dominant le Marché (ouverture forcée aux biens et produits des pays économiquement dominants vers les pays dominés, culte de la concurrence, démantèlement des services publics et privatisations massives)première étape de l’uniformisation à l’échelle mondiale, après avoir mis en place les institutions financières (FMI, BM, etc)et et les outils de gestion (GATT,et al)nécessaires pour orienter les politiques économiques de la quasi totalité des nations selon un schéma favorable et supprimé les moyens de contrôles des flux financiers (seconde étape) il reste aujourd’hui à démanteler les acquis sociaux de manière là aussi à niveller les coûts liés à la production de biens et de services (troisième étape)
On doit reconnaître, à tout le moins, qu’il s’agît d’un projet cohérent... 
On peut, et on doit, reprocher à la Gauche beaucoup de choses, et notamment son incapacité (toujours d’actualité) à relever le défi idéologique ainsi qu’un manque de courage sur certains dossiers
Il se trouve simplement que le chapeau que voudrait lui faire porter Eric Zemmour ne lui appartient pas... 