Il aurait été extrêmement facile aussi pour les deux personnes qui interrogeaient Etienne Chouard de lui demander simplement et sans entrer dans des détails alambiqués et scabreux de type faurissonesque :
"Etienne, est—ce que tu doutes qu’il a existé dans la première moitié des années 1940 une déportation vers des camps de concentration nazis d’un grand nombre de personnes innocentes, dont beaucoup ne sont jamais revenues ?"
@Sentero "Il ne s’agit pas de parler de Stalingrad ou de s’y connaitre sur Stalingrad mais de savoir que la bataille a bel et bien existé... "
Votre analogie comporte un défaut d’équivalence avec la question qui a été posée à Chouard. Une analogie avec la bataille de Stalingrad fonctionnerait si l’on avait demandé à Chouard si la déportation de populations innocentes vers des camps de concentration a existé. Et je suis persuadé que Chouard aurait répondu par l’affirmative à cette question là, qui n’est pas un croche-pied.
Quant à la question de savoir comment sont mortes exactement les personnes déportées qui ne sont pas revenues des camps, c’est une toute autre question !
Elle est bien plus complexe et inspire des scrupules à tout chercheur honnête, qui ne se contentera pas de produire des platitudes médiatiques consensuelles à ce sujet s’il ne l’a pas exploré méthodiquement. Pour revenir à votre analogie, c’est comme si on demandait à propos de la bataille de Stalingrad combien de personnes sont mortes de telle ou telle manière, et non si la bataille a eu lieu ou non ! Par exemple, est-ce que des gaz toxiques ont été utilisés lors de cette bataille, lesquels, dans quelle proportion, avec quelle efficacité ?
Spécialistes écartés, on ne compterait probablement pas une personne sur cent qui pourrait honnêtement dire aujourd’hui qu’il dispose d’une véritable "connaissance" chiffrée et proportionnée au sujet de la manière dont les gens ont été assassinés dans les "camps de la mort". Le pouvez-vous vous-même ? La plupart des gens ont vu des films, c’est tout ! Un peu comme sur la bataille de Stalingrad. Or, un certain nombre de personnes ne croient pas à un usage massif des "chambres à gaz" pour des raisons purement techniques et non pour des motifs idéologiques. Ces personnes là (je ne parle pas des autres) ne doutent pas que des déportations ont eu lieu, qu’il a existé des camps et que les morts sont bien morts ! Mais elle pensent que les malheureuses victimes des abominations nazies sont surtout mortes massivement de faim, de maladies et de divers traitements inhumains. En ce qui me concerne je n’ai pas de connaissance assez précises sur le sujet pour avoir une position tranchée. Mais pour les lecteurs qui l’ignoreraient, je signale que la mort par la faim est une des plus horribles qui se puisse concevoir, particulièrement lente et douloureuse, c’est une torture à mort parmi les plus atroce et d’ailleurs les moins coûteuses pour les bourreaux... ce qui est particulièrement pratique en temps de guerre. Douter que la chambre à gaz collective ait constitué l’arme du crime principale n’exonère donc en rien les responsables des crimes. Si l’on y songe vraiment, on peut même frémir en songeant que l’hypothèse d’un assassinat massif par la faim et le froid est peut-être encore plus effrayante que la thèse habituellement retenue, qu’elle est très "rationnelle" et parfaitement compatible avec les photos et les films dont nous disposons. https://www.dailymotion.com/video/x83wrc
En tout cas, concernant Etienne Chouard, notons qu’il n’a jamais de lui-même abordé la question (qui n’a aucun rapport avec son domaine d’intervention publique) et qu’on est allé le chercher, le rechercher, le re-rechercher et le re-re-rechercher sur ce sujet sur lequel il n’a rien à dire ; et qu’on lui cherche des poux (sur son crâne lisse) au seul prétexte que c’est un intellectuel qui veut être scrupuleux et exact dans ses réponses et que cette disposition d’esprit le porte naturellement ("naïvement", dit-on) à affirmer sincèrement qu’il ne sait pas grand chose à ce sujet (comme la plupart d’entre nous ici devraient le reconnaître s’ils étaient honnêtes, car qui a vraiment étudié la question parmi les juges improvisés de ce procès kafkaïen ridicule et ringard ?) Ce sera quoi ensuite ? Est-ce qu’on va lui demander de se prononcer "sans ambiguïté" sur la révocation de l’edit de Nantes de 1685 ? Sur la vase de Soisson, aussi, sans doute ?
@Sentero "Toujours est-il que je constate que les chambres à gaz obsèdent manifestement une partie de la population."
Je ne fais pas du tout ce constat. Il est vrai que c’est un thème qui fascine une partie du personnel médiatique (sur France Culture, c’est carrément une obsession) et quelques politiciens qui espère toujours y trouver un levier utile pour leurs affaires électorales. Cependant, mis à part à l’occasion de la sortie d’un film à grand spectacle sur le sujet, la population française (et plus encore mondiale) dans son écrasante majorité ne se sent plus guère concernée par ces événements vieux de 80 ans ; et d’autant moins que bien d’autres atrocités ont eu lieu depuis, dont les témoins sont encore vivants.