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"qui dit échanges dit marché"
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Ce qui caractérise "les marchés" modernes, ce n’est pas l’acte d’échange que l’on retrouve sur la place du marché, c’est tout l’appareillage technico-légal, toute l’infrastructure technologique qui permet de "jouer" avec les valeurs.
Possibilité d’engagement/désengagement immédiat, paris sur l’augmentation et la dévaluation, assurances, etc, un dispositif qui éloigne les marchés de leur fonction première.
C’est bien de ces marchés là et uniquement de ces marchés là dont nous parlons depuis le début, des institutions qui n’ont plus rien à voir avec les places d’antan.
Les marchés modernes n’ont commencé à exister qu’à partir de la première révolution industrielle.
"Sur l’arbitrage individuel. C’est la clé, c’est pour ça qu’il est
impératif que vous ayez un maximum de liberté de choix. Le marché n’a
pas de réalité propre, tout se pose sur les individus. C’est eux, et eux
seuls qui donnent la valeur aux choses. Il n’y a que vous pour décréter
qu’un tel voyage est trop cher ou qu’un tel divan est trop cher, pas
assez comfortable, etc."
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L’arbitrage individuel :
cette idée suppose que tous nous sommes à capacité égale de s’informer ,de comprendre, de pouvoir prendre le temps de s’informer et de comprendre. Cela favorise ceux qui ont déjà le capital temps et le capital connaissance (et donc le capital financier qui permet au moins de prendre le temps, puisque le temps c’est de l’argent).
Ce n’est pas le cas, et pour compenser cela l’individu se repose en partie sur le collectif. Je ne vais pas aller essayer les 3000 types de divan qu’on me propose dans les zonnings pour pouvoir m’assurer que j’emploie bien mon arbitrage individuel, je dois forcément accepter des raccourcis basés sur les autres et des institutions collectivement légitimées : les réputations, les marques, etc.
C’est donc bien l’état la seule puissance organisée à pouvoir réguler l’économie à travers son pouvoir de performer le droit.
Car que la régulation soit positive ou négative, cela n’en reste pas moins de la régulation.
Merci pour votre réponse.
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Une autre question :
Comment l’état doit-il s’organiser pour pouvoir être de taille à performer le droit face aux puissances d’argent ?
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Je développe : là où je rejette l’idée d’état minarchiste comme solution en soi, c’est que s’il ne s’occupe pas en partie du collectif, du social, de quoi l’état reste-t-il l’émanation ?
Si l’état n’est en premier ressort que l’émanation de la puissance de la multitude (des gens formant un ensemble plus ou moins cohérent soutiennent de fait - civilement, en y fonctionnant, par l’impôt, en en respectant les règles qu’il trouve légitime - un système politico-économique organisé) mais que son organisation institutionnelle ne tient plus compte du social, en quoi la population reste-t-elle connectée à l’état ?
Et si l’état n’est plus adossé à la puissance de la multitude, où l’état minarchiste puise-t-il sa force de performer le droit face aux puissances financières ?
"affirmer que la dynamique intrinsèque du capitalisme est "la concentration du capital" est du même tonneau.
Ce n’est un mal que si on est contre les oligopoles qui ne sont rien d’autre que l’aboutissement de la logique d’accumulation.
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Dans le cadre du capitalisme moderne - capitalisme de basse pression salariale, caractérisée par la double contrainte [pression concurrentielle/pression actionnariale],
si l’on démarre d’une situation de départ idéale d’un point de vue libéral, cad sans concurrence faussée, il y aura toujours à un moment donné, par logique de sélection concurrentielle, un groupe pour devancer les autres.
Ce groupe aura toujours tendance - motivé par la double contrainte qui le condamne à perpétuer la lutte sans quoi il est voué à mourir - à vouloir renforcer sa position de tête.
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Cette tendance voue alors le groupe à rejeter ce qu’il chérissait le plus à l’époque où il émergeait : la libre concurrence devient une entrave à la pérennisation de son avance sur les autres.
Donc le groupe, s’il veut poursuivre le but qu’il poursuit depuis le début - cad
survivre, mais dans de nouvelle condition qui ne sont plus celle du
début - est voué à entraver la libre-concurrence et, fatalement, en vient à abuser de sa position dominante.
Et de libéral, à vocation d’optimiser ses chances d’exister, il devient conservateur de ces nouvelles conditions, toujours à vocation d’optimiser ses chances d’exister.
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La logique du capitalisme moderne (de double pression actionnariale/concurrentielle) est ainsi libérale dans un premier temps, antilibérale dans un second.
C’est ce second temps qui détermine l’aboutissement de la logique capitaliste :
au final, un antilibéralisme. Le plus fort étant donc que le capitalisme établit sa légitimité théorique à partir du libéralisme théorique pour ensuite se torcher le cul avec.
"1. D’abord et avant tout : la responsabilisation individuelle. Les entreprises, organisations, etc. sont de très bonne chose mais cela ne reste QUE des récipents de contrats. Il faut que les gens, le "réel", redeviennent responsables de leurs actes et ne puissent plus jouir d’une irresponsabilité parce que caché derrière le sigle "magique" d’une entreprise à responsabilité limitée.
Donc si une corporation pollue votre propriété, vous devez être en droit d’attaquer le ’vrai’ donneur d’ordre, ce qui est une personne au sein (et qui sait l’ordre vient peut être du "patron") de cette société comme vous pouvez attaquer la société en tant que tel."
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Ok.
Mais qui me garantit ce droit d’attaquer le responsable ?
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"2. Capitalisme de connivence. Comme précisez ci-dessus l’industrie pharmcologique a mis au point une nuée de règlement qui empêche l’émergence de toute nouveau concurrent. Elle se borne à racheter les solutions originales faites par des startups car la mise sur le marché, respecter toutes les contraintes légales est strictement hors de prix.
Réduire l’état à ses missions régaliennes (justice, défense, etc.) réduit son perimètre de régulation, il ne peut plus par exemple totalement détruire le marché pharmaceutique. Les corporations n’ont plus de levier régulatoire pour éloigner la concurrence."
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Ok. Mais par quel moyen est-ce que je contrains les pharmaco à démanteler leur monopole de fait, maintenant qu’ils l’ont ?
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