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Erca

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  • Premier article le 08/02/2011
  • Modérateur depuis le 23/03/2011
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Derniers commentaires




  • 1 vote
    Erca 14 février 2012 02:55

    POUR CEUX QUI VOUDRAIENT AVOIR UN RESUME DE L’OUVRAGE FONDAMENTAL DE BERNARD MANIN, LES PRINCIPES DU GOUVERNEMENT REPRESENTATIF (malheureusement épuisé à ce jour, c’est franchement un scandale) : VOICI 2 ARTICLES EN LIGNE QUI EN RENDENT COMPTE :



    - un de Marc Sadoun.

    En toute théorie, si on postait ce bouquin dans chaque boîte aux lettres et que chaque citoyen se contentait de lire ne serait-ce que les 10 premières pages, il devrait y avoir une révolution dans l’heure. En toute théorie bien sûr.


  • vote
    Erca 14 février 2012 00:26

    Je ne crois pas que machiavel1983 soit hostile au tirage au sort des parlementaires, mais là, pour le coup, on sortirait tellement du cadre du gouvernement représentatif tel qu’il a été pensé depuis le début, que le concept même de représentation ou de représentativité ne serait plus guère pertinent. Avec une telle révolution, je pense qu’on pourrait dire qu’on est sorti du gouvernement représentatif. Car derrière ce régime, il y a quand même toute une théorie, développée principalement par l’abbé Sieyès, et qui n’a pas été remise en cause dans ses fondements depuis la Révolution. L’élection est sans doute son pilier central : si on l’abat, on n’est vraiment plus dans le même régime.


    A mon humble avis, un système remplaçant l’élection par le tirage au sort pourrait être qualifié de proprement démocratique, mais sur un mode inédit et contemporain, puisque dans le référent démocratique qu’est Athènes aux -Vème et -IVème siècles, le souverain n’était pas tiré au sort. En effet, le tirage au sort, malgré quelques biais relativement négligeables (du fait du volontariat par exemple, si l’on reprend ce filtre), met au pouvoir non pas des représentants, mais le peuple lui-même, bien qu’il ne soit pas rassemblé entièrement en corps comme sur l’agora athénienne. Si bien sûr on lui adjoint des mesures qui vont de pair, comme une rotation rapide des charges, etc. Mais bon, j’avoue que là, on est dans un débat sur les mots un peu pédant.

    Quant au référendum, j’estime pour ma part qu’il est une bonne chose seulement dans le cadre de l’initiative populaire ou citoyenne. Toute autre initiative (présidentielle ou parlementaire) empêche le peuple d’être pleinement souverain puisque celui-ci n’a pas le pouvoir de répondre aux questions qu’il se pose lui-même, ce qui est quand même capital ; et introduit qui plus est un biais qui le rapproche davantage du plébiscite (car dans ces circonstances, on cherche fatalement à légitimer ou déligitimer celui qui a posé la question au lieu de se consacrer pleinement à la question elle-même).


  • 1 vote
    Erca 13 février 2012 22:38

    Excellent argumentaire de machiavel. J’ajoute que voir dans le Parlement ou même le gouvernement actuels des instances délibératives, franchement on se marre ! Certes, on a pu délibérer activement au Parlement durant la première phase du gouvernement représentatif, que Bernard Manin dénomme "parlementarisme" dans ses Principes du Gouvernement représentatif. Mais depuis l’avènement des partis politiques, cette délibération parlementaire est réduite à peau de chagrin : les députés reçoivent des consignes de vote impératives, et surtout sont peu nombreux à délibérer pour chacune des lois (très couramment, une vingtaine ou une trentaine sur 577). Non seulement la délibération est devenue inexistante en volume d’échanges, mais quand elle a lieu, elle n’a pas la moindre importance puisque tout est décidé à l’avance !


    Le peuple a mille fois plus délibéré durant le dernier référendum de 2005, que le Parlement ne délibère depuis maintenant plus d’un siècle !

    Quant au peuple en colère qui fait tant frémir M. Rousseau, je ne saurais trop conseiller la lecture de cet excellent entretien avec l’historienne Sophie Wahnich. Un extrait :

    "Loin de confondre toutes les pratiques violentes, une approche pertinente des faits de violence doit distinguer classiquement entre violence exécutive, réprimante – en Révolution, en 1791-1792, l’usage par exemple de la loi martiale, de la violence législative qui fabrique une violence symbolique. Mais il s’agit aussi de distinguer l’émeute nouée à la revendication de résistance à l’oppression, du massacre noué au « silence des lois », et à l’ouverture d’un cycle de la vengeance. Cette vengeance, les anthropologues la considèrent comme la forme que prend la justice quand la société n’est pas unifiée mais qu’elle vise à le redevenir. Elle n’est pas une forme dégradée de la justice pénale, mais la forme de justice à l’œuvre dans des sociétés scindées en deux groupes vindicatoires. Si la guerre est, dans sa forme défensive, une troisième institution de justice, elle ne vise que l’anéantissement du groupe ennemi. La vengeance publique vise, elle, la réconciliation sociale avec le groupe vindicatoire antagoniste dont la dette d’honneur et de sang doit être réduite pour pouvoir réunifier la société. La vengeance n’est pas une loi martiale."


  • 2 votes
    Erca 12 février 2012 21:18

    Je suis sûr que depuis qu’Etienne Chouard en a parlé ici et là, il y a une demande suffisante pour rééditer le bouquin. Je vais tenter de me renseigner pour voir ce qu’il en est.



  • 4 votes
    Erca 12 février 2012 16:33

    Effectivement, je viens de voir qu’il est épuisé, ce qui explique que vous ayez beaucoup de mal à le trouver... C’est franchement un scandale parce que c’est un livre qu’on devrait enseigner en cours d’éducation civique, très jeune, tant il est d’une importance majeure pour comprendre le régime politique dans lequel on vit (il est très pédagogique par ailleurs). J’ai réussi à le trouver facilement en bibliothèque universitaire parce que je suis étudiant, j’espère qu’on peut le trouver dans certaines bibliothèques municipales. Essayez de vous renseigner dans les grandes autour de chez vous si ce n’est pas déjà fait.


    En tout cas, il faudrait vraiment rééditer ce bouquin, ce serait une oeuvre de service public.
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