Je persiste, vous ne voyez que ce qui vous arrange ...
Un juge ’catholique’ peut très bien être impartial, comme un juge ’juif’, on un ’athée’ quelque soit l’affaire à juger ... il peut être partial aussi, mais à ce moment là c’est trop tard.
Qui peut le mieux comprendre la différence entre blasphème et racisme pour bien juger Dieudo ?
Un athée, un scientifique, un trisomique, un sociologue, un chrétien, un musulman, un neurologue ?
Si un juge est réputé pour avoir des opinions qui nuisent à son jugement, alors, c’est le symptôme d’un problème en amont, un problème institutionnel !
Son choix, le fait qu’il est seul à décider, qu’il n’est pas contrôlé, qu’il n’a pas honte de justifier son jugement par des arguments stupides ....
Jean François Khan dit qu’à titre personnel il juge la Shoah comme incomparable, MAIS, il est capable, à titre citoyen, de comprendre qu’il ne faut pas la sacraliser, et qu’elle doit être collectivement considérée de façon relative.
Un humain ne peut pas faire mieux que ça ! Et c’est ça qui est beau dans une société. C’est le contrat social. Ce n’est pas d’attendre que tout le monde pense la même chose, ait intériorisé les mêmes valeurs ...
Suspecter quelqu’un est naturel, le cerveau n’a pas d’autre fonction.
Mais cette suspicion doit être au service du jugement au moment où cela sert à quelque chose de juger. En clair, à notre niveau de citoyens, notre jugement est à utiliser au quotidien, dans nos relations, dans nos réflexions politiques.
1) Il n’y a que ça que nous puissions faire ...
2) Puisque nous ne pouvons faire que ça, nous devons exiger que cette capacité à réflechir librement et sans rien sacraliser, sans rien fétichiser, soit suffisante pour construire de bonnes institutions...
Reconnaître quant Bricmont ou Jacob Cohen disent des conneries, a pour but, d’affiner avec eux notre stratégie, et non pas de les traiter de complices, de vendus, d’idiots utiles, de salauds ...
Tirons leçon du meilleur de Dieudo : le droit au blasphème, au delà du rire, doit surtout nous inciter à arrêter de nous rendre mutuellement cons, sous prétexte que nous croyons avoir un ennemi commun.
Le premier ennemi, c’est notre connerie qui anéantit toute recherche de stratégie.
Et laissons Soral avec sa mentalité de cour de récréation, récolter quelques banlieusards pour le compte du FN, pour respecter la promesse de néocolon capricieux qu’il a faite à sa Bourgeoise favorite.
"Contre existence des sayanims" "Combattre ceux qui soutiennent Israël"
Toute la question est de savoir comment.
Je suis contre cette stratégie consistant à se complaire dans le soupçon infondé et à confondre causes et symptômes.
Idem pour Bricmont, qui met en cause l’origine du juge Stirn qui a rendu un jugement défavorable à Dieudo...
Ces méthodes conduisent inévitablement à inciter la haine raciale et donc à être considérée comme complotiste par ceux qui ne savent pas nommer les choses, mais qui savent les ressentir avec raison.
Les gens ont le droit d’avoir les amis qu’ils veulent, et d’avoir les préoccupations, les lubbies qu’ils veulent ... chacun a le droit de faire du lobbying ...
Les gens ont le droit de se concerter et de tomber d’accord pour défendre une morale ou une autre, défendre les intérêt d’une politique ou d’une autre, dans un domaine ou un autre.
Les journalistes sont libres de leur orientation.
Que ça puisse servir le régime Israël in fine ... c’est difficile à estimer, mais surtout ça n’est pas interdit.
Donc, stratégiquement, c’est totalement foireux !
Si des croyances personnelles distordent les propos des journalistes, si cela les pousse à confondre racisme et blasphème, alors, il faut corriger ces propos, argumenter, montrer cet amalgame ...
Oui, mais voilà, on ne s’en sent pas capable, alors on préfère en rester au soupçon d’une entente prétendument illicite, invérifiable, légale et souvent de bonne foi !
"ils ont leurs règles du jeu" dit-il, l’argument typique des paresseux incapables de réfléchir, comme Zemmour !
La règle du jeu est dans la communication, dans l’argumentation, c’est une règle commune.
Je suis d’accord qu’il ne faut pas se laisser déstabiliser par les mensonges, par les récupérations historiques, par l’imputation de ses fautes sur les autres ...
Mais du coup j’irai même plus loin : ces considérations sont sans fin (dans les deux sens du terme) et il vaut mieux carrément passer à autre chose : au concret, à l’actuel.
Concrètement, cette possible "mauvaise conscience" contribue à créer une paranoïa collective, où tout ce qui est perçu de prêt ou de loin à cette entité nommée "antisémitisme" est identifié comme un danger potentiel de pogroms et autres holocaustes.
Ce n’est rien d’autre qu’une dynamique paranoïaque, du complotisme, qui ne peut se combattre que par la raison, et en temps réel.
Faire honte à ceux qui essentialisent, qui font des amalgames (non pas pour faire de l’esprit comme Dieudo, mais pour ’informer’ et donc tromper leurs auditeurs) me parait être la seule stratégie possible.
Les arguments historiques sont toujours des impasses.
Vous êtes trop pessimistes, Morpheus, mais ce n’est que le résultat d’une erreur conceptuelle.
D’abord, n’essentialisons pas la maladie mentale de tous les parleurs.
Un délire collectif, c’est le résultat d’un rapport de force sur le droit d’interpréter la réalité.
Non seulement les gouvernants ne sont pas nombreux, mais ils ne sont pas irrécupérables, ni totalement irrévocables.
Mais d’abord, avant de vouloir changer les plus paranos, il faut étouffer la paranoïa collective, il faut travailler jusqu’à faire disparaître la gène que nous avons à penser à tout ça, de façon à créer une vergogne inverse à la vergogne produite par cette paranoïa.
Et d’abord accepter que nous sommes tous agis par une vergogne collective, et que c’est la seule raison pour laquelle il faut oeuvrer pour en construire une meilleure.
La "psychose" n’explique pas tout, mais l’important c’est que pointer la psychose peut tout résoudre.
La tactique on ne peut pas l’empêcher autrement qu’en amont, par la compréhension des institutions qui lui donnent une raison d’être et qui la fabriquent.
Donnons à tout le monde les armes conceptuelles nécessaires pour se défendre contre les fausses évidences, les peurs exagérées, et dévoilons les motivations cachées qui sous-tendent ce que l’on a le droit de dire collectivement, et qui, au final produisent les choix politiques et les institutions qui permettent le lobbying ...
Je ne connais pas du tout le contexte rwandais, mais j’imagine qu’il n’y a rien eu entre le laisser faire et l’appel au meurtre.
Autrement dit ... il faut qu’entre gens du peuple, on puisse parler ouvertement des problèmes politiques, pour empêcher de faire des amalgames entre l’oligarchie et nos voisins.
Si nos voisins bénéficient des avantages d’une oligarchie qui les défend, il ne faut pas leur en vouloir d’en profiter, ni même leur en vouloir de ne pas le reconnaître facilement, mais il faut les ’harceler’ pour qu’ils reconnaissent la réalité du fait, son injustice, et qu’ils reconnaissent l’importance de le dire, et de le combattre pour le bien de tous.
Comprendre la même chose est donc primordial, et il faut lutter contre la parano de tout le monde, y compris celle des complotistes comme Soral qui empêchent eux aussi de comprendre le monde.