J’apprécie (à dose modérée) les discussions de bernard friot, mais je n’y adhère pas. Non que je remette en question l’intention socialiste, bien au contraire même, mais coté pratique, j’y voit un gros problème.
Il compare le salaire universel à la retraite ou la sécu, ok. Mais que se passe-t-il avec la retraite ou la sécu ? Elles se font réduire lentement mais surement depuis des décennies, réforme après réforme, hausse des prix après hausse des prix, par l’état et les puissances économiques. Il n’y a aucune raison qu’il en soit autrement avec le salaire universel, qui requiert un important mais peu fréquent risque de révolution social pour être mis en place par l’état et accepté par les patrons. Par ailleurs, ça transformerait le pays en consommateur et marchand de services, que c’est ou c’était déjà en partie le cas, et la production matérielle serait délocalisée ailleurs par les propriétaires des moyens de production et les rentiers, où ils peuvent tenir en otage les travailleurs et les exploiter dans des conditions encore plus dégueulasses.
Friot oublie d’aborder les rapports de force sur la durée, rapports de force qui ne sont que très rarement et pour de courts laps de temps à l’avantage des travailleurs, le reste du temps à l’avantage du capital, qui lui a tous son temps car il a le pouvoir.
Et l’histoire est là pour nous avertir, que dans une situation plus ou moins comparable, la semi-victoire, pour ne pas dire semi-échec, d’un immense et international mouvement social a conduit à l’apathie populaire, et l’arrivée au pouvoir de fascismes purs et durs, avant un renouveau capitaliste. Alors quitte à lutter, autant que ce soit pour une révolution, on aura toujours un salaire universel ou autre chose du genre en compensation d’un nouvel échec...
"Depuis plus de huit mois, des millions — je dis bien des millions- de
français manifestent pacifiquement dans toute la France pour défendre la
famille et les droits des enfants contre une loi nouvelle qui crée un
droit à l’adoption d’enfants et au mariage par les couples de même sexe.
Ce mouvement social est le plus important en France depuis Mai 68." 3 dimanches en 6 mois dans une seule ville et par même pas 300 000 personnes. Tu vis dans une grotte depuis mai 68 ? Rien que la précédente réforme des retraites ou plus clairement la lutte contre le CPE explose sur tous les plans ta manif de fachos.
C’est marrant, tout le long de l’article j’ai pensé à Soral, l’ancien publicitaire, l’ancien showman télévisuel, le névrosé demi-fou qui affirme sans raisonner, un homme rude qui contamine le net avec une vision du monde simple et cruelle (le grand complot juif), un discours quasi-religieux répété en boucle par une foule de moutons enragés incapables de raisonner, qui ne supportent pas la contradiction. Et "surprise", à la fin de l’article, je découvre qu’il s’agit encore une pub pour Soral.
Heureusement, ce livre sur la psychologie des foules comporte de grosses failles dans son raisonnement. La foule n’est pas une entité à part entière. Elle possède certes une grande influence sur chaque individu qui la compose, mais ça n’a rien d’inéluctable. C’est à chaque individu ou petit groupe de réaliser qu’il est dans une foule, et de réactiver sa raison, pour que chaque acte qu’il commette soit un acte réfléchi, non un effet de foule.
Pour prendre un exemple concret, une foule réelle, physique, comme on en trouve en manif, peut facilement céder à un effet de foule, comme par exemple la panique suite à une lacrymo ou un début de charge par les flics, et ainsi courir dans tous les sens et se piétiner. Mais il suffit de quelques personnes, et non des meneurs, qui gardent la tête froide parce qu’ils sont légèrement en retrait ou ont de l’expérience, pour juste étendre tranquillement les bras, et rappeler ainsi qu’il est inutile de paniquer. Par mimétisme et raison, d’autres feront de même lors d’un prochain début de panique. Mais ce fait, appliqué dans bien des manifs, implique certaines idées politiques et philosophiques qui ne correspondent pas à la vision du monde de l’auteur du bouquin, ni à celle de ceux qui mettent en pratique cette vision du mont, impliquant que les individus sont capable de s’autodiscipliner, sans conditionnement, sans meneur, sans service d’ordre.
Alors plutôt que d’espérer de gentils manipulateurs, un homme providentiel ou une quelconque autorité, raisonnez par vous même.
Pas pour rien que les supporters de l’extrême droite sont considérés
comme les idiots utiles du système, ils combattent pour, pas contre.
C’est le principe de la contre-révolution, maintenir le système en place par tous les moyens, quitte à créer un état dans l’état, des cellules à activer en cas de risques révolutionnaires, des opérations falseflag pour discréditer les militants.
Le suicidé de notre dame a été un des instigateurs de ces pratiques lors de la guerre d’algérie, au point que même degaulle coupa court à ces barbouseries, alors qu’ils étaient proches idéologiquement.
"cette Troisième Voie qui se revendique « anti-système » fait appel à :
des candidats PS, énarques, journalistes de revue atlantiste, des
patrons, des anciens animateurs télés… Curieuse façon d’être « contre le
système »" http://tiny.cc/detailss