@maQiavel Puisque ce n’est pas une loi, ça ne peut pas avoir de caractère obligatoire. Cependant, on peut demander à quelqu’un de faire quelque chose au nom d’un "principe" sans que cela soit rendu obligatoire par une loi. Je pense qu’aucune loi n’oblige expressément non plus un sportif qui vient de remporter une médaille d’or à écouter l’hymne national de son pays en position debout, par exemple, mais son directeur d’équipe pourrait malgré tout le lui demander "pour le principe". Je crois qu’aucune loi ne nous empêche non plus en France de péter ou roter bruyamment en public, même dans un bâtiment de la République, mais généralement on s’en abstient au nom du principe de politesse. Sinon, il nous sera demandé de cesser ou de sortir.
@maQiavel "Il a demandé à la femme voilée de sortir de la salle ou de retirer son voile au nom des principes laïques, sous prétexte que les débats se tenaient dans un bâtiment public."
Je ne vois pas où se trouve son erreur dans ce que vous décrivez. Ce serait une erreur de tenter de faire expulser la femme par la police en invoquant une disposition légale qui n’existe pas loi, mais le principe de laïcité en tant que tel ne se limite pas à son expression légale. (Il me semble en plus qu’il s’est adressé à la présidente et non à la femme elle-même.)
Le principe de laïcité s’incarne dans des lois, qui doivent s’adapter aux circonstances. La plupart des lois et règlements incarnant la laïcité datent d’une époque où la puissance publique devait principalement se départir de l’influence de la religion catholique, or la sociologie des croyances religieuses de la France a évolué.
@maQiavel Il est vrai que les gens ont de plus en plus tendance à penser qu’il existe "un droit à ne pas être choqué" d’où l’on pourrait faire dériver "une interdiction de choquer" et une possibilité juridique "d’interdire ce qui choque". C’est en grande partie à cause des journalistes et animateurs de débats qui répètent mille fois par jour sur les ondes des questions débiles comme : "Ca vous choque que ceci ou cela ?", "est-ce que vous avez été choqué d’entendre untel dire ceci ou cela ?", etc. Du coup, les gens dans les réunions professionnelles ou associatives, ou même en famille ont tendance à croire que le fait d’être "choqué" (ce qui ne veut rien dire, en plus), ou simplement contrarié, leur donne le pouvoir légitime de faire interdire ce qui en serait la cause ou l’occasion, comme si leur ressenti personnel était un critère de vérité ou de moralité. J’ai pu constater qu’il y a même des gens qui sont aujourd’hui capables de faire ça dans une réunion technique concernant, par exemple, la résistance des matériaux : "Ca me choque de lire sur ce rapport d’ingénierie que tel béton serait plus résistant que tel bois pour le nouveau pont de notre commune, parce que j’aime le bois et que j’ai le droit de préférer le bois."
@maQiavel "Les arguments de Julien Odoul qui a demandé à la femme voilée de sortir des bâtiments du conseil régional au nom des principes laïques, sont bien évidemment mauvais"
@maQiavel "Au rythme où vont les choses, notre régime sera de plus en plus régis par cette pulsion qui consiste à expurger de la société tout ce qui déplait, qui heurte les sensibilités, que l’on trouve répugnant, et donnera naissance à la tyrannie des ressentis et des émotions."
C’est une perversion croissante en effet, il s’agit du "politiquement correct" qui nous vient des Etats-Unis combinée à la dévirilisation des pays de l’Europe du Nord.
J’espère que ce que je vous dis là ne vous "choque" pas, que mes mots n’ont pas trop "d’emprise" sur votre conscience qui pourrait s’en sentir violée quelque part, que vous n’en subissez pas un "traumatisme" nécessitant une prise en charge par une équipe de soin psychologique d’urgence dans l’attente d’une longue micro-psychanalyse.