https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/https://hormon-osteoporosezentrum.de/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/https://akperstg.ac.id/
zonawin777zonawin777
lloyd henreid - Agoravox TV

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV Mobile

lloyd henreid

lloyd henreid

misanthrope

Tableau de bord

  • Premier article le 05/10/2013
Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 1 88 13
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0


Ses articles classés par : ordre chronologique




Derniers commentaires




  • vote
    lloyd henreid lloyd henreid 14 juillet 2013 17:56

    « Ils sacrifient une partie de leur salaire ? Là je débarque, pouvez-vous préciser ceci ? En quoi sacrifient-ils une partie de leur salaire ? C’est une vraie question, pas de sous-entendus ironiques, quelque chose doit m’échapper. »
     
    Je vous renvoie à la définition du mot "grève", sans sous-entendus ironiques mais simplement : les gens semblent oublier parfois... souvent... de plus en plus... que les heures non travaillées ne sont en principe pas payées. C’est le droit et il s’applique semble-t-il aussi aux "nantis" de la SNCF : voir ici ou encore pour des sources primaires (pardon pour le trait d’ironie qui ne vous vise pas). Cet article du Monde nous le confirme aussi : les cheminots, comme tout le monde, renoncent au paiement des heures qui ne sont pas travaillées. Faire grève leur coûte donc une partie de leur salaire comme tout le monde ce qui est d’ailleurs parfaitement normal.
     
    « Je suis en partie d’accord avec ce que vous avez ajouté. Je conçois tout à fait qu’il faille à la base des moyens de faire entendre à sa hiérarchie que quelque chose déconne, qu’il y a dysfonctionnement et qu’il lui faut quelque peu changer de cap avant un drame, mais pensez-vous que la grève soit le seul moyen possible ? Pensez-vous que ce besoin doit se payer de désagréments réguliers pour les usagers ? »
     
    Je pense qu’à partir du moment où les décideurs sont complètement déconnectés du terrain, et ignorent les réclamations tant des clients que de leurs employés, seul ce bras de fer à qui cèdera le premier permet de faire évoluer les choses. C’est l’essence-même du droit de grève que de faire comprendre à l’employeur que sans employés, pas de production et que sans production, pas de pognon ! De même qu’un citoyen lambda est plus facilement convaincu par une prune que par un panneau lui demandant de limiter sa vitesse, un patron peut ignorer ce qu’on lui dit mais réagit quand on commence à taper au portefeuille. C’est malheureux mais ce bras de fer est nécessaire pour équilibrer le rapport employeur-employés. Les syndicats jouent — certes mal en ce moment — un rôle de contre-pouvoir efficace dans cette optique.
     
    « Par ailleurs, pour ce qui est des dysfonctionnements, je ne suis pas d’accord pour n’en rejeter la faute que sur la hiérarchie. En tant qu’usager, moi, c’est toutes les semaines que je vois des manquements individuels à la base qui, mis bout à bout, dégénèrent en désordre généralisé. |...] Je veux tout simplement dire par là que le dysfonctionnement global est forcément jalonné d’erreurs à tous les niveaux. Dans le privé, ça arrive aussi, bien évidemment, mais d’une part c’est un motif de licenciement, d’autre part, ce n’est pas fait avec l’argent du contribuable. »
     
    Je ne nierai pas qu’il y a des parasites et j’en connais... ’y en a même qui squattent des postes, que personne ne supporte et qui privent des gens sérieux qu’on aimerait garder de ces mêmes postes. Et je peux vous dire que j’en ai vu aussi, des "collègues" — car oui, honte à moi, j’ai bossé un peu dans le public ! — qui se plaignaient à leur hiérarchie de se taper cinq fois leur dose de taf’ parce qu’il faut prendre aussi celle de ceux qui ne branlent rien. On en revient à ce que je vous expliquais : la hiérarchie trouvant plus commode de ne rien dire (du moment que certains sont assez cons pour bosser le double, où est le problème ?), vient un moment où ceux qui "font le boulot" n’ont d’autre choix que de faire grève pour forcer ladite hiérarchie à faire le sien. La majorité des fonctionnaires que j’ai rencontrés étaient des gens dans l’ensemble sérieux et qui passent leur temps à jouer aux chaises musicales en faisant le saut d’un poste à l’autre constamment. Parce que d’une part il y a des parasites, certes — dans le privé aussi d’ailleurs —, et d’autre part parce qu’il y a de moins en moins de moyens. Dans la mesure où c’est la hiérarchie qui décide, c’est à elle de faire le nécessaire pour 1) faire le ménage et 2) veiller à ce que l’affaire tourne correctement. Malheureusement, elle le fait rarement.
     
    « --- Pour finir...
    Peut-on affirmer que les cheminots soient, à l’heure actuelle, les plus mal lotis ? Comment expliquer les armées de jeunes, avec ou sans diplômes, désireux de rejoindre leurs rangs ?
    Autre chose :
    Imaginez qu’il faille bientôt délester l’État d’une charge énorme.
    Choisiriez-vous les transports... ou la police ?
    Les transports... ou l’armée ?
    Les transports... ou l’éducation ?
    Les transports... ou la santé ? »

     
    Je ne choisis pas entre le pire et le moins pire, pas quand ce choix est à la fois forcé et illégitime. Pendant que des nations entières souffrent du chômage et bradent tous les biens publics acquis au fil des siècles, certains, très peu nombreux, cumulent des milliards dont ils n’ont objectivement pas besoin pour vivre. J’ai rien contre le fait que certains gagnent plus, c’est normal aussi de valoriser le travail. Mais je pense comme Chouard que ces gens-là sont "malades" et qu’on n’a pas à les laisser nous piller de la sorte. Mon choix se porterait sur un État jouant son rôle de contre-pouvoir et assurant le minimum de redistribution pour éviter qu’à force de tout vendre, nous n’ayons plus rien et qu’un chaos à la syrienne s’installe. Et si ça fait de moi un méchant rouge que de le dire, un idéologue ou que sais-je d’autre, tant pis ! C’est juste ça ou l’effondrement dans le sang que chacune de "vos" solutions ne peut que nous apporter. Je dis "vos" mais je devrais plutôt dire "leurs" parce que le génie des oligarques en place, justement, c’est de vous réduire à ces choix qui n’en sont pas vraiment. En gros : tu préfères qu’on te la mette d’abord dans la bouche ou ailleurs ? (Pardon pour la vulgarité.) Je vous donne mon idée, Éric : vous choisirez l’une ou l’autre de ces options pour seulement quelque temps plus tard choisir la suite. Ils prendront tout dans l’ordre que vous déciderez.
     
    « PS : Au sujet de votre exemple entre Free et Orange. À plusieurs reprises vous avez mentionné le hold-up de Free par rapport à Orange. Je peux vous garantir que le mec de Free est une véritable star dans tous les milieux sociaux ! Ce néo-libéral a cassé les prix, foutu la merde, lancé le principe des box et le tout-en-un... Qu’importe la qualité aux usagers ? Peu leur chaut, ils butinent, changent chaque année de prestataire. Le seul critère retenu : les prix tirés vers le bas. Et ça, c’est dû à Free, sûrement pas à Orange dont les hotlines laissent parfois également à désirer (je précise que je suis chez Bouygues après avoir été Orange, puis Free, et que c’est aussi chaotique que les autres. Et dans un mois, je passe à Numéricable). »
     
    Je suis chez Orange et je n’ai jamais eu de problème avec la hotline. En revanche j’ai plusieurs connaissances qui récemment, sont passés chez Free pour le fuir presque aussitôt. Ce ne sont que des exemples et ils ne font pas la règle, mais ça ne change rien à la logique de mon raisonnement. De plus il est encore très tôt pour juger de l’effet de cette mise en concurrence, ça fait combien de temps que Free est sur le marché ? Le problème tel que je le perçois — je me trompe peut-être —, c’est que les conséquences ne sont pas visibles de suite. Pour l’instant c’est bien, les prix tirés vers le bas, et puis ça tombe nickel vu que les gens n’ont plus d’argent. Je pense que ça tiendra comme ça en mode magique, en mode "on rase gratis", jusqu’à ce qu’on réalise — d’ici dix, vingt ans ? — qu’on ne fait plus assez de recettes pour entretenir un réseau qui aura vieilli. Un peu comme EDF et la "fée électricité", devenue "fée-lation" (je suis d’humeur grivoise :p), qui après nous avoir foutu partout des centrales "sûres" pour une énergie "pas chère", nous explique maintenant que les prix doivent augmenter pour entretenir les mêmes centrales devenues vétustes et — même s’ils ne l’admettent pas — potentiellement dangereuses. Bah là on fait pareil avec la super 4... 5... 6G permettant de surfer si t’as les moyens de payer l’i-Phone, on fait du mieux, du beau, plus puissant et moins cher, la surenchère du cosmétique et pas besoin d’être un génie pour comprendre que quand le prix baisse et que le service "visible" augmente, il y a toujours d’autres trucs qu’on néglige à côté.
     
    Mais je me trompe peut-être, l’ami — en fait je l’espère. On en reparlera dans vingt ans si vous voulez (à condition bien sûr qu’on survive à la guerre civile).
     
    Bien cordialement.



  • vote
    lloyd henreid lloyd henreid 14 juillet 2013 15:31

    Erratum : peu de chances que j’en aie * pour tenter de l’investir.



  • 2 votes
    lloyd henreid lloyd henreid 14 juillet 2013 15:28

    « Du coup, pour maintenir l’existence des ces travaux essentiels mais peu valorisants, mais qui seraient mis en péril par la liberté acquise grâce au revenu universel, cela vous contraint à imaginer... l’obligation.
     
    Remarquez, on pourrait aussi employer des esclaves pour ce genre de tâche, ou encore des intouchables... »

     
    Je n’aime pas cette manière de feindre de ne pas comprendre... vous détournez mes propos en me faisant passer pour un facho, c’est très vexant. Je vous parlais de "prendre des tours" pour que justement, plus personne ne soit contraint à faire partie d’une caste "intouchable" à la française.
     
    C’est vous-même qui émettiez cette objection que le travail est nécessaire et que cette "obligation" d’accomplir certaines tâches ferait obstacle à l’idée du revenu de base. Aussi vous expliquais-je qu’il y a d’autres moyens que les castes pour faire en sorte que ces tâches soient accomplies.
     
    Prendre des tours nous obligerait certes toujours à acquitter ces tâches puisqu’elles sont nécessaires. Mais contrairement au système en place qui semble mieux vous convenir, plus personne n’aurait à subir cette contrainte ni l’humiliation qu’elle représente — chacun étant logé à la même enseigne — jusqu’à la fin de ses jours.
     
    Le RSA ne fonctionne pas parce qu’il ne permet pas de vivre, tout simplement. Il ne permet donc pas non plus de s’affranchir des contraintes que j’évoquais, ni ne favorise l’initiative personnelle. Si j’ai pas assez de sous pour déjà me nourrir, il y a peu de chances que j’en ai pour tenter de l’investir dans un projet fut-il de nature artisanale.
     
    Je note d’ailleurs que vous en revenez sans cesse à l’artisanat comme si c’était le seul type de travail (= manuel à visée matérielle) possible et respectable. Le concept de base d’une société consiste à vivre ensemble dans le but de partager les tâches pour plus de confort, c’est ce qui rend le sacrifice d’une part de liberté individuelle tolérable. Nous n’avons donc pas besoin d’un système où chacun serait artisan et produirait des biens 100% matériels. Je trouve inquiétant et à la fois symptomatique du monde moderne le fait que vous omettiez complètement, dans vos arguments, les questions de culture qui elles aussi représentent un travail utile. Culture et travail intellectuel, social, etc. plus globalement.
     
    Pour ce qui est du financement, je pense que vous découvrez le revenu de base. Renseignez-vous sur le coût de l’actuel système d’assurance chômage et du suivi qu’il implique, c’est colossal et ça ne fait bien sûr qu’augmenter. Supprimer la composante "emploi" et admettre que chacun a le droit de vivre, donc d’avoir un minimum de ressources pour vivre, permettrait de supprimer tout ce dispositif administratif lourd et extrêmement coûteux. Les économies réalisées dès lors suffiraient à financer le plus gros du revenu de base et pour le reste, il y a plein d’argent et de solutions à débattre. Si l’État n’a pas les moyens, c’est aussi parce qu’il s’en laisse déposséder.
     
    Pour cette raison je vous rejoins sur l’idée que le libre échange est d’une part un poison et d’autre part une imposture. Demandez à ceux que la mondialisation a ruinés ce qu’ils pensent de la concurrence libre et non faussée. L’État doit assumer son rôle de régulateur tout comme l’Europe et plus globalement, les institutions supra-nationales. Le problème c’est qu’en lieu et place du bien commun, elles opèrent un insoutenable racket de tous les peuples. La conséquence est en effet l’interdiction de travailler pour cause de chômage, lui-même lié au dumping, lui-même lié à une certaine conception (faussée) du libéralisme que défendent les oligarques dans leurs propres intérêts.
     
    Cette interdiction est une violation des droits de l’homme — comme je l’ai déjà dit — et le revenu de base est une piste pour changer ça. C’est peut-être pas l’idéal, j’en sais rien, j’essaie juste de vous donner les clés du concept. Je n’attends pas de vous que vous soyez d’accord, vous êtes libre de vos opinions mais de grâce, ne déformez pas mes propos.
     
    Bien cordialement.



  • 1 vote
    lloyd henreid lloyd henreid 14 juillet 2013 14:43

    Merci pour ces réponses intéressantes, Éric :) et je reviens brièvement sur micnet :
     
    « ---> Il est bien évident qu’il ne s’agit pas d’attendre d’avoir des morts pour se poser les bonnes questions. Or justement, il me paraît évident qu’une privatisation de la SNCF, même en situation monopolistique, obligerait le nouvel actionnaire à ENCORE PLUS de précautions à mettre en place, d’autant que ce dernier serait regardé ’à la loupe’ à cause de cette nouvelle situation. Par ailleurs, même en situation de monopole, si un drame venait à survenir cela aurait forcément un impact non négligeable sur la fréquentation du transport ferroviaire, du moins sur le court terme (tout le monde n’étant pas obligé de prendre ce type de transport) et du coup, la situation financière s’en ressentirait d’autant plus que ce n’est pas l’état qui viendrait au secours de ce nouvel actionnaire...  »
     
    C’est vous cette fois qui faites de l’idéologie ! Il ne me paraît à moi pas évident DU TOUT (pour les raisons que j’ai déjà expliquées) que cela oblige à "encore plus de précautions" — et pour ce qui est de l’impact financier, j’entends bien, mais comme disait Éric :
     
    « lorsque la qualité des téléphones portables d’une certaine marque se dégrade, les clients vont effectivement voir ailleurs, libre à cette marque de redorer son image par la suite. Mais si cela concerne un train sur des rails, la perte de qualité se fait directement ressentir par un accident possible, d’où des morts, et nous sommes tous d’accord pour dire qu’il n’est pas envisageable d’attendre l’advenue de ce genre de choses comme pierre de touche de la qualité ! »
     
    Je voudrais aussi remarquer que dans la source unique, partisane, et dépourvue de liens externes d’Enquêtes & Débats, le taux "formidablement faible" d’accidents pour l’année 2007 — et seulement celle-ci, je vous le rappelle — en Grande-Bretagne est attribuée, avec culot, à la mauvaise gestion publique du réseau avant 1993 càd 14 ans plus tôt. C’est pas vraiment le meilleur exemple pour me convaincre que des opérateurs privés tendraient à assumer plus directement leurs fautes que ne le fait actuellement la SNCF !
     
    « Je veux dire par la que l’on ne peut pas éternellement excuser le manque totale de qualité des services délivrés par la SNCF en nous faisant miroiter l’enfer libéral anglo-saxon !!! Et si les moyens financiers ne sont pas étrangers à la résolution d’un tel problème, il me semble obscène, de nos jours, de demander ces moyens à l’État qui croule chaque jour davantage ! »
     
    Tout à fait ! Mais le fait que la SNCF subisse des difficultés ne doit pas non plus nous forcer à courir dans les bras de cet enfer anglo-saxon que Wesson nous rappelait. Par ailleurs je pense que vous savez comme moi pourquoi l’État "croule chaque jour davantage", bizarrement c’était pas le cas, ou pas aussi gravement, avant que l’Europe ne se charge de libéraliser tout ça (à commencer par les banques et leurs "intérêts" qui ne sont pas les nôtres). C’est pas parce que les représentants de l’État baissent constamment leur froc que c’est normal et que, comme disait Thatcher, "il n’y a pas d’alternative" : l’alternative c’est aussi de dire "stop" quand le privé se met en tête de toucher à ce que l’on considère comme "service public", "bien commun", ou "intérêt général". Marrant comme pendant que l’État ou plutôt "les" états se portent mal, les milliardaires, eux, se portent bien et sont de plus en plus nombreux ! Et ce sont rarement des fonctionnaires qui "profitent du système" avec leurs retraites à 1000€ par mois.
     
    « Il faudrait choisir : soit la sécurité de l’emploi à vie, soit le droit de faire grève. Or, on constate que les gens le plus souvent en grève sont précisément ceux qui ne risquent pas de perdre leur emploi !!! Voilà une situation paradoxale que les syndicats ne pointeront jamais du doigt. »
     
    J’utilise aussi les transports en commun et sais donc pour l’avoir vécu que c’est très pénible. Cependant ne perdez pas de vue que comme l’explique henocconeh (sans majuscule pour respecter le palindrome :p), la problème tient à ce qu’une hiérarchie en partie corrompue laisse faire les choses. Le cheminot qu’il bosse à bord des trains ou sur les voies ne fait qu’obéir et n’a pas de pouvoir pour les faire changer, pire : c’est lui qui est en première ligne pour prendre en pleine face la colère des usagers en cas de retards d’un quart d’heure... aussi le droit de grève me semble fondamental : c’est ce qui permet à ces employés (qui sacrifient une partie de leur salaire, faut pas l’oublier quand même !) de 1) montrer qu’eux non plus ne trouvent pas ça normal et 2) attirer l’attention du public sur autre chose que le pauvre type qui fait de son mieux sur le quai. La grève est d’abord un moyen de se désolidariser de la hiérarchie quand celle-ci déconne et par ses mauvaises décisions, in fine menace la pérennité de l’entreprise. Les gens déçus s’en prennent au petit personnel, c’est la première étape pour faire bouger les choses. Ensuite le personnel fait remonter à sa hiérarchie et utilise la grève comme moyen de la faire plier et d’évoluer dans le bon sens. Il faut aussi que le public prenne enfin conscience du fait que ces petits employés n’y sont pour rien, et que ce sont les élus qui gèrent la SNCF dans le cadre de débats parlementaires et d’enquêtes sénatoriales que personne ou presque ne regarde. C’est aussi ça, l’appel des grévistes : regardez ce qui se passe au-dessus et cessez de vous en prendre à nous ! C’est pas marrant pour eux de voir que faute d’effectifs, le service se délie et qu’à cause de ça ils risquent de perdre leurs emplois.
     
    « Tôt ou tard se fera sentir un vrai débat sur le commun, sur la remise en question de l’individualisme, sur les valeurs communes, leur hiérarchie et sur la place du tout-commercial. À suivre donc... »
     
    C’est tout à fait ça... mais dans un système libéral ou plutôt "néo-libéral" où tous les coups sont permis, et où — comme disait Huxley notamment — les gros ont tout loisir de manger les petits, il suffit d’un fruit pourri pour gâter tout le panier. Au fond je n’en veux pas aux gens du privé pour les pratiques de dumping etc. : suffit que l’un d’entre eux fasse baisser ses tarifs de manière déloyale pour que tout ceux capables d’en faire autant y soient aussi contraints, et accessoirement pour que les plus "petits" (= ceux qui n’ont pas les moyens d’investir dans des fabriques en Chine ou au Bangladesh) se retrouvent ruinés sur le carreau. Toute idéologie mise à part, je crois sincèrement qu’un État fort et sain a pour rôle et devoir de veiller à ce que la compétition (= mise en concurrence) se fasse dans le respect d’un minimum de règles pour éviter le marasme dans lequel on se trouve. Dans la mesure où il renonce globalement à jouer ce rôle, je préfère qu’il garde une prise directe sur les services importants en termes d’usage et de sécurité plutôt que de laisser la SNCF (puis les hôpitaux... les routes... les écoles...) aux mains d’opérateurs privés qui lui échapperont et qui, livrés à une concurrence libre et surtout "sauvage", ne manqueront pas tôt ou tard de prendre des risques. Il suffit qu’un opérateur fasse une manœuvre à la Free (que l’État n’a pas recadré malgré les avertissement d’Orange notamment) pour que les autres soient contraints d’aligner leurs prix et donc de faire des sacrifices sur la qualité des lignes (téléphoniques ou ferroviaires), du service client, du confort etc. — suffit d’un fruit pourri et les autres suivront. Et s’ils ne le font pas, le plus audacieux grossira et mangera les petits pour créer un nouveau monopole qui cette fois sera privé donc exit à la fois la concurrence auto-régulatrice et l’État qui ne pourra alors plus rien dire sous peine d’être accusé d’entrave à la liberté d’entreprendre ou de ne pas aimer les riches, etc. — on en revient toujours au même, en toute logique !



  • 1 vote
    lloyd henreid lloyd henreid 14 juillet 2013 13:32

    @ ffi :
     
    Le travail, c’est contribuer à faire quelque chose d’utile pour soi-même ou pour la société ; disons que c’est l’acte de produire quelque chose. L’emploi, c’est un travail contre rémunération avec toutes les règles ou contraintes sociales, hiérarchiques, etc. que cela implique dans le monde moderne ; c’est une conception du travail basée sur ces contraintes sous peine d’exclusion sociale donc de mort (virtuellement et à l’extrême dans la mesure où sans travail, pas de revenus et sans revenus, pas de subsistance).
     
    Le postulat de base des apôtres du revenu universel, c’est en général ce constat qu’il n’y a simplement plus assez de travail pour tout le monde. Entre la crise, le fait qu’on soit dans ce que j’appelle (peut-être à tort) "fin de cycle économique" (= contrairement à l’après-guerre où les besoins en main-d’œuvre sont plus importants, aujourd’hui ils sont moindres), l’industrialisation qui tend à remplacer l’homme par la machine, etc. — tout cela nous donne du chômage qui grimpe sans cesse et prive injustement (= contre leur gré) des humains d’emploi donc des moyens de subsistance que ce rapport traditionnel au travail leur permettait.
     
    L’idée du revenu de base tel que je le comprends, c’est que dans la mesure où l’emploi ne joue plus son rôle ni de moteur économique, ni surtout de subsistance, nous avons besoin de mettre en place un nouveau système pour à la fois relancer l’économie (consommation) et surtout, vu qu’on est tous un peu frères quand même, faire en sorte que personne ne soit contraint à la rue et à la faim (pour schématiser). C’est pas seulement de l’altruisme mais ça participe aussi de ce constat que les gens ne meurent pas dans le silence, surtout quand ils sont (et ils le deviennent) nombreux : la lutte des classes s’intensifie et la colère gronde. Les jeux ne suffisent plus à noyer l’absence de pain, et sauf à pallier cette absence, ça va péter très fort et pour tout le monde.
     
    Le revenu de base se présente donc comme un moyen d’apaiser ces tensions en assurant à chacun le minimum pour vivre, sans qu’il soit pour cela nécessaire de mendier des "emplois" qui n’existent plus en quantité suffisante pour tout le monde de toute façon. Il part aussi de l’idée que supprimer l’emploi libèrerait au contraire le potentiel de "travail" libre et volontaire des gens qui en sont privés, parce que l’oisiveté justement n’est pas une inclination naturelle de l’homme dont l’instinct est fondamentalement créateur. Pour exemple actuellement, le bénévolat se développe notamment dans les tranches d’âge supérieures = retraités qui souvent sont plus actifs qu’ils ne l’étaient en tant qu’employés. Divers sondages ont aussi montré que la plupart des gens entendraient plutôt soit garder leur emploi (pour ceux qui en ont), soit encore faire autre chose, reprendre des études, etc. si le revenu de base était implémenté. La proportion de gens qui expriment l’intention d’en profiter pour ne plus rien faire serait minimale d’après les divers sondages que j’ai vu passer.
     
    Pour résumer sur un truc que vous comprendrez, je pense : étant chômeur, je suis contraint de passer mon temps à chercher du travail qu’on me refuse. L’absence de postes en quantité suffisante me force à diversifier mes recherches vers des domaines autres que le mien, alors que dans ces mêmes domaines, des personnes qualifiées sont aussi et tout comme moi sur le carreau. S’il m’était permis de survivre sans avoir à justifier de ces recherches (= faire des lettres à la chaîne pour trace écrite, le plus souvent sans que personne ne daigne y répondre), je pourrais mettre à profit les compétences qui sont les miennes pour produire un vrai "travail" plus utile socialement que ces recherches. Je pourrais même oser lancer ma propre activité, libéré des contraintes et de la peur de faire faillite en me ruinant complètement et pour toujours. En clair : un revenu de base me libérerait de ces chaînes qui m’entravent et me contraignent à de vaines recherches inutiles au profit d’un "travail" qui, sans être un "emploi" à proprement parler, serait tout de même plus utile que ces recherches.
     
    Après l’on peut imaginer toutes sortes de dispositifs pour que le travail socialement vital soit effectué. Par l’incitation en donnant à ceux qui bossent un salaire supérieur au revenu de base, ou pourquoi pas par l’obligation — si nécessaire — en demandant aux gens de contribuer à telle ou telle tâche pour laquelle nous manquerions de main-d’œuvre "spontanée" — bref on peut imaginer plein de choses autres que l’emploi tel qu’on le conçoit depuis l’après-guerre. Chouard exprime aussi cette idée que je trouve chouette selon laquelle les tâches dites "ingrates" (qui en fait le sont surtout par le jeu des contraintes : la caissière ou l’éboueur sont perçus comme des échecs n’ayant pas eu d’autre choix, mais détestent-ils nécessairement ce qu’ils font ? Il n’y a pas de sot métier mais de sots observateurs...) pourraient être effectuées à tour de rôle si personne n’en veut : je prends mon tour de ramassage d’ordures pendant six mois, après ce sera à vous ou à quelqu’un d’autre de le faire. Le turnover serait d’ailleurs d’autant plus simple à mettre en place que ce sont des métiers, généralement, requérant un faible niveau de qualification. C’est pour ça d’ailleurs qu’on "punit" les gens pas très scolaires en les leur collant.
     
    J’ai l’impression que mon message est assez brouillon, mais je pense qu’il n’est ni "excessif" ni tout à fait naïf. Partons juste du principe que ça ne fonctionne plus, qu’il faut autre chose et imaginons la suite ! Le changement fait toujours peur mais il est nécessaire. N’oubliez pas non plus que le seul moyen de maintenir "ce" système obsolète (= l’emploi) en vie impliquerait de tout casser pour reconstruire, et que les médias appartiennent pour la plupart soit à des financiers, soit à des marchands de béton et/ou de canons. Je pense qu’il serait bien pour une fois d’évoluer ("évolution" et non "révolution" qui ne signifie jamais que "revenir au point de départ") et d’éviter le bain de sang. Nous sommes au moment critique où il faut choisir : changer ou recommencer, dans l’inédit ou dans la douleur. J’espère que nous prendrons la première solution (mais je suis assez pessimiste, sincèrement).
     
    Bon courage et bonne chance à vous pour vos recherches.

Voir tous ses commentaires (20 par page)

Les thèmes de l'auteur

Médias Arnaud Montebourg


Publicité


Publicité


Palmarès

Publicité