Les histoires personnelles aident à mieux comprendre et je vous remercie
de partager un peu de la vôtre. Il y a peut-être un peu d’euro-neuneu
bien au chaud dans la façon dont j’appréhende ces choses étranges mais,
lorsque je visionne ces images, j’ai l’impression de voir le Mal en
face. Au chaud et de loin mais ça suffit pour mon sommeil... Le pire
c’est que je vous rejoins sur l’idée que la guerre peut être belle
parfois, quand on se bat pour quelque chose, un "meilleur" toujours
subjectif mais auquel on croit. Or ici il n’y aura, je pense, jamais de
"meilleur" : ces gens se sont laissés brièvement berner par un
soulèvement qui n’avait rien de populaire, et souffrent pour se faire
sans doute confisquer au final — et comme tous les autres — "leur"
rébellion. Tragique à chaque étape et le pire est à venir. - Je
vous rejoins aussi sur l’idée que guerre et barbarie vont souvent de
pair, mais pas toujours et pas toujours à ce point-là. Un tel niveau de
barbarie requiert plus qu’une simple envie d’en découdre : une haine, un
fanatisme aveugle et déshumanisant qui (à mon avis) ne peuvent qu’être
construits. Le fait qu’ils aillent souvent — mais pas toujours — de pair
implique aussi que les deux ne sont pas "un", que guerre et barbarie
sont des concepts différents bien qu’ils soient en pratique souvent
mêlés. Là-dessus donc aussi, et dans les nuances, je vous rejoins.
Enfin... je vous laisse maintenant et m’éloigne de ce fil car j’ai
vraiment besoin de rassembler mes idées. Merci pour vos réponses qui
m’aident à avancer.
Oh et je regrette, Machiavel... j’aime vos commentaires souvent très
pertinents mais quand vous dites "c’est la guerre" (donc normal), je ne
suis pas d’accord. La guerre c’est détruire l’autre quand c’est
nécessaire, quand pour une raison ou pour une autre on n’a pas le choix —
généralement c’est plus une question de survie. Mais la guerre si moche
soit-elle ne va pas nécessairement de pair avec "décapiter à coups de
machette" ou "bouffer des morceaux de cadavres encore tièdes" — ça,
c’est pas la guerre mais la "barbarie" et autant de crimes dont
l’humanité devrait s’indigner. Profaner des corps fussent-ils ceux de
l’ennemi, s’acharner dessus comme ils le font, c’est indéfendable. Et
anormal même dans un contexte de guerre.
Je ne doute pas qu’il y ait à redire des deux côtés mais... ça rappelle
quand même un peu beaucoup la Libye, le vilain dictateur autoritaire
qu’il faut abattre et à la fin, on sait ce que ça a donné. Bachar n’est
sans doute pas un enfant de chœur non plus, pas plus que ne l’était
Kadhafi mais au moins, ce dernier faisait régner l’ordre dans son pays.
Ce qui permettait à chacun de vivre sous le coup d’une loi certes dure,
poigne de fer "sed lex", un semblant d’ordre au moins, et au pays d’être
en passe avant sa chute de devenir un peu la locomotive d’une Afrique
qui en avait bien besoin pour son développement. - Ça n’empêchera jamais BHL
de dire que cette guerre en Libye fut la première défaite politique de
l’islamisme, mais vous et moi ne savons que trop bien ce qu’il en est :
des rebelles fanatiques qui ont pris le pouvoir "grâce à nous" et dont
la toute première décision publique consista à rétablir la charia, ou un
truc dans le genre, juste avant que le pays n’éclate comme l’avaient
prédit ces farfelus de Meyssan ou de Ramadan entre autres. C’est
aujourd’hui le chaos qui règne en Libye, comme en Irak ou ailleurs,
suffit d’une recherche sur Google actu pour l’apprendre ou s’en
souvenir. - Je crains que la même chose ne se produise en Syrie,
avec des rebelles encore plus cinglés si possible, équipés et soutenus
par l’Occident pour faire tomber le régime certes autoritaire, mais
relativement laïc et progressif de "Bachar" (comme dirait Fabius...
genre "mon pote que j’appelle par son prénom"). Les minorités
chrétiennes du pays se pissent dessus, terrorisées à l’idée que ce
pouvoir central qui jusqu’à maintenant les protégeait, puisse tomber et
laisser la place à des égorgeurs. Le chaos dans ce qu’il a de pire,
comme un avant-goût de l’enfer en HD. - Pendant ce temps à l’ONU,
le choix du successeur du non-encore-défunt "Bachar" a été fait par la
France, la Russie, le monde entier à l’exception notable du peuple
syrien (qui a-t-on appris, soutiendrait plutôt le régime), et ce choix
s’est porté sur un homme d’affaire américano-syrien proche des Frères
musulmans établi (tant qu’à faire) aux USA depuis qu’il y est allé faire
ses études dans les années 1980... cherchez l’erreur. L’opposition
"choisit" son successeur et le peuple, lui, devra faire avec. Rien de
nouveau depuis les élections de 2012 "boycottées" par l’opposition comme
par la sacro-sainte "communauté internationale" (également connue sous
le nom de "monde occidental"). - Pour toutes ces raisons, je
persiste à penser que le régime en place n’est pas idéal mais que c’est
un "moindre mal" pour le peuple aujourd’hui déchiré par une guerre non
pas civile, mais religieuse et — surtout — venue de l’extérieur. La
démocratie verra le jour en Syrie quand la Syrie sera prête à
l’accueillir mais ce n’est pas à l’Occident de la lui imposer et de
toute façon, ce n’est pas (à mon avis) son intention que d’"émanciper"
le peuple syrien. Tout ça c’est rien qu’un condensé de vomi néo-colonial
sanguinaire sur fond de censure et de propagande pour le plus grand
malheur de gens qui, au fond, ne demandent qu’à vivre en paix... mais
c’est déjà plus qu’on ne daigne leur accorder.
C’est vraiment terrifiant. J’avais vu des images de chasse aux Noirs en Libye suite à la chute du régime et il m’avait fallu beaucoup de temps pour m’en remettre. Si tant est que je m’en remette un jour. Mais là le niveau d’obscénité bat des records : le cannibalisme sauvage au nom d’Allah, perso je crois que mes amis musulmans auraient vomi. Il est cependant regrettable que ces images ne soient pas plus explicitement sourcées. - J’ai vu aussi sur Euronews des images de "gentils rebelles" jetant des corps à la foule du haut des immeubles. Pas de mots suffisamment forts pour exprimer mon dégoût, non : mon horreur d’entendre "notre" ministre faire le jeu de ces gens-là. Dans l’indifférence générale malgré tous les "lanceurs d’alerte" qu’on attend plus sur les rémunérations de nos ministres que sur l’œuvre du Mal de par le monde. Les gens sont pris à la gorge : la crise, pas de boulot, obnubilés par l’immédiat, le quotidien, le sous-mes-yeux sans se rendre compte que tous ces crimes, aussi, sont commis sous leurs yeux et à deux pas d’ici. - Nous semons ou plutôt laissons semer dans l’indifférence générale le chaos, l’abomination dans des pays qui sont à la fois les détenteurs des ressources stratégiques dont nous dépendons, sur lesquelles repose toute notre économie ; et s’agissant de la Syrie, bordée par Israël au Sud-Ouest et la Turquie au Nord : nos voisins et alliés pour au moins maintenir un semblant d’ordre à nos frontières. Faudra pas s’étonner si demain les flammes du brasier qu’on allume sur le pallier viennent lécher les murs de la maison, et je ne suis pas — contrairement au grand penseur BHL — convaincu compte tenu de l’imminence de l’effondrement de l’économie américaine, et de son endettement vis-à-vis de la Chine notamment, que ce soit "bon pour Israël" au bout du compte. Le "flic du pétrole" (comme dirait Michel Collon) ne survivant que sous perfusion d’armes et de pognon de l’oncle Sam, m’est avis que ça pourrait bientôt leur revenir dans la figure comme un élastique, un gros, trop mais alors "beaucoup" trop tendu et que ce sera douloureux pour les colons. Les élites responsables, elles, auront leurs entrées pour s’exiler où qu’elles veulent. Peut-être sur Mars quand plus aucun havre de paix ne restera sur Terre. - Bref : horrifié par ces images et inquiet de voir le phénomène encore se répandre jusqu’à ce que demain, ça se passe ici et qu’on bouffe des bouts de gens dans la rue. C’est Al-Qaïda puissance 1000 qu’on nous prépare, un déferlement de violence et de haine qui risque de faire passer Hitler pour un enfant de chœur. Les invasions mongoles, la grande muraille en moins — et je m’étonne de voir nos politiques s’obstiner à rester dans le camp de ceux qui nous préparent ça quant à côté, Poutine, lui, et quoi qu’on puisse légitimement lui reprocher, se comporte en homme d’État et nous offre une possibilité de sortie, d’alternative, de repolarisation pour note salut et celui du monde accessoirement. Hollande sourd, Chavez mort, et Ahmadinejad évincé, les temps sont durs pour la résistance, les rebelles, le contre-pouvoir. Le capitaine ivre a liquidé ses seconds, l’iceberg est droit devant... et l’orchestre toujours continue de jouer.
Ce n’est pas ainsi que je le perçois... pour avoir vu beaucoup de ses interventions, je pense que Farrakhan n’est pas le genre à mâcher ses mots ou "faire des courbettes". Il parle toujours aussi franc en 2013. - Pour moi le "in my judgement" est un gage d’humilité : nombreux sont ceux qui critiquent l’ordre établi, en France de Chouard à Soral par exemple, et dont les "visions" sont différentes. J’apprécie pour ma part l’attitude qui consiste à dire "c’est ce que je pense, je me trompe peut-être, mais voilà mon opinion" — maintenant débattons-en. - C’est une attitude somme toute très démocratique qui à mon avis fait cruellement défaut chez la plupart des intervenants "pour ou contre" de nos jours. Ça change des déclarations péremptoires des uns et des autres.