On peut l’exprimer de façon moins "caricaturale" aussi :
« Dans une démocratie représentative (NDLR : oxymore que je ne transcris que par soucis d’honnêteté de la citation, parce qu’il est utilisé par l’auteur), le peuple n’engendre pas indirectement les décisions politiques "en élisant des individus qui se réunissent ensuite pour accomplir sa volonté" » (J. Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, Payot, 1951).
Bernard Manin commente : « Le peuple désigne seulement entre plusieurs concurrents, ceux dont les volontés deviendront des décisions publiques. »
Mon commentaire : seule la naïveté, la candeur du peuple, lui fait imaginer (car c’est de l’ordre de l’imagination) que ces volontés qui deviendront des décisions publiques sont une extension de la sienne, et dont les élus ne sont que les portes-paroles. Les élus, par le fait même qu’ils n’ont aucun mandat impératif, ne sont soumis à aucune reddition des comptes, et ne peuvent à aucun moment être révoqué de leur mandat, sont libre de prendre n’importe quelle décision, fusse une décision totalement en contradiction avec leurs promesses électorales et surtout l’intérêt publique. ÉLIRE C’EST DESIGNER UN MAITRE POLITIQUE QUI DÉCIDE DE TOUT A NOTRE PLACE ! Morpheus
Alors, je n’ai pas encore vu le documentaire, mais j’ai lu l’article.
Il me semble que l’idée d’une stricte égalité entre les genres est une absurdité, comme le sont généralement toutes les idées sans nuance.
Il est vrai que l’impact culturel (l’influence de l’environnement socioculturel sur le conditionnement psychique et mental des individus) est l’un des facteurs les plus important. En épigénétique, on démontre bien que même en présence d’un gène spécifique, présent mais non activé, l’activation ou la non activation du gène dépend de cette influence culturelle environnemental.
Pour le dire autrement : l’être humain s’adapte à son environnement, comme l’a très bien montré, déjà, Darwin.
Le fait que la Norvège soit plus égalitariste que les autres pays n’est, en soi, pas si déterminant que ça, car nous sommes, aujourd’hui plus que jamais, dans un contexte de culture mondialisée, où l’impact culturel local (un pays est, à l’échelle du monde, local) est sans doute moins déterminant que la culture mondialisée. Donc, à mon avis, que ce soit en Norvège ou ailleurs, nous ne devrions constater que des différences minimes.
Par contre, même dans les sociétés dites primitives, on voit déjà bien qu’il y a une certaine spécialisation de certaines tâches. la chasse, notamment, est pratiquement partout dans le monde et les sociétés premières, le fait des hommes, tandis que la préparation des aliments celle des femmes. De même, certaines activités sont le privilège des femmes (et les hommes ne peuvent s’y adonner), tandis que certaines autres sont le privilège des hommes (et les femmes ne peuvent s’y adonner). Bien sûr, c’est essentiellement culturel.
Avec l’épigénétique, ce qu’on voit aussi, c’est que le patrimoine génétique est lui-même influencé par l’environnement social. En d’autres termes, si l’on analyse le patrimoine génétique d’une population en recherchant trace de tel ou tel facteur génétique correspondant à tel ou tel comportement, on va le trouver. Non parce que le gène détermine le comportement, mais parce que l’environnement à sollicité l’activation du gène permettant à l’individu de s’adapter à l’environnement conditionnant (pour être plus précis, certains gènes sont actifs dès la naissance, d’autres sont présent mais non actifs).
Lorsqu’un schème culturel est prégnant depuis des centaines ou des milliers d’années, et qu’il est distribué et répandu puissamment au travers de multiples cultures dans le monde, il semble donc évident que l’évolution de ce schème demandera soit une crise majeure (qui renverse tous les schèmes), soit un long mouvement de mutation.
Je ne crois pas que nous puissions, dès lors, observer, dans le court laps de temps qui sépare les années 1960/ ’70 et 2010/’20, une évolution significative des comportements sociaux.
Cela étant, la question de l’égalité demeure l’une des questions les plus importantes politiquement. Ce n’est pas à machiavel1983 que je vais apprendre que la notion d’égalité est cruciale aux yeux des démocrates athéniens de l’antiquité (les grecs avaient plusieurs termes pour parler de l’égalité : isonomia, isokratia, isogonia, isègoria). La question concernant l’égalité de nature était déjà posée il y a 2500 ans.
L’isogonia (l’égalité de naissance) est sujet à débat et interprétation.
Qu’entendons-nous par égalité de naissance ? S’agit-il de la notion de "droit du sol" - celui qui nait sur un territoire doit être considéré comme un égal et bénéficier des mêmes droit ? Dans ce cas, nous sommes contraint de lier la personne (et ses droits) à un territoire. Cela peut avoir un certain sens, mais cela induit nécessairement une discrimination avec ceux qui sont nés sur un autre territoire, et donc, cela va à l’encontre d’un principe humaniste essentiel qui veut que, tous humains nés la planète Terre (notre véritable "territoire d’appartenance commune"), nous soyons tous interdépendants et égaux (pas besoin de Dieu dans cette affaire, nous sommes égaux parce que face aux forces de la nature, chacun est rendu égal aux autres). Donc, la notion de territoire, et donc de frontières et de nations, peut se justifier dans une certaine mesure, mais pose problème dans une autre mesure.
Mais l’égalité de naissance peut aussi avoir un autre sens, l’idée que nous serions tous égaux à la naissance. Sur le plan individuel, nous savons bien que ce n’est évidemment pas le cas, et heureusement ! Par contre, sur le plan de l’espèce (humaine), nous sommes égaux : le pourcentage de gènes différents qui justifie les particularités des uns et des autres est infinitésimal. D’autre part, face à notre environnement, nous sommes également semblables, même si nous adopterons des attitudes plus ou moins différentes. Enfin, sur un plan éthique, il ne devrait pas être très difficile d’adopter l’idée que nous pouvons fonder une société durable et pérenne, qui profite à tous, en considérant que nous sommes tous égaux, c’est-à-dire que nous devons nous accorder les uns les autres la même valeur, en dépit de tout ce qui nous différencie.
Le meilleur moyen pour parvenir à cette éthique est la prise de conscience de notre interdépendance mutuelle, à tous les niveaux.
Politiquement, la vraie question, que même les démocrates athéniens n’ont pas posée (du moins en ces termes) est celle de l’égalité économique (isoikonomos), c’est-à-dire qu’il ne peut pas y avoir de réelle égalité politique s’il n’y a pas d’égalité économique. Et dans cette question, on se fiche de savoir si la femme conduit un gros camion ou torche le cul des marmots...
Pareil, moi non plus je ne suis pas d’extrême droite (et encore moins de droite ; pas de gauche non plus d’ailleurs, ni d’extrême gauche). Juste démocrate donc anarchiste. Tes jugements à l’emporte-pièce sont le signe des névroses que le système politico-merdiatique a fourré dans ton esprit. Il n’est pas trop tard pour suivre une cure.