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O Scugnizzo

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Tableau de bord

  • Premier article le 26/04/2013
  • Modérateur depuis le 21/05/2013
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Derniers commentaires




  • 6 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 21 septembre 2013 19:41

    Merci, superbe. Il y a un temps pour polémiquer et un autre pour nourrir son cerveau, étant ici dans le deuxième, il n’y a rien d’autre à ajouter qu’un sincère remerciement.



  • 17 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 21 septembre 2013 19:33

    Cohen... Askolo... Fourest... on taira le point commun !


    Nous façonnons des habitudes,
    Puis celles-ci nous façonnent,
    On dit mener un combat rude,
    contre une menace bouffonne,
    Racisme, antisémitisme
    nous nous parons d’angélisme.

    Mais voilà, nous ne pouvons passer,
    De marchands d’esclave
    à humanistes braves,
    en seulement quelques années !

    Certes les paroles sont belles,
    Mais la réalité de nos vices actuels,
    prend pieds moins dans nos passions
    que dans nos habitudes de félons.



  • vote
    O Scugnizzo O Scugnizzo 21 septembre 2013 16:26

    Wow, débat passionnant sur le clivage gauche-droite dont je regrette de ne pas y avoir pu prendre part plus tôt.


    Premièrement concernant l’article, je dirai qu’assez étonnamment je me retrouve d’accord avec son contenu, même si c’est sûrement dû à des causes diverses. Le problème n’est pas que si quelqu’un se dit de droite il sera incendié sur les plateaux télés. Au contraire, cela illustre assez bien la farce moderne du clivage gauche-droite : des gens de droite (grands patrons) préparent une "culture de masse" à travers les médias que rend légitime (ou sympathique) tout un tas de personnes se disant de gauche. La sainte alliance grand patron - gauche caviar comme reproduction du capitalisme (condition de la croissance à travers la consommation comme style de vie !). Ce que ne voit pas Robin est que la droite capitaliste manipule tout un tas de gaucho se croyant rebelles ou anti-systèmes pour prendre des parts de marchés dans ce cas dans le domaine culturel. Ceci peut être rendu légitime auprès du peuple uniquement par des gens de gauche, car traditionnellement c’est la gauche qui lutte pour les égalités autres que juridiques (économiques et culturelles entre autre).

    Concernant maintenant les définitions de gauche et de droite, on a vu qu’elles sont très controversées, tant l’histoire des idées semble complexe. Il convient tout de même, ce que je n’ai pas encore lu, de contextualiser toute définition. Parle-t-on de la France ? De l’Allemagne ? Des USA ? De l’Amérique latine ? Et à quelle période ? Une idéologie se développe par une systématisation de certaines idées et est le produit d’une élite intellectuelle internationale ou internationalisée. En revanche, une réalité politique est une digestion d’un certain courant à prétention universelle par une ou des particularités locales. Par exemple, aujourd’hui en Europe quelqu’un de gauche a souvent tendance à ressentir une forme de méprise pour la société qui l’a formé, voyant celle-ci comme "réactionnaire, traditionaliste" et autres bêtises. Les patriotes sont vus comme des fachos, par exemple. Or, les mouvements progressistes (comme on les appelle) d’Amérique du sud se battent très souvent pour la nation, revendiquent les appartenances locales et spirituelles avec fierté. Pour autant, on ne peut pas dire que Chavez, considéré comme homme de gauche, était un national-socialiste à la manière d’Hitler. Chavez militait pour l’égalité culturelle (ethnique), économique, sociale, alors qu’Hitler reposait sa politique sur la supériorité d’une race sur une autre. On peut peut-être considéré que ce qui différencie quelqu’un de gauche de quelqu’un de droite, ce n’est pas l’égalité en tant que telle, mais que celui de gauche milite pour une égalité culturelle et économique en plus de celle sociale, alors que celui de droite pense qu’une égalité juridique suffit. Ce qui fait que par exemple les critiques de la démocratie libérale viennent souvent de militants de gauche, pensant que sans égalité économique (nivellement des salaires, syndicats etc) et culturelle (droit à l’éducation pour tous) il n’y a pas de réelle égalité. Ce qui n’est pas un problème pour le mec de droite, vu qu’il considère que tous ont le même poids politique uniquement grâce au suffrage universel.

    De toute façon, aujourd’hui le clivage gauche-droite est totalement suranné dans la réalité politique. On le voit aisément : Valls se bat comme un "conservateur" (mot d’ailleurs faux, un libéral ne pouvant être un conservateur dans les faits, malgré ce que j’ai pu lire) pour protéger sa chère démocratie au lieu de penser à l’améliorer.

    On peut aussi remarquer que traditionnellement il y a un désaccord entre gauche-droite sur le régime de propriété : individualiste capitaliste pour la droite contre collectif ou en tout cas de possession à gauche. Mais dans la réalité, les membres de la gauche bobo se font souvent pincer en possession des appartements les plus beaux et luxueux à travers le monde.


  • 3 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 20 septembre 2013 12:38

    Gerfaut, à part que parfaire sa culture historique grâce au Figaro se passe de commentaire, on ne comprend pas bien le but de ton commentaire sauf à servir de propagande néolibérale voulant sauvegarder un système de surendettement à la faillite totale, ce qui peut se comprendre uniquement par une volonté de protéger ses intérêts particuliers bien réels (et non pas au nom d’une quelconque justice, équilibre des pouvoirs ou je ne sais quelle notion abstraire). La privatisation n’empêche nullement le recours à la planche à billet (FED CQFD), il semble alors que c’est plutôt l’état de l’économie qui le permet. Utiliser cet argument dans une propagande libérale est au mieux malhonnête.


    Ensuite parler de ruine, de banqueroute sans faire de distinction sociologique est pure hérésie. Le "on" n’indique personne, il sert simplement à éviter la précision qui résulterait embarrassante. Il est vrai que toute banqueroute a des conséquences sociales à très court-terme sur l’ensemble du corps social. Celles-ci sont à la hauteur de l’attente de la déclaration de banqueroute de la part d’un système économique surendetté voué à l’échec. En revanche, les conséquences à plus ou moins court-moyen-long terme ne sont pas les mêmes pour tout le corps social. Les exploités, les laisser-pour-comptes, les "exclus" comme les appellent les libéraux (ce qui est totalement faux car les "exploités" sont totalement inclus dans le système capitaliste libéral), n’ont de toute façon rien à perdre. Ce sont tous les immenses propriétaires, les grands capitalistes, qui vivent de manière plus faste que les rois, eux, ont tout à perdre, ce sont les Mazarin modernes.

    Philippe Lebel avait recours aux emprunts forcés avec taux d’intérêts fixés par l’Etat, en faisant de l’Etat et non des banques une institution "too big to fail" ce qui avait permis à François II de repartir sans payer les dettes insolvables.

    Sully en 1598 avait organisé un audit public pour chasser les "usuriers, tyrans et rongeurs du peuple", et annuler toute dette illégitime (surtout les dettes intérieures). Ce désendettement a permis l’inauguration de grands chantiers : construction de routes, d’hôpitaux etc. Une banqueroute, quelques grands banquiers chassés pour un bien commun plus grand.

    Colbert en 1661 déclare la banqueroute par voie judiciaire en annulant les dettes illégitimes. Il rachète toutes les rentes à bas prix. On considère en général que le pays n’a pas été attaqué car suite à cette banqueroute partielle (continuée par Louis XIV) car la France réapparaissant en une santé étonnante alors que tous la pensaient épuisée.

    L’étonnante prospérité des campagnes françaises dans la première moitié du XVIIIème siècle a comme origine le rééquilibre des fortunes dans le pays - les pauvres sortant de l’endettement - suite au nettoyage des comptes par le Duc d’Orléans de 1720 à 1722, année où tous les billets créés par le système pour remplacer la monnaie de métal sont brûlées en public.

    Inutile de dire qu’en 1789 les comptes de la France étaient tous dans le rouge, que Louis XV puis Louis XVI n’ont pas osé déclarer dans une forme ou une autre banqueroute par peur de perdre le soutien de familles puissantes (d’où par ailleurs l’impossibilité de règne de type "absolu" en sociologie digne de ce nom).

    Je pourrai également parler de De Gaulle mais on sort un peu du sujet.

    Bref. Non, en analyse historique, les arguments libéraux ne tiennent pas.




  • 10 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 18 septembre 2013 14:15

    Quel plaisir de voir ces deux personnes réunies autour d’une même table. Surprise inattendue ! Antoine Chollet a certainement été mon meilleur professeur, quasi-omniscient sur le sujet des idées politiques, très humble et d’une rare pédagogie. Je vois qu’il considère la Suisse dans l’ensemble comme une oligarchie, malgré des "touches" de démocratie directe ici et là, comme l’initiative populaire ou le référendum, ça devrait faire réfléchir pas mal de membres du forum avec qui j’ai pu avoir des discussions enflammées sur le sujet, comme Kurtis ou Gerfaut ou qui sais-je encore.


    En résumé, la Suisse reconnait effectivement des instruments renvoyant plutôt à une démocratie directe comme le vote populaire obligatoire en cas de modification de la constitution, du vote sur la chose (les lois) et non pas uniquement sur les personnes (représentants), le référendum et l’initiative populaire. Et ce n’est pas rien ! Mais ça ne suffit pas à cacher que dans l’ensemble et sur les questions les plus importantes, c’est une oligarchie qui règne. D’ailleurs économiquement, on considère souvent le pays comme "néo-corporatiste". La démocratie directe est marginale, se trouve encore cependant dans deux très petits cantons isolés : Glaris et Appenzell Rhodes-intérieures, où l’on trouve encore des Landsgemeine. En ce sens, cette démocratie directe est le fruit de la tradition moyen-âgeuse des communes libres et ne s’inscrit pas dans la pensée des Lumières françaises et du système anglo-saxon, et ceci me parait tout à fait fondamental à souligner. En général, et particulièrement en Suisse, les obstacles à la démocratie directe sont les suivants : inégalité des revenus et ainsi inégalité devant la puissance d’initiative politique individuelle ou groupée, pouvoir des corporations (la Suisse est le pays des banques et des multinationales donc ce n’est pas rien) (lobbying intense, ce qui découle du point précédent), très peu de temps à consacrer à la chose politique (8h30 de travail par jour sans heures supplémentaires à plein temps, peu de fériés, peu de vacances) - ce qui se traduit par une participation extraordinairement basse (moins de 40% en 2012 pour 12 objets votés*) que ne souligne pas assez A. Chollet à mon avis. Ceci remet au centre de la réflexion la question de l’économique en démocratie directe, et en ce sens la Suisse - pays libéral des banques et des multinationales - est plutôt mal placée. Je soulignerais également la proposition de Chouard de l’initiative individuelle (contre les 50’000 pour la l’initiative populaire ou 100’000 pour le référendum), ce qui évite le biais de tout confier à des personnes charismatiques comme le dit Chouard, ou de manière plus réaliste à ceux qui ont les moyens de faire campagne. Chouard apporte ce grain de folie, d’idéal, moins "neutre" qui me semble essentiel pour faire bouger les citoyens. Le livre de A. Chollet est déjà en commande.

    Finalement, on peut simplement regretter que l’entretien ne dure pas plus longtemps, à part ceci, je tenais à remercier chaleureusement "CauseToujours" pour avoir organisé ce court entretien.

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