Le message principal est quand même très clair : ça va très vite. À tel point que c’est difficile d’écrire un livre qui parle d’IA et qui n’est pas dépassé rapidement.
Ce que j’ai apprécié, c’est qu’elle accepte toutes les possibilités, y compris qu’il n’y ait aucun mur infranchissable pour l’IA (en inventivité, créativité) tout en expliquant que beaucoup restent dans le déni (y compris des mathématiciens).
Dans tous les cas, même si l’IA devrait en rester là (mur infranchissable), elle va déjà révolutionner la recherche. Le travail des chercheurs sera peut-être moins rigoureux (on fera beaucoup plus de tests et d’expériences), moins sujet aux rêveries (moins de cheminement personnel), etc... Qui peut bien savoir quels sont les profils scolaires d’aujourd’hui qui feront les plus grandes découvertes demain (à supposer que l’homme reste nécessaire) ? On ne pourra pas lisser l’introduction de l’IA, le chamboulement s’annonce total, même dans le meilleur scénario possible.
@Jean Ducoin Je ne sais d’ailleurs pas si c’est aussi de cette façon que fonctionne un réseau neuronal biologique ? Il y a des similitudes (on s’en est inspiré) et des très grosses différences. Je pense que ceux qui travaillent dans le domaine sont plutôt convaincus (tout en se permettant de douter et en étant parfaitement conscient de cette possibilité) qu’il n’y aura pas besoin d’une nouvelle invention majeure pour dépasser le cerveau humain. Et si c’est le cas, ils valident un peu notre compréhension du cerveau humain : l’intelligence serait, dans ce cas, juste un phénomène émergent d’interactions d’un grand nombres d’entités (neurones) bêtes comme un chou prises individuellement (pas d’âme, ni d’esprit immatériel dans cette hypothèse).
Oui, le cerveau humain paraît beaucoup plus lent, mais il se passe quand même beaucoup de choses en une fraction de seconde lorsqu’on réfléchit : donc une "pensée" n’est pas juste un neurone qui s’active, c’est un feu d’artifice, un peu comme les machines. Mais même s’il se passe beaucoup de choses, la machine est objectivement beaucoup plus rapide pour analyser beaucoup plus d’hypothèses, avoir beaucoup plus de "pensées".
Pour l’imagination c’est intéressant. Geoffrey Hinton explique que la machine doit utiliser moins de neurones (et de connexions) que l’homme (sans parler du fait que les neurones artificiels sont bien plus simples) pour finalement être capable de mémoriser plus : donc elle est plus efficace en stockage. Ce qui lui fait dire qu’elle fait de nombreux liens (meilleure "synthèse") pour condenser l’information que nous ne faisons pas, même si on a beaucoup plus de synapses (liens entre neurones biologiques). Et ces liens supplémentaires avec moins de liens justement permettent d’avoir des idées novatrices : associer des domaines ou des connaissances à priori éloignés sont parfois la clé de découvertes. Notre information dans notre cerveau semblerait donc plus cloisonnée. C’est une hypothèse un peu gratuite mais comment expliquer l’étendue des connaissances de machines possédant moins de neurones et de synapses que nous ?
Je crois que la plupart des gens veulent se rassurer absolument en se disant que la machine ne pourra jamais égaler l’homme dans le domaine sacré qu’est l’intelligence. Et c’est une attitude purement religieuse. Je ne dis pas qu’elle l’égalera, mais elle commence, sans aucune ambiguïté, à le dépasser dans certains domaines, si on compare strictement les résultats (ne parlons pas de la manière quand on en sait si peu sur notre cerveau). Donc permettons de douter de notre propre intelligence et de réfléchir aux différents scénarios possibles sans rien rejeter par à priori. Sinon, on risque de ne pas être préparé comme il le faut (une fausse alerte de précaution est préférable à l’extinction humaine, à mon avis).
C’est rigolo. Après avoir écouté Luc Julia, les hommes politiques ne doivent plus rien comprendre... Qui croire ? Les messages sont totalement contraires...
@pemile Les esclaves sont payés au lance-pierre et ne savent pas grand chose. Donc ils ne sont pas vraiment dangereux et il n’est pas rentable de les remplacer immédiatement. Ce qui est intéressant, c’est de se passer des intellectuels bien payés, de les supprimer définitivement. Le monde sera beaucoup plus stable sans eux. La seule question : "Vont-ils se laisser faire ?". En principe c’est des mauviettes, donc oui.
@yoananda2 À moins que ce ne soit les états qui ne répondent qu’à la demande des milliardaires (mais n’y a-t-il pas fusion du capital et de l’état, dans un système fasciste ?). Mais oui, ça revient au même. La décision ne sera pas démocratique, c’est la seule certitude.